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mercredi 15 juin 2011

Muda


photo empruntée à mon ami talentueux  Dam
 Il arrive qu'on ait tant de choses à dire qu'on préfère les taire. Il arrive qu'on ait tant de choses à faire qu'on agit en se taisant. Il arrive qu'on ait envie de dire mais que ce ne soit pas le lieu, pas le moment non plus.
c'est ce qui m'arrive aujourd'hui.
Merci pour votre présence, vous m'êtes tous très chers et je ne vous abandonne pas, même si je me fais plus discrète...

mardi 1 mars 2011

Tribulations et petites réflexions d'une (jeune) femme (un peu moins) pressée...

"C'est encore loin?" emprunté à Voir ou regarder.
Pour ceux qui ne le savent pas encore, la (jeune) femme qui écrit ces lignes a la chance d'être passée à mi-temps début janvier. Beau cadeau d'anniversaire n'est-ce-pas?
"Mais que vas-tu faire de tout ce temps?" lui demandent certains amis paniqués. Et ils lui trouvent déjà de nouvelles occupations. "Tu pourrais être indépendante complémentaire et travailler dans telle boîte, ils en ont bien besoin, chez nous il y a tel et tel chantier en cours qui attend un profil comme le tien..." Mais non, non non, merci, qu'ils se rassurent. Maintenant qu'elle en a, du temps, il lui file entre les doigts. Les ourlets défaits, les plats mijotés, la maison à retaper, les devoirs, les enfants à consoler et à guider, ça prend du temps! Et puis, remplacer la lecture, le rêve et la méditation par de la consultance, la lumière, les sourires, la main tendue par du bizness, franchement, qui accepterait ce deal?
Courir pour retrouver le temps perdu, c'est un peu ça pour le moment... Hyper speedée par un job aux horaires compressés, elle grimpe dans la voiture en balançant clés, badge et sac à main sur le siège passager. Démarrage en trombe, surtout être à l'école avant le début de la garderie!
Elle repense à l'article sur le slow management qu'elle a parcouru, la fourchette entre les dents. Ah si seulement. Pas sûr qu'on y arrive dans les décennies qui viennent. L'innovation et la rapidité sont devenus les facteurs essentiels de la réussite. Pourtant on a assez prouvé que les décisions prises dans la précipitation et à court terme sont néfastes. Encore faut-il prendre le temps de la réflexion. On ne le trouvera jamais ce temps, il faut l'attraper. Bien, elle cherche son grand, puis passe par l'école des deux autres et file à la pompe à essence. Mais qu'est-ce qu'elle raconte la journaliste? Facebook a remplacé les blogs? Avant, tout le monde avait un blog mais c'est dépassé? Comment, mais comment peut-elle comparer les deux? Elle n'a franchement rien compris! Bien sûr, il y a blog et blog, c'est ce que rappelait Coumarine à un débat à la Foire du Livre. La voiture ralentit curieusement. Un peu déçue par la fin du "Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates", pourtant qu'est-ce qu'elle s'est délectée tout au long de sa lecture! A prêter à Bonne-maman, absolument. Qu'est-ce qu'elle a pensé des "Hommes et des dieux"? L'interroger à ce propos. Trop longtemps sans la voir, d'ailleurs. Lui téléphoner cette semaine. Quelques crachotements, deux éternuements, le véhicule repart pour s'arrêter définitivement quelques mètres plus loin. Elle enclenche le démarreur. Quelques toussotements puis... rien. Elle fait signe à la police montée qui croise la voiture -en travers de la route- qu'elle est totalement impuissante. Ca commence à claxonner derrière. Les chevaux s'énervent. Elle réessaie de démarrer. Rheuheuheuheuh. Toujours rien. Les chevaux s'agitent de plus belle. Rheuheuheu. Ils se cabrent, n'ont pas l'air du tout d'apprécier les caprices du moteur. Bon, ça va, elle a compris, elle s'arrête. Surtout éviter la casse. Et puis, pas trop envie de noyer le moteur. Trois "baas" s'avancent. "On va vous pousser, Madame". Pas très rassurée, elle vire son sac de la banquette tout en acceptant avec reconnaissance. Derrière leurs muscles et leur mine patibulaire se cache certainement un bon fond. Oui, mais leurs muscles ne sont pas très efficaces, dis donc. Elle s'accroche au volant, ça n'a pas l'air d'aider. Normal, le frein à main électronique (notez l'antilogie) est enclenché. Pas moyen de l'ôter. Tant pis, on restera au milieu de la route, attendant le bidon porté par son sauveur à la mine renfrognée -doux euphémisme...

lundi 24 janvier 2011

"La lecture agrandit l'âme"


La lecture de la fable de Jean-Pierre Saint-Ours

Prendre le temps de déchiffrer ma bibliothèque vivante et chacun des livres qu'elle contient (cf billet écrit précédemment), lire les émotions, les peines et les joies, traduire chaque geste, souligner les efforts et les progrès, contempler la mise en page et ses images, épousseter les mots inutiles ou blessants, relier larmes, rires et sourires, ordonner les humeurs inégales, humer les parfums d'encre, de jeunesse et de liesse, de tristesse parfois, imaginer une suite, réécrire une fin qui sera plus heureuse, prendre le temps de lire ceux que j'aime, c'est tout ce que je souhaite aujourd'hui et demain sans doute.

Tel un roman d'amour, tel le fruit mûr, la peau craquant sous la pression ensoleillée de la chair savoureuse, ils m'appellent et m'invitent à mieux leur offrir mes baisers.

Envie de tenir la main des miens, les aider à tracer les lignes droites et courbes, écrire les miennes et d'autres encore qui se donneront à lire un jour, si c'est pour un mieux, si Dieu le veut.
La lecture agrandit l'âme et un ami éclairé la console, disait un sage.

mardi 16 novembre 2010

Blog et stats, stats et blog


Il y a quelques mois, nous avons eu la joie d'accueillir chaleureusement Coumarine chez Blogspot: elle avait décidé d'opter pour un hébergeur répondant davantage à ses besoins. Mais une fois installée, elle a réalisé qu'une chose lui manquait cruellement : les stats ! Mais notre Coum a plus d'un tour dans son sac: à peine sa plainte émise, nous étions tous dotés d'un nouvel onglet "statistiques". Je ne sais de quels sortilèges elle a usé, mais je peux vous assurer qu'ils sont puissants... J'ai mis du temps à apercevoir cet onglet. Je l'ai ensuite fréquenté avec un certain plaisir. Il m'apprend des choses amusantes. Imaginez-vous que les billets les plus visités (mis à part les dernières publications) sont mon Icare de Matisse (sans doute la seule reproduction offerte par la toile, je l'adore), la Mélodie du Bonheur à la gare d'Anvers, la Pieta de Michel-Ange photographiée par Hupka, la fôte d'ortografffe, amitié virtuelle et les articles concernant mon cher Jean-François Gambino. D'autres doivent être très déçus de passer chez moi: ils utilisent les mots clés "grandes poubelles" et débarquent sur un article tiré du quotidien d'une mère de famille qui essaie d'être ordonnée malgré un mari bricoleur, ou encore "punition d'ado" (vous ne vous imaginez pas les parents qui ont des problèmes avec leurs ados et recherchent des punitions adaptées à leur âge et leur comportement) et ils tombent sur une photo de mon chenapan dans le coin. Une fois, un internaute, le plus frustré de la blogosphère à mon avis, a enregistré les mots suivants: "homme + femme coquine" et a atterri chez moi parce que ma cousine se surnomme Coquine! Si elle savait... Enfin voilà, les stats ça sert à ça et à beaucoup d'autres choses aussi, mais ces choses-là me sont plus indifférentes. Finalement, ce qui importe, ce sont vos visites qui me font très plaisir, le fait de pouvoir partager avec vous beaucoup de choses -que j'aime ou qui m'attristent ou me mettent en colère, de grandir dans cette expérience qui pousse à la réflexion de ce qui nous plaît ou de ce qui nous plaît moins, mais aussi de qui nous sommes. Alors, je profite de cet article un peu prosaïque pour vous remercier pour tout ce que vous m'apportez, vraiment, et ce n'est pas rien.

photo de Dam, il est bon de croire en la lumière.

vendredi 24 septembre 2010

Rien


Plus de dix jours qu'aucun billet n'a été publié. Envie de raconter, de partager, communiquer, échanger et... rien! C'est le vide total, la désertion, blanc, éparpillement, nuage opaque, reflet diffus d'une idée absente. La vie continue, riche en rencontres et mésaventures, en joies et en peines, bobos, médecins et câlins, plaintes et demandes du personnel, fatigues, lectures, amis, confidences. Mais pour ce blog, rien. Nada. Je riais quand on me parlait de la page blanche, jamais je ne manquais d'inspiration, trop à transmettre depuis une éternité mais ici, besoin de me recentrer, rejoindre le silence et la solitude afin de mieux savourer la vie, la cueillir l'espace de quelques heures ou de quelques jours, trouver une communion avec l'essentiel pour mieux revenir... ou pas.

photo empruntée à Voir ou regarder

lundi 13 septembre 2010

Amitié virtuelle


Go
amorce un sujet que je comptais aborder ces jours-ci, enhardie par des discussions concernant le virtuel avec Savina et une rencontre IRL (in real life) avec Myosotis.
Vaste débat, sujet inépuisable, bateau pour certains, inutile pour d'autres.
Il y a en effet échange et partage, site et blog, rencontre et connaissance, pseudo et prénom, blog et forum, et toutes ces nuances font que ce billet est voué à l'échec sauf si je me cantonne à ma propre expérience, ce que je m'empresse de faire. Dès lors, je vous demande de me pardonner si la première personne du singulier est très présente.
J'ai démarré ce blog il y a bientôt deux ans dans le but certain d'écrire et de partager émotions, toiles, lectures, impressions... J'avais un peu de temps à moi... Je me suis lancée et l'ai lancé à la mer. Un court instant, je l'ai mis en lien sur Facebook (que je ne fréquente pratiquement pas) mais l'ai très vite retiré, intimidée à l'idée que des connaissances (mes liens sur Facebook ne sont que des personnes que je connais réellement) me "découvrent". Au quotidien je me confie peu et à des personnes très ciblées et généralement en-dehors du cercle familial ou amical. Un cousin est cependant tombé par hasard sur le blog en recherchant une critique du film "Fauteuil d'orchestre" et ça a été très sympa de discuter ouvertement de cette aventure avec lui. Son épouse, Coquine, passe de temps à autre me faire un coucou et je mentirais si je disais que ça ne me fait pas plaisir. Vraie photo, vrai prénom : je ne me cache pas mais n'en dis pas trop et beaucoup tout à la fois. J'ai eu la chance d'avoir des lecteurs qui, je pense, partagent la même vision. J'avoue échanger une correspondance mail annexe et sporadique avec la plupart de mes lecteurs. La barrière physique a été franchie avec plaisir avec trois d'entre eux, Petit Belge, Coumarine et Myosotis. C'est pour moi le prolongement de partages qui nous permettent de nous connaître peu à peu et de plus en plus jusqu'à nous sentir familiers alors que nous ne nous sommes jamais vus. Pas ou peu de surprises sinon des bonnes. Sans doute parce que les personnes et les blogs fréquentés virtuellement sont "triés" au préalable. Comme je le disais à Savina, certains sentent l'arnaque ou une aventure qui n'est pas la mienne. Je m'empresse donc de m'en éloigner. Donc oui, on peut se faire des amis sur la toile si l'honnêteté est présente. Et oui, il faut rester sans cesse sur le qui-vive, car nos écrits, frêles esquifs,  sont des proies faciles pour tous les requins de la toile, les fishers, hackers et autres usurpateurs. Oui encore, je suis persuadée que ces correspondances peuvent générer de véritables amitiés tant que celles-ci se situent dans la vérité; pas nécessairement toute la vérité mais du moins une franchise de bon aloi. Et d'autant plus vraie qu'elle n'est pas freinée par des jugements de prime abord. Et l'imagination dans tout ça? C'est évident qu'elle remplit tous les trous laissés par les non-dits ou les pas-encore-dits, est-ce un mal? Mais je m'emballe, je parle, je parle, alors que Nicole Versailles rappelle avec raison dans "Tout d'un blog" que le secret du bon bloggeur consiste à rédiger des billets qui ne soient pas trop longs: le cyberlecteur a peu de temps, il zappe, passe d'un blog à l'autre, a ses visites quotidiennes à honorer, ses billets à rédiger, ses commentaires à traiter... Je ferais mieux de vous céder la parole.

l'attente, empruntée à Voir ou regarder.

vendredi 7 mai 2010

voix publique


Il y a quelques jours, je faisais l'escargot. Le propre de l'escargot est de s'en aller lentement, on peut le suivre à la trace... Mais sa voie n'est pas toujours tracée et parfois il réapparaît, allez savoir pourquoi.
Je viens de découvrir que sur le blog d'Armelle B il y a moyen de laisser des commentaires vocaux. Après les réflexions que l'on peut trouver chez Tania concernant la voix et la personnalité, je me suis demandé si j'aimerais envoyer ma voix à tous vents, la semer au gré des clics et déclics, la jeter en pâture aux personnes friandes de sensations? Cette voix qui permet de reconnaître Delphine, ses inflexions, son accent -même si nous parlons tous sans accent!- ses nuances, ses caresses, ses cris de colère aussi -mais oui, ça lui arrive même si certains en doutent encore... La distiller à tous ces pavillons papillonnant pour aspirer les pistils de mes humeurs, qui saisiraient l'hésitation, le trouble, la gêne, mais aussi l'enthousiasme et le sourire. Ces écoutilles ouvertes à chaque note, tourbillonnant de la plus grave à la plus suave, de la plus basse à la plus élevée, de un a dix mais je vous colle zéro, à vous qui me volez... Ces tympans tapissés par ma tessiture...C'est la voie vers mon âme qu'on volerait! Pourrai-je encore voler vers d'autres cieux une voix en moins?
Photo du phare de Lyngvig empruntée à Ricochet

samedi 1 mai 2010

l'escargot

Profonde réflexion concernant ce blog, son objectif et son bien fondé. Beaucoup de questions et de remarques, pas encore de conclusion.
Je fais l'escargot, pour reprendre une expression lue dans Tout d'un blog de Nicole Versailles, alias Coumarine. Je parle de blog dans mon blog. Je tourne en rond, je m'enlise.
Grande frayeur hier. Je proclame que je ne me cache pas derrière un pseudo. Je prône la transparence entre ma vie et mes écrits tout en étant très limitée dans les sujets : intimité, prudence et secret professionnel obligent. Amaury m'a souvent reproché d'aborder des sujets totalement inintéressants et je lui donne raison. Je tiens trop peu compte de mes lecteurs. Je devrais penser davantage aux attentes de mon blogovillage. Je disais à Coumarine écrire surtout pour moi-même, tout en avouant que oui, bien sûr, les lecteurs et les échanges donnent tout son sens au blog et l'enrichissent et surtout, comblent son auteur. Mais que veux dire "écrire pour soi-même"? Paradoxalement ce sont les sujets totalement inintéressants qui suscitent des réactions. Mes proches avouent même zapper tout ce qui n'est pas personnel. Alors quoi? Supprimer certains articles, certains morceaux d'anthologie, certaines chansons parce que JE les aime? Mais c'est justement un de mes objectifs: partager mes coups de coeur, mes moments de blues, mes interrogations, mes aspirations! Certains demeureront indifférents, d'autres se détourneront mais quelques-uns peut-être seront touchés pour l'une ou l'autre raison secrète, quien sabe?
J'ai eu une belle frayeur hier: j'ai laissé un commentaire sur un blog. Rien de bien extraordinaire. Sauf que je l'ai fait avec mon profil Blogger. Sauf qu'un de mes collègues a envoyé le lien du blog à tous nos autres collègues (pour des raisons totalement indépendantes du commentaire). Sauf que je n'aime pas mêler vie privée et vie professionnelle et que mon blog fait clairement partie de la sphère privée. Certains de mes collègues lisent peut-être ces lignes actuellement, comment le savoir. "Ce sont les risques de la blogosphère! Tu es imprudente!" me disait-on hier soir. Ben oui, et quoi? Je n'ai pas trop envie de tout mélanger, mais est-ce que ce doit être au prix de ma liberté et de mon authenticité? Il n'y a pas de réelle imprudence, si ce n'est celle d'être découverte un jour. Oui mais dans découvrir il y a le regard qui déshabille, le drap qui glisse, le maquillage qui coule sous le voile qui se soulève... il y a excitation et malaise, mais il y a aussi rêve et émerveillement...

photo empruntée à Dam