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vendredi 2 mai 2014

Depuis que j'ai le temps...

Non Edmée, je ne suis pas re-re-disparue. Je suis moins fidèle à la blogosphère, mais comment pourrait-il en être autrement?
Depuis que "j'ai le temps" (comprenez, depuis que je ne suis plus assise devant un écran ou en réunion plusieurs heures par jour pour mes employeurs) il file, le temps. Mais je ne veux pas le laisser filer entre les doigts, je préfère le dompter et l'astreindre à mon nouveau rythme, à savourer les choses et à le mettre au service des miens.
Depuis que "j'ai le temps", on ne me demande pratiquement plus si on me dérange, puisque je suis là. J'ai donc la chance d'entendre de nombreuses confidences, de consoler, d'orienter, de rire, de partager de beaux moments avec mes proches.
Depuis que "j'ai le temps", je suis disponible pour remplacer tous ceux qui n'ont pas le temps à l'école, chez le notaire, pour prendre en main différentes choses à organiser, pour recevoir, faire les navettes.
Depuis que "j'ai le temps", j'ai découvert la joie de la musique qui m'était totalement étrangère. Attirée par le saxo puis la clarinette, je me suis finalement fixée sur la flûte traversière, un peu par hasard mais surtout grâce à ma belle-sœur qui m'a généreusement prêté son instrument et son heure de cours. Je n'imaginais pas la joie et la satisfaction que procure cet apprentissage musical. Mon entourage en souffre un peu, mais lorsque les enfants reconnaissent une mélodie et accompagnent la flûte de leur voix, quel bonheur! J'ai même eu droit à un compliment d'Amaury qui m'a dit qu'il y avait une nette amélioration... "enfin, comme tu viens de nulle part, ce n'est pas très difficile..." Je maintiens que c'est un compliment!
Depuis que "j'ai le temps", je collabore avec une ASBL qui s'occupe de diffusion de livres dans les écoles et auprès d'adultes, pour laquelle je lis des romans (généralement les dernières parutions) et fais part de mon humble avis de lectrice.
depuis que "j'ai le temps", je prends le temps. Je ne cours plus, je marche, je suis là, j'écoute, je respire, je ris, je parle, je vous lis, je suis.
Ah j'oubliais, depuis que "j'ai le temps", je fais des bijoux personnalisés. Alors, quand on me demande ce que je fais de mes journées, il me prend des envies de frapper.


MACRO MARGUERITE 04 14_-8
 photo empruntée à Voir ou regarder.

mardi 25 juin 2013

Des pas dans la neige


Avril 2013
Ça y est, je pars ! Nous partons ! Marcher. Parcourir le chemin. El Camino avec un grand C. Celui de Saint Jacques. Le Majeur. Le patron de notre aîné.
Oh, juste une semaine, huit petits jours de rien du tout. Rien à voir avec ceux qui le parcourent d’une traite et qui, non contents d’arriver à Saint Jacques, se donnent le luxe de brûler leurs vêtements au Cap Finisterre, à 90 km de la destination finale, le point le plus occidental de l’Espagne mais pas du continent. Le point le plus occidental du continent, Cabo de Roca, je l’ai vu avec mes collègues de bureau lors de notre dernier incentive dans des conditions bien moins émouvantes. Mais malgré les touristes, j’ai regardé et j’ai admiré.
Ce rêve qui a toujours semblé inaccessible est réalité et je n’en reviens toujours pas. Tout est arrivé par le plus grand des hasards, de ces hasards qui ne se refusent pas et qui se confondent avec la providence. Un hasard qui est arrivé au bon moment, celui où mon dos ployait sous le poids des soucis.
J’avance les idées et m’appuie fortement sur Sophie qui est concrète et très pratique. Le voyage se matérialise, en grande partie grâce à elle et à Antoine. Nous listons les essentiels, écoutons les pèlerins expérimentés et notons leurs conseils, hésitons sur le choix du chemin pour finalement adopter la Via Podiensis, qui démarre du Puy en Velay. En parlant de notre projet, nous réalisons que nombre de nos connaissances ont fait la même démarche.
Tous en sont revenus enrichis. Tous veulent repartir.
Je suis revenue enrichie. Et je voudrais repartir.
Quelques courses et réservations plus tard, nous nous retrouvons à la veille du départ, chargées des intentions de nos proches qui nous envient ce voyage.
Nos sacs sont pesés, repesés et enfin bouclés, lestés de l’essentiel dont nous ne ferons pourtant pas toujours usage.
C'est alors que les contretemps surviennent, comme si tout était mis en œuvre pour que nous ne partions pas. Dent explosée et genou qui se réveille méchamment pour Sophie, panne de secteur, boulot non clôturé et barrière désespérément fermée en ce qui me concerne. (à suivre)

dimanche 1 avril 2012

Heureux qui comme Ulysse...

Le retour d'Ulysse de Chirico

Nombreux furent les voyages. Les pieds ailés, le nez au vent et la tête ébouriffée de sourires repeuplant la terre. Pourtant que de nouvelles pourries, d'attentes, de prières, d'espoir, oui, d'espoir, celui qui fait vivre et maintient le nez et la bouche au-dessus du niveau critique, celui qui fait qu'on vole ou qu'on coule comme une brique imbibée de toute la merde qu'on y a agglutinée afin qu'elle colle un peu plus à l'amalgame fangeux de la médiocrité. Mais les pieds se sont désenglués, le regard s'est enfoncé dans les coeurs si proches et si lointains à la fois, redécouvrant leurs caresses et leurs richesses.

Chenapan est guéri. Définitivement, radicalement délivré des séjours dans les hôpitaux, des contrôles et des perf'. Ecartée, la dame à la faux, exit les larmes refoulées, bonjour la vie, bienvenue la lumière, c'est le printemps et notre fils est vivant!
Lorsqu'il apprit la nouvelle, un petit garçon, le crâne ravagé de cicatrices, lui sourit. Son père échangea un regard triste avec Amaury qui fut presque honteux de s'en sortir à si bon compte.

C'est le printemps! Notre aîné est accepté dans l'école secondaire de notre choix. Celle dont nous espérons qu'elle en fera un homme, un vrai, bien dans sa tête et ses baskets, ouvert au monde et aux autres, curieux et généreux, travailleur et meneur, aimant rire et prier, notre Grand.

Le soleil nous sourit et notre fille l'accompagne en chantant, son grand coeur toujours ouvert à celui qui a froid et a perdu la lumière, celle du soleil.

Et nous avançons, tantôt volant, tantôt rampant, le regard vissé sur cet essentiel que nous tentons de saisir et nous laisse peu de temps pour vous lire, amis.

lundi 23 janvier 2012

"Deux petits pas sur le sable mouillé" d'Anne-Dauphine Julliand

http://www.deuxpetitspas.com/
Anne-Dauphine, jeune journaliste parisienne, est enceinte de son troisième enfant lorsqu'elle se rend compte que sa fille a une démarche un peu particulière, le pied recroquevillé vers l'intérieur.
Une batterie d'examens plus tard, son mari et elle-même apprennent que leur fille souffre d'une maladie orpheline au nom barbare et synonyme d'une dégénérescence irrémédiable du système nerveux. Elle n'en a plus que pour quelques mois à vivre. Le bébé à venir a une chance sur quatre d'être atteint du même mal. Pas de chance, leur cas échappe aux statistiques : le bébé est lui aussi touché par la maladie.
Ce sera le commencement d'un intense combat d'amour : chimio et greffe de la moelle osseuse pour le nouveau-né, accompagnement de Thaïs qui perd ses sens un à un, mais gagne en amour et en humour à mesure que son état se dégrade. La grande force de ses parents réside dans leur capacité à vivre intensément le moment présent, à donner un concentré d'amour à leur fille qui ne pourra en bénéficier longtemps. C'est le moyen qu'ils ont trouvé pour survivre à la mort, surtout ne pas se projeter dans un avenir insupportable mais avancer pas à pas, jour après jour, en compagnie de leur aîné qui a cinq ans et de leurs deux filles malades.
Leur courage est contagieux et c'est toute une chaîne de solidarité qui se crée au contact de leur rayonnante humilité: ils ont dû apprendre à demander, accepter de ne pouvoir gérer seuls, se détacher pour mieux se centrer.
Ce livre est merveilleusement écrit, racontant simplement les souffrances, les découragements et les acceptations, le dépassement et l'amour, sans ostentation ni narcissisme.
Comment ne pas être émue en accompagnant chacun des héros de cette histoire toute simple qui pourrait nous arriver? Comment ne pas revivre les peurs que nous avons tous connu pour l'un ou l'autre des nôtres? Ah, ces sanglots qui remontent et nous secouent bien malgré nous.
Notre Chenapan, qui partage le prénom et l'âge de leur aîné, va bien pour le moment, même si les médecins ne veulent pas encore le considérer comme guéri. Il est même en pleine forme, après nous avoir fait si peur. Lorsqu'aux urgences, vous êtes pris en charge dans les minutes qui suivent votre arrivée et que l'assistant est suivi par le médecin de garde qui s'entoure rapidement du professeur et du chef d'unité, vous savez que c'est grave. Le coeur serré, je priais pour que ce ne soit pas... vous savez? ce à quoi ils pensent aussi et qui se lit dans leurs yeux. Non, ce ne sera pas la leucémie dont il présentait plusieurs symptômes. A partir de là, j'ai vécu sa maladie comme une succession de soulagements, au contraire d'Amaury qui redoutait chaque rechute pouvant lui être fatale. Une amie blogueuse dont le fils a souffert de la même maladie a eu la générosité de partager son expérience de maman avec moi. Je lui en suis infiniment reconnaissante, elle ne mesure pas à quel point son témoignage m'a éclairée sur bien des points que les médecins et les hôpitaux ne pensent pas à expliquer.

"Oui, l'amour à cette faculté unique d'inverser les courants, de transformer la faiblesse en force. Privée de ses sens et dépendante physiquement, Thaïs ne peut pas grand-chose sans une aide extérieure. Elle pourrait exiger beaucoup. Pourtant elle n'attend de nous que ce que nous pouvons lui offrir. Rien de plus.
On pense communément qu'une existence diminuée et meurtrie est difficilement acceptable. c'est sans doute vrai. Quand on n'a pas l'amour. ce qui est insoutenable, c'est le vide d'amour. Quand on aime et que l'on est aimé en retour, on supporte tout. Même la douleur. Même la souffrance." (p. 221)


jeudi 12 janvier 2012

Aujourd'hui



oeuvre du talentueux Dam
 C'est curieux cette course contre la montre des heures durant, le sourire aux lèvres, surtout ne pas montrer que l'on est, une fois encore, dérangée alors que les dossiers, les demandes et les exigences de la nouvelle législation s'empilent désespérément... et puis, le silence.

Soudainement, Chenapan le hurleur s'endort à table alors que je cherche le grand à son cours de self-défense (j'ai été bien inspirée de donner au premier le bain à 17H00 et le dîner dans la foulée). Bien inspirée d'encourager les deux autres à suivre le rythme: Pitchounette est montée afin de lire la fin de son livre et notre grand assemble les pièces d'un mécano reçu à l'occasion de son anniversaire (le même jour que Myo, si, si). J'attends Amaury tout en rassemblant mes esprits et pianotant ces quelques mots.

Hier, nous avons visité les studios de la RTBF à l'occasion de l'anniversaire de notre aîné: quel bonheur de contempler tous ces jeunes pré ados attentifs, passionnés par l'envers du décor, les présentateurs, les caméras et les spots, les studios. A leur grand amusement, ils ont été filmés et tout excités, se sont découverts à l'écran. Ils ont eu la chance d'assister aux répétitions d'une émission qui passait le soir même et que, de retour à la maison, nous avons pu visionner avec eux. Alors que ce sont déjà des habitués des bowling et paint-ball, leur enthousiasme nous a fait chaud au coeur. Nous avons terminé sur les rotules, mais heureux.

Sous antibiotiques depuis deux jours, malade mais toujours là, de pied ferme!

Conséquence d'une conversation, découvrir que tous les repères s'effondrent en quelques secondes, château de carte soufflé par une bombe imprévisible. Abattue, se relever en s'appuyant chancelante sur l'autre qui est bien là, trouver le courage de parler afin de comprendre, dénicher l'erreur et reconstruire à mains nues un nouvel édifice plus approprié sur les fondations du premier.

Between or in between, pourquoi "in between" me poursuit-il ces derniers jours? Aimantée par ce juste milieu, équilibre parfait des syllabes et de leur signification.


Aspirer à plus de disponibilité pour tant de choses importantes. Envie de passer du temps avec vous. Douce soirée.

lundi 2 janvier 2012

Miroir et image


photo de Dam encore une fois.

Vous est-il arrivé de dire l'inverse de ce que vous pensez? De ne rien comprendre à une situation et puis, soudainement, de saisir que vous êtes totalement à côté de la plaque? D'aimer et de dire le contraire, de comprendre et de transmettre qu'il n'en est rien, d'assimiler que les mots sont des traîtres et que vous souhaitez les étrangler, les rattraper, les étouffer mais trop tard, ils ont été envoyés... Ah les mots, les mots qui sont nos amis et se révèlent les plus déloyaux lorqu'ils échappent à notre contrôle.
Comment réparer? Comment faire comprendre qu'on a saisi, compris, sans paroles, c'était si évident qu'on ne l'a pas vu, on est nul, si vous saviez, envie de pleurer devant tant de misère et de douleur, celle des autres et puis la nôtre aussi tellement désespérante. Est-il possible de rattraper la nullité? Oui, il s'agit bien de nullité. Bien pensante, mais on s'en fout, c'est nul. Et on est malheureux de ne pouvoir dire qu'on a compris, qu'on est là et qu'on doit effacer tout le reste. Mais qui est-on pour dire qu'on "doit"... désespoir... vieillesse de pensée et du regard, aidez-nous!

samedi 31 décembre 2011

Je me promène sur la lune... Peter Cincotti "On the moon"



Il y a deux jours, mon doigt était posé sur la touche delete, envie d'effacer ce blog et son histoire, de passer à autre chose... et puis je me suis rappelée de vous, de vos passages, de vos messages plus gentils et encourageants les uns que les autres.. et je me suis ravisée, momentanément.

Merci d'être là, dans l'ombre, merci de t'être rappelé demain, cher PB, merci Math pour ta discrète présence, merci vous tous, Cel, Colo, Edmée, Armelle, Coumarine, Jacques, Damien, Alain, Hutte, Ella, Tania, Marie-Mad, Flo et Florence, Dam, Man, FD, Myo, MS, Accent, Sara, zénondelle, Kabotine, Epi, Marie-Camille et tous ceux que je ne nomme pas mais qui contribuent à alimenter et enrichir ces pages. Merci de me faire rêver et rire et regarder et lire autrement.

Je suis un peu absente parfois, c'est sans doute que je me promène sur la lune...

Je vous souhaite à tous de douces journées, des moments paisibles et des éclats de rire, de belles découvertes, des rencontres enrichissantes, des parfums enivrants, des saveurs nouvelles, des regards chargés de tendresse... je vous souhaite de trouver le bonheur là où il est... en vous.

mercredi 7 décembre 2011

Une famille formidable


La journée a vraiment mal démarré. Dès le saut du lit, dès les premières minutes. Pour commencer, j'oublie d'ôter l'alarme. On peut dire qu'on est réveillé après ça! Ensuite, je suis à peine sous la douche que les enfants défilent en tambourinant à la porte, l'un pour que je boutonne un pantalon rétif, l'autre pour que je lui fasse une coiffure particulière, le troisième pour demander s'il y a encore du dentifrice en stock. Je déteeeste qu'on me dérange pendant les cinq minutes où je suis sous la douche. Laissez-moi cinq minutes, juste cinq, le temps d'une douche, pas plus, c'est tout ce que je vous demande. Au moment d'entrer dans la voiture, dispute pour les deux places qui ont la cote: le siège passager et celui du coffre. Mon petit monde enfin casé, discussions et cris parce que ma Pitchounette a décidé d'agacer son frère en mettant la ventilation au maximum. Malgré les demandes gentilles puis de plus en plus énervées de mon Chenapan (comprenez ses hurlements) elle fait la sourde oreille. Mon sang ne fait qu'un tour: ça fait des semaines que ce cirque dure, je suis restée calme jusqu'ici, mais je ne sais pourquoi, sans doute parce que la journée a vraiment mal commencé, je me fâche. Enfin, je vous dis que je me fâche... pour être sincère, j'explose, usée par ces disputes constantes et ces cris perçants... Malgré tout, elle continue et ergote comme elle seule sait le faire. Ma fille se prend deux claques et tout en roulant tant bien que mal, je lui balance des mots durs qui traduisent mon trop-plein d'énervement. Malheureusement, je me suis coincé la nuque en me retournant. Mon grand largué devant son école, j'ai honte de m'être emportée de la sorte, je regrette mes vociférations, les mots blessants, les larmes qui coulent lentement sur les joues de ma fille. Je le lui raconte et me concentre sur son chagrin et sur mes limites de maman lorsque je vois un tram arriver droit sur moi! Je freine comme je peux, patine sur les rails opposés pour m'arrêter à... trois centimètres du monstre. Pfouit! C'était moins une! Arrivés à l'école, nous nous serrons dans les bras. Je lui propose de tout effacer et de recommencer la journée.
Nous nous quittons rassérénées.
File de gauche ou file de droite? Je choisis bien sûr celle qui n'avance pas! Et puis j'ai le soleil dans les yeux et je n'ai évidemment pas pris mes lunettes de soleil. Arrivée dans la grande surface, je suis totalement en manque d'imagination et ne remplit qu'un demi caddy...
Il y a des jours comme ça... Et si je recommençais ma journée moi aussi?

Je déclenche l'alarme par inadvertance mais j'arrive juste à temps pour l'arrêter. Alors que je suis sous la douche, les enfants se manifestent pour me dire bonjour! Je trouve immédiatement mes clés, mes trois arrivent à trouver un accord pour les places dans la voiture mais ne s'entendent pas sur la puissance de la ventilation. Je m'énerve trop mais cela me permet d'avoir une conversation profonde avec ma fille, de celles qui vont à l'essentiel. Distraite par notre discussion, j'ai failli m'emplafonner contre un tram mais ai eu une chance extraordinaire: les roues de la voiture se sont arrêtées à trois centimètres du monstre.
En route vers la grande surface, je m'aperçois qu'il y a du soleil, bonheur! Et j'en ressors avec une note bien moins élevée que d'habitude.
Décidément, les journées sont belles et les enfants des amours.

lundi 28 novembre 2011

Chenapan



Chenapan la semaine dernière,
faisant une blague au photographe
  Notre Chenapan est malade. Encore? Ben oui. Rien de grave, de la fièvre et encore de la fièvre, les yeux larmoyants, le front brûlant, les joues creusées, les amygdales de la grosseur d'un ballon de football selon l'intéressé, le sourire toujours délicieusement, tendrement présent. Rien de grave si ce n'est que ce samedi, il devait se transformer en dauphin pour guider tous les petits poissons vers la croisière qui conduit à Saint Nicolas, le vrai, celui qui n'est pas déguisé, celui de l'hôpital pour qui tous les enfants malades ainsi que le corps médical, professeurs compris, préparent un mégaspectacle qui amusera le vieux Saint. Malheureusement, la fièvre n'est pas admise à cet étage de l'hôpital: elle est dangereuse pour les enfants qui se promènent trop souvent avec des masques, des casquettes ou des foulards.
Effondré de chagrin, les petits bras de Chenapan m'enserrent la taille tandis que son visage plonge dans mon chemisier. Ses larmes une à une traversent le soyeux tissu pour se mêler à ma peau, celle de ce ventre qui l'a porté pendant de longs mois, qui s'est tendue à l'extrême pour ensuite le recevoir tel une offrande d'amour. Mon tout petit, mon grand, mon moi, j'aimerais tant prendre ton chagrin comme je t'ai porté jadis, effacer ta douleur alors que j'essuie tes larmes et que je passe mes doigts dans tes cheveux et sur tes joues inondées de tristesse.
Heureusement son père adoucira son chagrin, lui qui, absent l'année dernière, a refusé une activité pour son petit. Il partira seul,  filmera le spectacle et parlera à Saint Nicolas, lui racontant comme il est courageux et coquin, aimant et colérique, généreux, tellement généreux...

lundi 21 novembre 2011

Voix et Instrument "Vocalise" de Rachmaninoff interprété par Natalie Dessay et Joshua Bell

Pour Coumarine, qui est aussi descendue dans le métro.


La voix ou l'instrument,  votre coeur penche-t-il pour l'un ou pour l'autre?
Il faut savoir que ces "vocalise" de Rachmaninov ont été adaptées à de nombreuses reprises pour divers instruments: guitare, clarinette, saxo, trompette, accordéon...
J’ai délibérément choisi les deux versions qui me touchent le plus. Il y en a des dizaines d’autres. Cela me ferait plaisir que vous les écoutiez et me donniez votre avis.

Saviez-vous que Joshua Bell avait joué dans le métro avec un Stradivarius ? Savez-vous combien de personnes se sont arrêtées ? Sept ! Ah, c’était dans le métro new-yorkais ? Bien sûr ! Chez nous ça n’arriverait pas !



et bien, on a fait, par la suite, la même expérience dans le métro parisien, jugez par vous-même…




PS : entre la version de Joshua Bell et celle de Natalie Dessay, je ne me prononce pas. J’aime autant l’une que l’autre, celle qui me transporte aux frontières du ciel et l’autre qui me conduit au cœur de ma mélancolie…

mercredi 16 novembre 2011

voyage dans le temps


Petit Bonhomme, emprunté à voir ou regarder.
Un peu silencieuse ces temps-ci, il est vrai. Mais sur la pointe des pieds, je passe de l'un à l'autre, tantôt souriante, tantôt inquiète, parfois heureuse, d'autres fois soucieuse. Pardonnez ma discrétion pourtant très présente.
Je voyage beaucoup ces dernières semaines: ailleurs, passant de l'île du passé à l'oasis à venir, faisant escale au détroit d'Anian. Comprenez que le décalage intertemporel se fait sentir. J'y reviendrai certainement, en attendant, comment ne pas évoquer ces vers qui m'accompagnent depuis de longues années?

Time present and time past
Are both perhaps present in time future
And time future contained in time past.(...)
What might have been and what has been
Point to one end, which is always present. (...)
Go, said the bird, for the leaves were full of children,
Hidden excitedly, containing laughter.
Go, go, go, said the bird: human kind
Cannot bear very much reality.
Time past and time future
What might have been and what has been
Point to one end, which is always present.

(T.S. Eliot, four quartets, Burnt Norton, I)

lundi 17 octobre 2011

Under control



Berlin, ville grise et froide, ville reconstruite, illuminée, monuments, hôtel déjanté, mur à vélo, encore des visites, studio d'enregistrement et team building (je sais, Alain, tu n'y crois pas, il faudrait qu'on en parle un jour de vive-voix) et chanson in the pocket. Voici en très résumé le programme de cette année. Une collègue et moi parlions de notre organisation pratique: elle hésitait à rentrer chez elle avant d'aller à l'aéroport. Pour faire sa valise? "Tu plaisantes?" me lance-t-elle indignée. "Au plus tard la veille! Je suis hypeeer-organisée. Le frigo sera rempli, les filles et mon mari briefés, rien ne sera laissé au hasard, bref, j'aime que tout soit sous contrôle." Blanc. Je lui ai répondu que je faisais confiance à mon mari et à mes enfants. "En fait, c'est peut-être pour ça que j'ai eu mon burn-out", ajoute-t-elle songeuse.
J'ai repensé à cet échange. J'ai dû apprendre à accepter le risque de savoir mes poussins à table à 14H00 voire plus tard, à trouver la maison dans un ordre différent du mien, à découvrir les plats qui "trempent", à lâcher prise, tout simplement. Et je m'en porte plutôt très bien. Lâcher prise? Mais oui, à chaque instant, accepter que je ne maîtrise pas tout et que je ne sois pas l'unique référent, faire tout ce qui est en mon pouvoir pour arriver aux objectifs que nous nous sommes fixés et puis... et surtout... faire confiance. Il y a toujours des éléments indépendants de notre volonté qui échapperont à notre contrôle, la maladie, l'économie, les dictats de nos politiciens, l'amour, la mort, l'injustice, l'intervention de tiers, les accidents mécaniques, la différence... Alors, à un moment donné, lorsqu'on s'est indigné, lorsqu'on a tout donné, il faut savoir lâcher prise. Faire confiance? En qui? En quoi? N'est-ce-pas la grande question? Celle qui nous occupera toute notre vie et vers laquelle chacun de nos gestes se dirige? Croire qu'il existe une Harmonie Suprême, une Lumière qui nous éblouira un jour, si nous tendons vers Elle malgré les malgrés, c'est une chance, c'est un cadeau qui apporte dès aujourd'hui paix et sérénité et surtout, un sens à toutes nos souffrances et incompréhensions.

mardi 4 octobre 2011

le petit (chat) hamster est mort




Le petit chat hamster est mort. Le hamster de notre Pitchounette.

Je fais réciter les leçons de l'un et l'autre grand tout en m'occupant de Chenapan malade. La cage de Spi semble bien silencieuse, encore davantage que ces derniers temps. C'est que Spi se traîne et trimballe plusieurs tumeurs. Ses apparitions se font plus brèves, son appétit se réduit comme peau de chagrin, ses pirouettes font partie d'un passé qui semble déjà lointain. Nous l'avons emmené chez le vétérinaire bien sûr,  davantage par amour pour notre fille que pour cette souris pourtant bien attachante. Nous pensions la faire piquer mais la vétérinaire a refusé, arguant que la petite bête pouvait encore vivre plusieurs semaines ou plusieurs mois. Elle a proposé de l'opérer, mais cela n'aurait servi qu'à prolonger ses souffrances. Nous sommes donc rentrés penauds et pas très avancés. Impuissants, nous avons alors assisté à sa longue agonie jusqu'à aujourd'hui où, inquiète, j'ai encouragé Pitchounette à s'en occuper et à changer son eau. Ce silence est différent des autres jours. Il dort souvent dans sa maison... Aujourd'hui, c'est autre chose. J'éprouve une réelle inquiétude et un grand malaise. Est-ce que ça se pressent, la mort?
La voilà en larmes dans mes bras. Il gît dans sa maison, roulé en boule. Il est dur. Il est froid. "Au moins, il est mort d'une belle mort, dans son sommeil et sans souffrir" la console notre Grand, philosophe en herbe. Chenapan lui donne son poisson rouge pour la réconforter. Elle refuse bien sûr. Il lui propose de choisir un oiseau qui meurt et renaît toujours. "Ca n'existe que dans Harry Potter, c'est un phénix", lui rétorque-t-elle... Alors il la console autrement, lui disant que quand elle sera morte, elle le reverra...
 Demain nous allons l'enterrer dans le jardin. C'est moche. On s'attache toujours. ces petits êtres insignifiants peuplent et colorent nos journées sans que nous nous en rendions compte et finissent par en faire partie intégrante. Leur départ génère un grand vide. Vous vous moquez?
Pitchounette le remplacera sans doute par un de ses cousins ou qui sait, par une bête à plume...

lundi 19 septembre 2011

Cercles concentriques

photo empruntée à Michel Corboz
Epuisante rentrée harassante et ce rhume et cette toux qui n'en finissent pas. Mais ça y est, les livres et cahiers sont recouverts, les enfants bien intégrés, les activités recommencées et les vitamines achetées. On aborde sereinement les semaines à venir tout en se préoccupant des inscriptions de l'année prochaine. C'est que depuis quelques années, on a tout compliqué et qu'on n'est jamais certain d'avoir l'école de son choix. Mixité sociale oblige. Mais bon, on ne va pas polémiquer là-dessus, quand on refuse de faire de la politique, on n'a qu'à s'en prendre à soi-même...
Pourquoi tous ces gens perdent-ils leur énergie à doubler, faire des queues de poisson, claxonner, invectiver, injurier, faire des gestes obscènes? Pourquoi ces appels de phares? Leur agressivité est contagieuse et se propage en anneaux concentriques. Mais elle ne m'atteindra pas. J'ai pris la ferme résolution de ne pas me prendre la tête et de profiter de ces moments de lente progression pour faire le plein d'énergie et démarrer positivement la journée. A la différence de certains internautes qui faisaient part de leur besoin de vide, moi, j'ai besoin de me remplir. Me remplir de sourires, de je t'aime, de lumière, de tendresse, de courage pour aborder les moments difficiles de la journée, pour supporter la fatigue et les mauvaises nuits sans en faire subir les conséquences à mon entourage, et puis envoyer une pensée, une prière pour telle personne aimée, confier une préoccupation, déposer un fardeau trop lourd, me délester pour me remplir autrement. Dans la voiture voisine de la mienne, une jeune femme observe coquettement son image dans le rétro et rit, le rose aux joues, en croisant mon sourire amusé. On me fait des appels de phares pour me laisser passer: regard reconnaissant, geste de remerciement, deux coeurs un peu plus légers, deux personnes un peu plus humaines, des enfants saluent les automobilistes, comptant sans doute le nombre de conducteurs qui leur répondent, un homme chantonne au rythme de la chanson que j'écoute, nous rions en même temps, sans doute écoutons-nous la même fréquence, ça crée des liens, des cercles concentriques qui se répandront bien plus loin, bien plus généreusement que les autres.

samedi 10 septembre 2011

These days et "you belong to the city" Glenn Frey



Hier, Bruxelles sentait l'huile d'olive frelatée. J'ai d'abord cru que c'était la proximité de ce restaurant que je longeais, puis j'ai fait un saut chez le médecin et le pharmacien pour l'un des miens, rien de grave rassurez-vous, l'ai reconduit à l'école et où que j'allais, l'odeur d'huile d'olive frelatée persistait. On se serait cru dans un souk marocain, ce que m'ont confirmé des amis très chers chez qui nous avons dîné le soir. Je n'aime pas trop ça. Je ne puis croire que les embouteillages inhabituels joints à la pluie persistante en soient seuls la cause.
Aujourd'hui, nous sommes repassés de l'automne à l'été, avons troqué gabardine et boots contre top et jupette, il fait 29°. Il fait très chaud, très moite, fameusement lourd. Mais je ne me plains pas. J'aime la chaleur, qu'elle caresse ma peau ou s'y colle peu importe, quand elle est là, je me sens vivante.
Cet été, j'avoue cependant que j'ai dû abdiquer. Tous les espagnols se plaignaient de la vague de chaleur qui nous assaillait. Les 40° étaient devenus habituels. Les éventails heurtaient en rythme le large poitrail de ces dames, les chapeaux s'agitaient devant ces messieurs tandis que je riais, heureuse. Cependant, à aucun moment de ces canicules, je ne suis arrivée à faire plus de quelques centaines de mètres sans souffler comme un cachalot (c'est bien l'expression?).
L'orage est en train de péter alors que je tapote en vitesse ces lignes insignifiantes. Il fait 29° et nous avons ramassé une brouette entière de noix plus mûres les unes que les autres, vous trouvez ça normal? Chenapan, qui ne fait rien à moitié, les cheveux collés aux tempes, ressemblait à une écrevisse trop cuite. Fier comme Artaban, il brandissant la deuxième dent arrachée par sa soeur et s'amusait à attraper les araignées, même pas peur.
Il fait nuit, les enfants dorment paisiblement, le chien quémande une caresse, son maître tarde à rentrer, l'orage semble contourner la maison mais les éclairs cèdent la place au tonnerre, il fait toujours aussi lourd, la musique rythme ces mots fatigués, je pense à tous mes proches, parents, frères et soeurs, amis réels et virtuels, tous si présents, si chers, certains très particulièrement ces jours-ci, je crois bien que je vais vous dire bonsoir, à bientôt, à demain peut-être, à plus tard sans doute.

PS et non, j'espère bien ne pas belong to the city à vie; d'ailleurs, nous cherchons à quitter l'air nauséabond d'huile d'olive frelatée, si vous avez une maison à proposer dans un environnement fleuri et odorant, you never know...

lundi 22 août 2011

escapade et expérience




photos prises par delphine, delphine et delphine. Sans doute de piètre qualité, mais j'aime ce qu'elles dégagent...
 Nous avons fait une escapade avec les enfants le week-end du 15 août. Le romantisme des photos ne vous guide-t-il pas sur notre destination? Vraiment?
Si je vous dis Byron... Ah, ça y est! Vous avez saisi. Nous sommes partis en Ferry, histoire de faire rêver les plus jeunes. Balades pas trop loin de Douvres, afin de ne pas perdre un temps précieux en voiture. Sandwich, Canterbury, Leeds, Hastings et Rye ont été de belles découvertes. Si vous demandez aux enfants ce qu'ils ont retenu de leur escapade, ils vous répondront: le bateau, les pirates (tunnels des contrebandiers d'Hastings) et le porridge. Et enfin Colin, le charmant maître d'hôtel qui les a de suite adopté.
J'ai fait une petite expérience sur le chemin de retour de Leeds; je n'en ai pas encore tiré de conclusion définitive.
Nous avons eu la bonne idée de visiter ce château de rêve le matin. Bien nous en a pris: au moment de partir, nous avons croisé des bus entiers qui déversaient des centaines de passagers marqués du logo de Cambridge (sans doute l'université d'été). Le long sentier reliant les parkings au château devait bien faire 3 m de large. Nous avancions, trois de face entrant dans la propriété, un de front se dirigeant vers la sortie. Nous étions de front. Les trois de face occupaient respectivement 2,80m du sentier, les enfants et moi-même avancions en file indienne sur les 20 cm restants. Chaque fois que nous croisions une brochette d'arrivants, nous descendions du sentier pour faire quelques pas dans l'herbe.
Je me suis demandé ce qu'il se passerait si je restais sur mes 20 cm de sentier sans m'écarter. J'ai essayé. J'ai commencé à heurter épaule après épaule, sans discontinuer. Personne ne bougeait ni ne se retournait pour s'excuser. Je marchais, le regard baissé, le pas décidé et bing et bang que je te heurte et te cogne. Pour finir, comme je ne voyais aucun changement dans le comportement de mes vis-à-vis, j'ai recommencé à descendre du sentier dont j'occupais 20 malheureux centimètres pour céder ma place aux autres. Je ressentais de l'amertume envers la condition humaine entière, si symptomatiquement animale. 
Leur comportement s'explique-t-il par le fait qu'ils se sentent plus forts, à trois de front? Ou est-ce le signe que l'indifférence suprême liée à l'individualisme dont notre époque est stigmatisée? Je n'ai pas encore la réponse... Si vous pouviez m'aider, je vous en serais reconnaissante, j'avoue être un peu perdue par rapport à une attitude qui me semble si peu humaine...

mardi 16 août 2011

A quoi bon...

A quoi bon raconter les souvenirs qui me hantent, l'émotion qui m'étreint avec tant de force que j'étouffe parfois, les joies qui me font pleurer et les peines qui me dessèchent, les parfums qui tournoient et les couleurs qui chantent -les entendez-vous ?
Avant, les billets se bousculaient dans ma tête, n'attendant que le bon vouloir de mes dix doigts pour prendre forme. Leurs sujets étaient souvent insignifiants, émanant du quotidien, le mien. Mais ils étaient un lien, sans doute ténu, entre vous et moi. Ils nous ont permis de nous apprivoiser, de nous découvrir sous différentes facettes, pour finir par nous connaître mieux que nous ne connaissons certains de nos proches.
J'ai eu la chance de rencontrer quelques amis blogueurs, toutes d'agréables surprises.
"Tu devais avoir cette voix-là", me dit Célestine en franchissant le pas de notre porte. Cela m'a fait sourire. Les mots seraient-ils les messagers de notre voix?
Alors, pour ça, pour maintenir le fil et le consolider, pour lire votre voix et entendre battre votre coeur, j'ai décidé de continuer à publier quelques petits riens, encore et encore...

dimanche 24 juillet 2011

images



photo prise par Amaury

photo prise par Amaury

photo prise par Amaury


photo prise par Amaury

Comment mettre en mots toutes ces merveilles que nous retrouvons année après année? Chaque passage apporte son lot de surprises et de découvertes, nous laissant toujours plus amoureux de cette terre aride et exigeante. Cette fois-ci, les olives et les cascades ont bondi jusqu'à nous, nous interpellant avec insistance. La nature, plus encore que l'architecture pourtant époustouflante, nous ensorcelle. Lorsque le temps le permet -c'est-à-dire au lendemain d'un orage qui contribue à rafraîchir la température- et maintenant que nous ne sommes plus tributaires des siestes et des poussettes, nous flânons, escaladons, sautons de rocher en rocher, mettons notre vertige de côté pour admirer ce que l'homme ne peut créer et nous laisse muets d'admiration. Les aigles et les vautours tournoient au-dessus de nos têtes alors que nous tentons d'immortaliser ces images sur nos rétines et à l'aide d'un petit appareil photo rose (afin qu'Amaury ne me l'emprunte pas, ce qui est complètement loupé). En voici quelques unes, qui nous permettrons de tenir le coup sous le ciel trop souvent gris et pluvieux de notre pays (Célestine en a fait les frais).

mardi 19 juillet 2011

Saxo, essences, "Red sky at night" de David Gilmour



Je vais vous confier quelque chose.
J'aime la musique, cela ne surprendra personne. J'aime le violon, le piano, la clarinette et la voix, mais le saxo, ah, le saxo...
Griffure de l'âme, douce mélancolie, caresse des sentiments, bienveillante langueur au parfum de liberté, obscure lumière qui creuse les côtes de notes ensorcelées, ciel rouge déchiré, saxo, si intensément humain.

J'ai proposé à tous les miens d'en faire. Mon Grand préfère le sport, lire et faire des maquettes, Pitchounette a choisi le piano et l'équitation alors que Chenapan réclame un tambour que nous tardons à lui offrir...
Reste moi. Ben oui, pourquoi pas? Vous me voyez avec un saxo? Ce serait bien non? J'espère pouvoir être un peu plus performante qu'avec le cor de chasse qui n'a émis qu'un profond soupir lorsque je me suis essoufflée dessus. Comme la tondeuse que je n'ai jamais réussi à faire démarrer, malgré mes muscles bandés. D'accord, c'est une excuse pour ne pas tondre, mais quand même. Le tracteur de mes parents, il suffisait de tourner la clé et voilà, on était parti pour des heures de tonte au rythme de nos écouteurs et du chant des oiseaux.
Jouer du saxo, ce serait également un excellent dérivatif à toute velléité de fumer.

Savez-vous pourquoi je n'étais pas trop triste de quitter l'Espagne cette année? En faisant notre lessive quotidiennement, j'enfermais dans nos valises le soleil , le chant des grillons, le souffle du vent langoureux, l'odeur des olives et de la terre assoiffée, l'empreinte des étoiles et de la pleine lune, un peu de terre et de chlore, quelques cailloux, des amandes oubliées et des batons de sucette.
A notre retour, j'étais impatiente d'en soulever le couvercle, afin d'en  réceptionner les essences.
Malgré la pluie, elles ne se sont pas enfuies. Elles étaient bien là, au rendez-vous!

dimanche 15 mai 2011

Burn-out et développement personnel

photo empruntée à voir ou regarder
Prendre le temps de se reposer pour mieux s'envoler...
-"As-tu lu le livre de mon fils?", me demande mon voisin de table en me fixant de ses yeux irradiant de bonté.
-"Ahem, en fait, je comptais le faire, mais n'en ai pas encore eu le temps", suis-je obligée de répondre afin d'éviter le mensonge.
Au fond, ce n'est pas si faux, car le sujet du livre m'intéresse aujourd'hui, alors qu'hier, lorsqu'on m'en parlait, je n'avais qu'une envie, celle de sourire. ("encore un de ces pseudo-philosophes qui se prennent au sérieux", me disais-je, à tort bien entendu).
"Tomber plus haut" de Guibert del Marmol traite de burn-out. De son burn-out à lui et de la tumeur au cerveau qui en a résulté. Chef d'entreprise, sa carrière a été mise entre parenthèse involontairement, puis volontairement. Car Guibert a voulu approfondir les causes du burn-out et surtout trouver des solutions à ce mal contemporain. Trouver des solutions en soi mais aussi dans notre contexte professionnel.
Je m'arrêterai là, car si je me suis empressée de commander le livre, j'avoue ne pas encore l'avoir lu bien que, tous les jours, il me fasse de l'oeil sur la table basse du salon. Mais je peux déjà transmettre que Guibert est devenu "consultant en gestion du changement" et qu'il connaît un franc succès, ce qui me réjouit pour les conséquences professionnelles que ce succès peut engendrer.
Je disais que c'était un sujet qui m'interpellait particulièrement ces temps-ci. Une de mes amies proches est atteinte de burn-out depuis quelques mois. Directrice du Marketing dans un secteur spécifique, elle a toujours porté job et famille à bras-le-corps. L'âge venant, de jeunes loups aux dents longues se font leur place en croquant tout ce qui est sur le chemin, ils coûtent moins cher, ils apportent des idées et du sang neuf, mais qu'en est-il de l'expérience et de la sagesse? "On n'a pas le temps", "il faut un rendement immédiat", lui répond-on, alors qu'on lui offre une promotion qui la met sur une voie de garage. Ces changements et le harcèlement qui s'ensuit, additionnés de remises en question familiales essentielles ont eu raison d'elle. Aujourd'hui, elle a l'humilité et la force de chercher une raison d'être dans des choses sans doute plus essentielles. "Arrête de vouloir exister par tes actions", lui conseille la personne qui l'accompagne dans cette remise en question. J'ai aimé ces paroles et me les suis appliquées également: par quoi est-ce que j'existe? Et pourquoi? Je ne vous répondrai pas en ce qui me concerne mais vous encourage à vous poser cette question à votre tour.
Last but not least, comme disaient systématiquement mes anciens collègues irlandais, j'ai lu les deux livres de Laurent Gounelle: "L'homme qui voulait être heureux" et "Dieu voyage toujours incognito". J'ai dévoré le premier dont j'ai aimé les préceptes si évidents qu'on les oublie trop souvent. Amusant, il se lit facilement tout en vous enrichissant à chaque page. L'enrichissement qui vient de la simplification, justement. A conseiller sans modération. Le second m'a semblé plus poussif, sans doute parce que je l'ai lu à la suite du premier. J'ai cependant aimé l'analyse du métier de recrutement qu'il semble connaître de l'intérieur -comme moi. Excellent malgré tout.
En discutant avec mon ami et cousin Igor, nous nous sommes rendus compte que nous attendait le même livre, pourtant assez peu commun. "L'art de vivre en harmonie" d'Anselm Grün, dont le titre tout autant que son appréhension du sujet nous ont séduits.
Tous traitent de bonheur, d'harmonie, de sérénité, là où nous sommes sollicités par le rendement et la réussite. J'ai déjà abordé la question du burn-out il y a quelques mois, cependant, ne vous en faites pas. Si ce sujet m'interpelle, c'est sans doute l'âge, l'entourage et le métier qui veulent ça. Personnellement, depuis que je travaille à mi-temps, je suis comme un poisson dans l'eau, épanouie dans ma vie de famille, ma vie de femme d'intérieur et ma vie professionnelle. Si j'ai été si silencieuse ces derniers jours, c'est justement parce que mes journées sont trop pleines...