samedi 5 juin 2010

de l'avant


Journée gagnante hier. Tout le mérite en revient au soleil qui a béni cette journée. Evénement pour toute l'équipe: pique-nique à la Hulpe, visite de l'expo Folon, communications de nos patrons, balade dans le domaine avec des guides-nature pour finir en beauté par un barbecue bien de chez nous. Le pique-nique malgré sa frugalité (je retiens comme une règle d'or qu'hors contexte professionnel, les personnes mangent deux fois plus: jamais plus je ne veux entendre mes collègues masculins me dire "j'ai faim". Je commanderai donc systématiquement les quantités du bureau plus un tiers) a fait l'unanimité: il faisait tout simplement bon se retrouver et se détendre sous les rayons du soleil, sans téléphone, sans client, sans dossier, mais en compagnie des collègues blagueurs et en forme. Folon a séduit la majorité. Comment en serait-il autrement? Les communications ont été assimilées très positivement: les mois passent et les esprits se tranquillisent... On atteindra bientôt l'ère du renouveau, où la nostalgie de ce qui n'est plus aura cédé la place à la construction, par tous, de la nouvelle structure. Le barbecue a rassemblé les personnes autour d'un grand rire. Mes patrons et moi-mêmes sommes rentrés sereins et confiants, malgré tout à la recherche de cet équilibre entre humanité et rentabilité qu'il est si difficile de trouver. En attendant, merci frère soleil, sans vous, je crains que la journée ne se soit déroulée un peu différemment.

Ce soir, je crois avoir fait de la peine à une personne que j'apprécie beaucoup. Est-il toujours nécessaire de dire la vérité? Malgré le fait qu'on le fasse avec toute le tact possible, on sait qu'on va blesser. Oh, comme je n'aime pas ça! Me pardonnera-t-elle d'avoir été sincère? Je ne suis pas sûre de détenir la vérité, qui serai-je pour cela? C'est d'autant plus délicat de dire ce qu'on pense... J'ai envie d'ouvrir mon parapluie et de laisser l'eau ruisseler sans réagir! En même temps, je m'en voudrais d'avoir été lâche et de n'avoir rien dit... C'est pourquoi j'ai transmis le fond de ma pensée avec toutes les conséquences que je redoute. Ojalá cette personne ne m'en voudra pas! Ojalá!

Photos prises hier avec mon portable (j'ai malheureusement oublié mon appareil photo).

mercredi 2 juin 2010

Lumière - "Le bonheur" Lokua Kanza



Je ne sais quelle mauvaise manip a supprimé le billet que j'ai écrit, mais voilà, plus le courage de recommencer ce soir, simplement un message de lumière: "Des fois le bonheur, il suffit d'une phrase, d'un mot, oui le bonheur, juste un sourire, un regard".

vendredi 28 mai 2010

Dis-moi


Dis-moi, où étais-tu? Je t'ai cherché. Tu m'emmènes avec toi? Prends-moi, loin, très loin. Emporte-moi. Marchons, courons. Main dans la main, hâtons-nous, passons la porte mystérieuse, celle qui est enluminée, tu sais? Sautons à pieds joints et passons de l'autre côté pour mieux nous envoler. Apprends-moi ce que je découvre pour la première fois, ce que je ne comprends pas. Dis-moi les choses. Les vraies. Dis-moi les choses. Les belles. J'ai soif. J'étouffe là-bas, parfois. Souvent. Montre-moi la lumière.
Mais rentrons, il est tard maintenant. Emplis de notre escapade, nous contemplerons la porte enluminée et nous nous rappellerons. Nous savons.

Photo prise par Dam, quarante ans et bourré de talent

mercredi 26 mai 2010

Dans la joie et la bonne humeur

J'ai décroché mon premier job par hasard. Rentrée de vacances, je téléphone à une amie, vous savez, une de celles que je vois ou entends une fois tous les deux ans et nous nous retrouvons comme toujours, sans masques ni barrières, une de ces rares amies qui sait les choses sans explications superflues. Elle me demande ce que je fais.
-Ben je commence à chercher du travail.
-Mais Delphine, je quitte le mien et ils souhaitent me remplacer. Si tu veux, envoie ton CV!
Quelques jours plus tard, me voilà un peu intimidée dans la salle d'attente, serrée dans un petit tailleur "professionnel", riche des conseils de papa et une vague idée de salaire en tête.
-Vous avez fait des études de Lettres, vous apprenez à rédiger des courriers, c'est ça? Me demande PC encore plus intimidé que moi (il faut dire que mon amie n'avait pas lésiné sur les compliments).
-Euh, non pas vraiment... dis-je en masquant un sourire. N'oublions pas qu'en Belgique on parle de philologie et non de Lettres, ce qui peut expliquer la méprise de mon futur Boss.
-Pourquoi vouloir travailler ici? Vous n'allez pas vous ennuyer?
-Oooh non, je vous assure, j'ai tout à apprendre.
Tu parles Charles, je suis restée 11 mois.
-Et vos connaissances en informatique?
-J'ai une bonne maîtrise des logiciels de bureau (j'utilisais l'ordinateur comme une machine à écrire et encore fallait-il m'ouvrir le programme -ne vous moquez pas, début des années nonante (souriez amis Français, c'est du belge), c'était la préhistoire des programmes grand public.)
Oui mais quand on est responsable de la communication et qu'on gère le site internet ainsi que la Newsletter et toutes les brochures commerciales et techniques, c'est un peu limite! Mettant mon orgueil en poche, je commence donc par suivre une formation d'un logiciel de PAO, généreusement offerte par mon nouvel employeur.
PC, mon patron, est le Directeur du Marketing. Sans diplôme, il a démarré comme magasinier et a très vite évolué dans cette petite structure ouverte aux suggestions. Nous partageons le même bureau. C'est l'occasion pour lui de m'enseigner le métier, de me dévoiler le marché, la concurrence, la politique des prix, la gestion des partenariats, les budgets, les enquêtes, la présence stratégique à de grandes foires, le choix d'un stand qui cadre avec notre image etc. Il aime répéter que le Marketing c'est du "gezond boereverstand" (du bon sens paysan). Il me pose beaucoup de questions concernant l'art, la musique, la philo, la religion. On collabore bien, nos discussions sont ponctuées d'éclats de rire, ce qui provoque quelques grimaces chez certains collègues très sérieux qui confondent bonne humeur et manque d'efficacité. Très vite, on nous appelle le Club Med, ce que nous avons fini par revendiquer sans honte, les résultats étant bien là! Filiale d'une boîte française leader sur le marché, on ne regarde pas trop à la dépense; il faut être des pionniers, des précurseurs inventifs, tant pis pour le prix à payer. Je me rappelle ces milliers de brochures que nous avons jetées parce que j'y ai laissé une faute d'orthographe (elle avait échappé à l'oeil vigilant du comité de lecture que nous avions eu la prudence de mettre en place), ces gadgets que je commande quand je suis fatiguée de travailler au catalogue en ligne, les cadeaux qui pleuvent et que je redistribue à mes frères et soeurs... Je me rappelle le comptable si réticent à me prêter sa voiture de société pour que je puisse me rendre chez l'imprimeur.
-Je t'assure que je vais faire super attention, malgré mon permis provisoire, je suis très prudente.
Et ma honte lorsqu'une demi-heure plus tard, tremblante, j'ai dû appeler TDL pour qu'il vienne remorquer la voiture que j'ai explosée contre un 4X4.
Onze mois plus tard, un professeur Espagnol rencontré par hasard m'a proposé de faire un travail de recherche dans son équipe. J'ai tout planté là : PC, l'ordinateur, le catalogue, le site, les brochures et les gadgets et suis partie à l'aventure, sans regrets, si ce n'est celui de quitter de manière aussi ingrate une société qui m'a tout appris.
Quelques années plus tard, apprenant que j'étais de retour au pays, ils m'ont recontactée pour un autre job. Émue, j'ai refusé. La boîte a changé, PC l'a quittée pour travailler dans un secteur différent, TDL y est revenu après avoir été infidèle pendant quelques années, des couples se sont faits et défaits dans son ombre, les vétérans y sont toujours...

Photo: Chenapan croquant la vie à pleine dent mai 2010

jeudi 20 mai 2010

"L'enfant neuf" de Colette Nys-Mazure, Mouvance et pérennité

Colette Nys-Mazure partage dans "L'enfant neuf" sa réflexion sur le drame qui a marqué son enfance. Fillette insouciante de sept ans et aînée de deux frères, elle vit la mort accidentelle de son père. Ce décès est suivi de près par celui de sa mère qui s'étiole et s'affaiblit de jour en jour, ne résistant pas au chagrin et au désespoir:
"Cette quête pourrait m'offrir un secours pour autant que je ne m'y arrête pas, car lorsqu'on a vu et compris, on n'a pas encore pris la route et, lorsqu'on marche, il reste encore à entretenir l'allant; à garder un centre de gravité sans devenir grave pour autant.
A chacun son chemin et sa demeure. Ni conseil ni tutelle. Rien que l'humilité du voyageur cherchant sa voie en prenant tous les risques, lumière soufflée par le vent de tempête ou sentier baigné de clair de lune. (...) une quête qui n'a rien d'égocentrique: en avançant on entraîne quelques autres comme on est soi-même hélé par le pas qui précède." éd. Bayard, 2005, p. 46
Je me pose des questions, je réalise que je change sans changer. C'est la crise des quarante ans, me dit spirituellement Amaury. Crise, je ne sais pas, mais évolution et cheminement, très certainement. Alors qu'auparavant, j'ai toujours claironné que je ne pourrais vivre sans travailler, je ressens aujourd'hui le besoin de m'arrêter, de m'asseoir, de m'accrocher au temps présent et à tout ce qu'il m'offre. Alors que j'ai toujours essayé d'aller au coeur des choses et des gens, je me rends compte que la course contre la montre que nous vivons continuellement nous rend la tâche ardue. Réfléchir au passé, au mien mais aussi à celui de ceux qui m'entourent, essayer de le déchiffrer et de lui donner un sens, sans regrets ni amertume, afin de mieux comprendre le présent et préparer l'avenir, contempler les enfants, ordonner, écouter, me ressourcer, prendre le temps et en profiter pleinement pour grandir et m'enrichir... faire grandir et enrichir... Oui, sans doute les 40 ans... mais bien plus aussi. Suivre cette quête qui ne m'a jamais quittée mais se fait plus pressente, plus urgente. Garder ce centre de gravité tout en prenant tous les risques inhérents à la quête. regarder les rides se former, accepter ce corps qui commence à craquer, le diriger vers la ou les réponses... me préparer, sans gravité mais sérieusement à la mort, la mienne et celle des miens...
Photo empruntée à Dam, sur mon Chemin