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vendredi 14 février 2014

Deuil

 
 
 
 


Je suis triste. J'ai le cœur endeuillé. Les paupières en berne. Ne vous méprenez pas: je ne suis pas en colère. Simplement effrayée par l'avenir que nous préparons à nos enfants avec de telles décisions. J'ai honte aussi. Honte pour eux et pour moi de les avoir élus. Honte du manque de courage, de l'absence d'amour et de l'individualisme qui règne en maître dans ce pays grand comme un mouchoir de poche, que d'aucuns voient encore comme un pays où il faut bon vivre, allez savoir pourquoi! On n'y trouve plus rien, plus d'entreprises (tout est vendu), plus de travail, plus de vie, plus de solidarité, plus rien. Du gris et du noir, de l'agressivité, des vols et des viols, des grèves et la mort, cette mort qui vous guette au détour d'une rue et dans les couloirs aseptisés des hôpitaux.

Je sais, j'affirmais le contraire hier. J'ai rencontré une énorme chaîne de solidarité, des personnes courageuses, généreuses, prêtes à se défoncer et à dire la vérité envers et contre tous, à descendre dans la rue, à se mouiller au sens propre comme au figuré, j'ai découvert la puissance et la force des (multi)médias et l'intelligence des remises en questions. J'ai eu des échanges extraordinaires avec des médecins et des bénévoles, j'ai entendu des témoignages bouleversants, j'ai été portée par l'espoir d'un monde différent. C'est juste, que, là, maintenant, après le travail exaltant de ces derniers jours, je me permets, rien qu'avec vous, ici, en tout petit comité, de me laisser aller à un coup de cafard.

vendredi 14 mai 2010

Héros et normalité

Mitigée, déçue par bon nombre de mes proches et moins proches, combative, réfléchissant à l'action et la contemplation.
Dimanche, manifestation pour la Belgique. J'ai pensé à maintes reprises à mon ami Dani, ce philosophe espagnol (et basque) avec qui j'ai eu de nombreuses "disputes" concernant le pays basque et la Flandre qu'il prenait souvent en exemple. Dani (Daniel Innerarity) qui écrit dans Libertad como pasion que notre culture light ne reconnaît pas l'héroïsme, seulement la normalité. Et je me rends compte que je suis entourée de personnes qui ont baissé les bras, qui n'ont plus de couilles, pire, de tièdes qui viendront "s'il y a du monde". Mais putain, c'est eux le monde! Un cousin m'écrivait que de toute façon c'était foutu. Je lui ai répondu qu'avec des personnes comme lui, c'était clair que la Belgique n'irait pas loin. J'ai eu tort. Sans doute. Dans la forme, pas dans le fond. On m'a félicité de ne pas baisser les bras. Mais je ne suis personne, moi. Amaury était au Sénat le week-end passé, il a parlé à d'anciens combattants éplorés qui voient leurs efforts réduits en miettes par quelques crétins qui n'ont aucune vision, qui étouffent la voix de plus de 6O% de flamands qui souhaitent continuer à vivre en Belgique, des autres qui sont représentés par des politiciens qui oublient le bien public au profit d'intérêts personnels. On nous a donné le droit de manifester, saisissons-le! Certains ce sont battus pour ce droit et nous crachons dessus. Il n'est pas trop tard. Rien n'est encore fait. Alors bougeons, agissons! Ce n'est plus l'heure de la contemplation mais de l'action. Sinon, ce sont les débris de la bêtise humaine que nous contemplerons. Je n'ai pas envie de penser un jour: je n'ai rien fait. Ah si seulement... J'aurais dû, j'aurais pu... C'est maintenant que nous avons la possibilité de nous exprimer, hic et nunc! Heureusement, ces derniers jours, j'ai aussi fait la connaissance de véritables héros. Des personnes qui sortent de la normalité, qui ont une opinion et qui mettront tout en oeuvre pour la défendre démocratiquement. et je les remercie car ils me permettent de garder foi et courage dans la Belgique mais surtout dans l'homme et sa capacité à se dépasser pour des idées.
"Quien sienta la libertad como pasion sabra discernir que obstinaciones valen la pena. La libertad es cosa de héroes cuando la cultura en la que vivimos trata de imponer sutilmente la tirania de la provisionalidad." (D. Innerarity, Libertad como pasion, p 47)
Celui qui ressent la liberté comme une passion saura distinguer les obstinations qui valent la peine. la liberté est chose de héros quand la culture dans laquelle nous vivons tente d'imposer subtilement la tiranie de ce qui est provisoire."
http://wwwmanifbelge.be/ - http://www.belgischebetoging.be/