Alors, afin de prendre notre mal en patience, je vous propose quelques trésors disparates, une rencontre surprenante en bas de chez nous, et puis, bien sûr, un peu de musique, como no!
![]() |
| en passant, dans notre belle avenue.... |
Un peu de tout, de rien, quelques coups de coeur, des lectures, des tableaux, des chansons, des amis, des réflexions, pas mal de questions, toutes ces correspondances...encore et encore.
![]() |
| en passant, dans notre belle avenue.... |

Où se cachent les papillons dorés? Où chercher les artifices colorés, les rires, les flûtes, le tintinnabulement cristallin, les lustres qui virevoltent, le chatoiement des soies tourbillonnantes et les plumes de paon caressant un loup mélancolique? Où est la main gantée étreignant cinq doigts frêles sous la nappe? L'éclat de ce regard unique? Et puis les traces de pas qui se retrouvent dans le sable, le soleil qui rejoint la quiétude de la mer apaisée, le papillon qui se refugie au plus profond des pétales et le souffle qui remue délicatement les voiles des fenêtres. La sérénité s'étend et apaise les derniers soubresauts de la jeunesse exubérante. Aujourd'hui, l'automne est là, à nos portes, les feuilles craquent sous nos pas moins alertes, la rosée s'estompe et fait place à la gelée, la buée se métamorphose en givre, nos maisons se replient sur les feux de bois, nos fronts un peu ridés se rejoignent pour orienter les jeunes années... celles de nos enfants et bien plus tôt qu'on ne le pense, des enfants de nos enfants...



Aujourd'hui, la Belgique entière parle de l'inauguration de la gare des Guillemins dont l'architecte n'est autre que le célèbre Calatrava.
Je l'avoue, cette photo n'a pas été prise par moi, je l'ai empruntée à Chacsam. Ce jour-là, je n'étais pas munie de mon appareil photo -rose, afin qu'Amaury ne me l'emprunte pas pour ses chantiers, mais rien n'y fait, de temps à autre, je vois un bout rose de mon cher appareil dépasser de la poche du veston de mon homme- mais j'aurais bien voulu. Cette semaine, je me suis retrouvée derrière un 4X4 identique, un X5 bien large qui portait le même autocollant: "j'aime polluer" , je me demande si ce n'était pas le même véhicule bien que dans mon souvenir l'autocollant était à gauche. Punaise! c'est quoi ces gens? Je peux encore concevoir qu'ils roulent en 4X4, son utilisation est peut-être justifiée (ça m'étonnerait, surtout à Bruxelles, m'enfin, autant leur accorder le bénéfice du doute), ils sont peut-être autrement soucieux de l'énergie (comme nous faisons tous des économies à notre manière), ils se font sans doute souvent invectiver et réagissent de cette manière, mais là, j'estime que c'est i-nac-cep-ta-ble! Il y a provoc' et provoc'! L'état délabré de notre planète est véritablement préoccupant et nous concerne tous. Ce n'est pas comme si le conducteur de ce véhicule sortait nu de sa voiture ou hurlait dans un haut-parleur qu'il se suiciderait, non, ici il met tout le monde en cause et affiche clairement qu'il s'en fout, et ça, je trouve que c'est scandaleux.
Savez-vous quelle est une de mes plus grandes frustrations cinématographiques? "Rebecca" (je parle ici du livre de Daphné du Maurier) a bercé ma jeunesse. Ce "Jane Eyre" du XXème siècle (autre roman que j'ai eu à mon chevet pendant mes jeunes années) a, comme vous le savez certainement, intéressé Hitchcock qui décida d'en réaliser un film. Des années plus tard, j'ai pu me procurer le film d'Hitchcock que je n'avais jamais encore visionné. J'ai été impressionnée par la fidélité au texte, par la justesse de l'interprétation, par l'atmosphère qui a pu être recréée, par le jeu des acteurs (Laurence Olivier, Joan Fontaine sont magnifiques), par le château et les paysages... A mon sens, un des rares films qui ne déçoit pas après la lecture d'un texte. Au moment où le suspens se fait insoutenable, arrive le pire : le DVD s'enraie. Impossible de d'aller au-delà de l'image de la cabine téléphonique. Nous avons lu le dénouement mais ne l'avons toujours pas vu, le verrons-nous un jour? Si vous possédez le DVD, vous ferez des heureux!
Grâce à Amaury, j'ai eu droit à une soirée magnifique où nous avons rattrapé le temps perdu: nous avons regardé "Fauteuil d'orchestre" qui ne figurait pas encore parmi nos films fétiches, mais les choses ont changé depuis! Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de le visionner. Si ce n'est pas le cas, je ne peux que vous encourager à le faire, c'est un petit bijou et qui plus est, primé à plusieurs reprises. Il rassemble une brochette d'acteurs (Claude Brasseur, Cécile de France, Valérie Lemercier, Sydney Pollack, Suzanne Flon etc) qui tous, sont à leur place et jouent du ton le plus juste. Peut-on l'appeler une comédie? Il transpose, par l'intermédiaire des personnages, des questions et des décisions essentielles, d'un ton dédramatisé qui n'est ni ironique, ni amer, ni désabusé, ni grossier. Le film est aérien, tendre, sincère et amusant, les personnages attachants parce que très humains: le collectionneur qui veut vivre et décide de vendre toutes les pièces qu'il a rassemblées avec son épouse disparue, le musicien qui n'en peut plus de n'avoir d'autre sens à sa vie que les salles de concert, la grand-mère que aimait le luxe et n'avait pas de quoi se l'offrir, l'ouvreuse sans talent qui voulait être artiste et vit son rêve par procuration, la jeune provinciale qui pose un regard neuf sur Paris, tous ces destins qui s'entrecroisent l'espace de quelques heures... Un de ces films comme je les aime: sans noirceur, avec ce quelque chose qui vous laisse un peu rêveur...