jeudi 30 décembre 2010

Rétro


Les dernières heures de cette année particulière fondent comme neige au soleil. Contemplant les restes du bonhomme construit par les enfants il y a plusiers jours, je ne peux m'empêcher de jeter un coup d'oeil dans le rétro : une année, ce n'est pas rien! Si on fait le compte en heures, en minutes ou en secondes, ça chiffre vite. Et si on additionne la quantité de travail, les événements petits et grands, les joies et les peines, les amitiés gagnées et perdues, les confidences, les souffrances partagées, les preuves d'amour, les personnes qui nous ont quittées, blessées, abîmées, les heures à contempler le pli relevé au coin de sa bouche, l'éclat d'un regard, l'arabesque d'une larme, le ballet des mésanges, ses pieds qui dansent, les rires qui s'envolent au gré du vent et de l'humeur, le rayon qui transfigure les feuilles et éclaire nos fronts, les abeilles qui butinent, les corolles vacillantes, les gestes d'impatience, les bras qui s'ouvrent, le battement du coeur affolé, consolé, rapiécé, les cris, les disputes, les pardons encore et encore, l'attente, l'incertitude, poids, responsabilité, insomnies, assumer, évasion, introspection, pardon, résolution, confiance.
Je regarde par-dessus mon épaule et vois ces montagnes de choses, grandes et petites, importantes ou insignifiantes se dresser devant moi. Ai-je changé? Comment suis-je? Meilleure? Enrichie? Rabougrie? Mesquine? Qu'il est difficile de répondre à ces questions. Spontanément, on baisse la tête, on la secoue de droite à gauche, on a envie de faire "non, non, non". Mais les bonnes résolutions existent, on peut recommencer, jour après jour, année après année, jusqu'à ce que nous soyons rappelé par le temps et que notre heure soit venue...

Photo d'un bonhomme de neige dont l'heure est venue...

samedi 25 décembre 2010

Le Courage de la Paix

"Tous, par nos actions, par notre comportement, nous devons avoir le courage d’être des artisans de paix."


Mes chers compatriotes,

En ce temps de Noël et de Nouvel An, je voudrais d’abord partager avec vous un motif de satisfaction. De l’opinion unanime de nos partenaires européens, la Présidence belge de l’Union européenne, pendant le second semestre de cette année, a été particulièrement réussie. Dans nombre de domaines très différents des progrès importants ont été réalisés. Je pense entre autres à la stratégie économique européenne, aux mesures pour éviter le retour des crises financières, au budget européen, aux réalisations en matière commerciale et diplomatique, aux relations entre l’Europe et l’Asie. De nombreux chefs d’Etat et de gouvernement ainsi que des dirigeants d’institutions européennes, m’ont fait part spontanément de leur admiration à ce sujet. Cela illustre bien les talents de notre pays lorsqu’il s’agit de rapprocher des points de vue en trouvant des compromis. Notre diversité nous aide dans ces domaines.
Et pourtant, cet art du compromis, il me semble qu’au sein de notre propre pays, nous l’avons quelque peu oublié ces dernières années. D’où ma préoccupation et ma ferme volonté de lancer un appel à tous nos responsables et à tous les citoyens.
Notre pays a l’occasion de se transformer en profondeur pour mieux répondre aux attentes de nombreux Belges, et pour affronter les défis à venir. Désormais, après plus de 6 mois de négociation tous les éléments se trouvent sur la table pour réaliser une réforme profonde de l’Etat. Il y aurait un important transfert de compétences aux Régions et Communautés, une autonomie et une responsabilisation beaucoup plus poussées des entités fédérées, y compris sur le plan fiscal, un refinancement de Bruxelles et le maintien d’une réelle solidarité au sein de notre pays. En même temps, il sera nécessaire d’assurer le financement dans la durée de l’Etat fédéral pour exercer les compétences et les obligations qu’il continuera à assumer vis-à-vis de tous les Belges, mais aussi sur le plan européen et dans le monde. Il faudra également inclure une solution pour BHV et définir des règles en matière d’éthique politique.
Il s’agit donc de trouver des compromis équilibrés qui tiennent compte des aspirations légitimes des uns et des autres. Dans un tel accord il ne doit pas y avoir de perdants. Nous devons trouver des solutions ou chacun est gagnant.
Dans la recherche de cet accord raisonnable il est évident que chaque partie devra faire des concessions. Chacun aura donc l’obligation de prendre ses responsabilités. Le moment est venu où le vrai courage consiste à chercher fermement le compromis qui rassemble, et non à exacerber les oppositions.
Si un tel accord se réalise, un nouveau gouvernement fédéral pourrait être constitué. Avec les entités fédérées, il sera à même de prendre des mesures nécessaires pour sauvegarder le bien- être de la population, et pour rétablir la confiance au sein du pays. C’est cela que tous nos concitoyens attendent.
Lorsque nous réussirons, car je suis convaincu que nous le pouvons, nous redeviendrons à nouveau un exemple d’entente, et un facteur d’unité dans un monde qui en a grandement besoin. Nous pourrons présenter l’image juste d’un pays qui parvient dans la paix, à se transformer profondément. Nos partenaires européens, et tous les autres pays, constateront que la Belgique demeure un Etat responsable auquel ils peuvent faire confiance.
Cet appel que je vous lance solennellement à tous, je l’adresse évidement en premier lieu aux responsables politiques, mais aussi aux responsables économiques, sociaux, culturels et des médias. Tous, par nos actions, par notre comportement, nous devons avoir le courage d’être des artisans de paix.
C’est le souhait chaleureux, que la Reine et moi et toute notre famille vous adressons de tout cœur, en ces fêtes de Noël et de Nouvel An.

Wir alle müssen bei unseren Aktionen und unserem Vorgehen den Mut aufbringen Friedensstifter zu sein.
Das wünschen Ihnen zu diesen Weihnachts- und Neujahrsfeiern die Königin, ich selbst und unsere ganze Familie von Herzen.

Discours de SM le Roi des Belges à l'occasion de Noël et du Nouvel An.

jeudi 23 décembre 2010

Noël

De tout coeur, je vous souhaite une fête de Noël très particulière: un Noël où la tendresse, la douceur, l'écoute et la compréhension transformeront cette journée en une très belle fête, celle d'une nouvelle naissance, celle de toutes les promesses, malgré les malgrés.

Icône, Vierge de la tendresse

lundi 20 décembre 2010

Quelques perles et réflexions


Quelques perles toutes récentes de notre Chenapan:
Il regarde -à l'instant- une émission sur le requin; on parle du requin citron et j'entends qu'il s'adresse à ses frères: "Ça existe aussi le requin banane?"
Il y a deux semaines, malade, il reçoit de notre généreuse Maria un billet et quelques pièces pour Saint Nicolas. Je retrouve cet argent intact sur sa table de nuit et lui demande pourquoi il ne le met pas dans sa tirelire... "Mais ze dois le donner à Saint Nicolas quand il reviendra..."
Je lui prépare un oeuf à la coque, il m'affirme préférer les oeufs de poule, mais bon, comme il n'y a que des oeufs de coq...
Je vous jure que je ne les invente pas, elles sont véridiques et... illuminent mon quotidien.

Notre enfance a été baignée de Maria. Il y avait la Grande Maria, alias la grosse Maria, la Petite Maria, l'autre Maria, et enfin Georgine chez notre autre grand-mère (ça ne s'invente pas). Leur prénom était généralement associé à celui de leur conjoint, et lorsque ce n'était pas le cas, on utilisait le qualificatif qui nous permettait de les distinguer immédiatement.
Maria et Félix étaient des parents de la Petite Maria, vous savez, Maria et Romain. Ils faisaient partie de la famille. Ils nous connaissaient tous, nous avions une affection énorme pour eux, ils étaient les piliers de la maison. Quand nous leur rendions visite dans leur petite maison, nous étions gâtés comme jamais... Il faisait toujours chaud, très chaud, Félix, ayant quitté sa bêche, se balançait dans son fauteuil à bascule pendant que Maria (la Grosse) tout en dégageant de son tablier à fleurs synthétique des effluves de transpiration, préparait fébrilement les chips et les bonbons que nous devions emporter chez nous. Avec la petite Maria, c'était différent, elle avait des enfants de notre âge et servait plutôt de deuxième maman ou de baby-sitteuse (surtout pour mes petites soeurs) lorsque c'était nécessaire. Son fils était dans ma classe, nous allions effrayer les pigeons que son père élevait avec passion, lisions des BD interdites chez nous (Jommeke, Suske en Wiske) et restions des heures à regarder la télévision. Elle nous préparait des gaufres ou des galettes de pomme de terre, ce que notre mère ne faisait pas. La petite Maria, c'est le tuteur de maman, son organisation, sa sérénité, la parole sage, le bon sens qu'il est bon de réentendre, l'affection décuplée, la générosité jamais prise à défaut. et puis, il y a les autres Maria et Romain, débarquant plus tard dans nos vies mais tout aussi ingénieux, disponibles, fiers d'aider et de seconder.
Si j'écris ces quelques lignes, c'est en hommage à toutes ces merveilleuses Maria mais aussi à celles que je n'ai pas connues, celles qui ont été rebaptisées parce qu'elles portaient le même prénom que des membres de la famille, celles qui sont restées dans l'ombre ou ont connu le mépris, toutes ces Maria qui ont servi avec leur mains, leur coeur et leur vie durant. Merci à elles, c'est un peu grâce à elles que nous sommes aujourd'hui ce que nous sommes.

Photo empruntée à Piet Flour

mardi 14 décembre 2010

corps et âme



"à corps perdu", "corps et âme", "à son corps défendant", "à bras-le-corps", "esprit de corps", "corps de garde", etc etc Il y en a des expressions faisant allusion à notre corps! Et toujours cette notion d'entièreté que l'on retrouve dans chacune de ces expressions. Sans doute parce que l'ensemble des membres forment un seul corps. Celui-ci agit, se défend, protège avec ardeur... Cependant, cependant, dans la deuxième expression on retrouve le mot "âme". "Corps et âme", qui reprend la notion de personne dans son entièreté, toujours l'entièreté mais cette fois-ci de la personne.
Ces expressions trottaient en moi ces jours-ci, alors que mon corps se faisait pesant. "A quarante ans commencent les misères", disait ma soeur aînée ce week-end, alors que nous évoquions nos maux de dents.
Jusqu'à présent, il m'a toujours obéi ce corps, à tel point que je ne me souviens pas toujours de lui. Bien sûr, une bouche sèche ou un estomac qui gargouille sont les signaux clairs de ses besoins, mais hormis ces quelques appels "du pied" ou de l'estomac, il fonctionne et je l'oublie. Je fais exception de cette période de ma vie qui fut peuplée de migraines, des migraines manifestement générées par le stress d'une situation trop lourde pour mes trop fragiles épaules, qui me valut des maux de dos, des amnésies et des migraines chroniques. Un beau jour ils disparurent. J'étais tout étonnée de ne plus sentir ce corps qui s'était tellement rappelé à moi.
Aujourd'hui, c'est un peu le même processus, récurrent année après année mais que j'oublie au fil du temps qui passe... Je subis l'état de Chenapan à quelques jours d'intervalle: la grippe a cédé à la gastro qui elle-même trépasse au profit de la bronchite... Enfin bref, je crois que mon corps veut me dire quelque chose. C'est pas cool. Je suis retournée au bureau jeudi dernier, parce que je n'avais plus de fièvre et que franchement, j'aurais eu mauvaise conscience à rester chez moi. Sauf que, sauf que mes vertèbres continuent à se clouer dans le matelas à peine mon corps se déplie-t-il pour s'allonger, sauf que ma toux ne s'arrête pas de la nuit, sauf que la fièvre remonte...
Ca peut être bien casse-pied, un corps, quand il crie "Vergeet me niet" (don't forget me, ne m'oublie pas). En même temps, cela me rappelle la chance que j'ai de ne penser à lui que temporairement, alors que nombreux sont ceux à qui leur corps leur rappelle -comme mes migraines d'alors- qu'il existe au quotidien.
Heureusement, nous sommes un tout, un corps et une âme, qui s'entraînent l'un l'autre pour tenir bon. Je connais des personnes que j'estime héroïques dont le corps grince et résiste depuis des années et qui continuent à aller de l'avant, grâce à leur force d'âme. Je me rappelle cette amie parisienne qui est devenue paraplégique l'espace d'un soir, un soir où elle nous rejoignait pour un dîner de classe, où son pied s'est pris dans les portes du métro, je me rappelle son sourire, avant et après; je me rappelle Amaury couché dans la neige, il devait être dans le même état, mais la chance a joué en sa faveur. Je me rappelle ma soeur qui est restée allongée sans une plainte pendant plus de six mois sur une planche, cinq kilos tractant sa tête vers l'arrière (et deux trous dans le crâne bien sûr), je me rappelle cette collègue qui est née paralysée d'un pied et marche à force de kiné; on lui a découvert une tumeur dans l'oreille interne et elle est plus souriante que nombre d'entre nous.... Je me souviens de cet ami qui a la sclérose et a besoin de son corps pour gagner sa vie et se sentir exister tout simplement. Chaque fois que je le vois, je le retrouve grandi.
Alors, face au mystère de la souffrance du corps, si difficile à comprendre parfois, j'ai envie de vous offrir un moment de ce qui fut pour moi un pur bonheur. Un bonheur de l'âme. Ce qui la nourrit. Le propriétaire de la librairie est un plaisir de générosité, d'écoute, de partage... Profitez-en et surtout allez la découvrir!

Bon (grande frustration), comme je n'arrive pas à mettre un pps sur ce blog, je vous renvoie à un billet écrit précédemment et vous encourage à regarder le pps jusqu'au bout s'il vous est envoyé (peut-être en pensant un petit peu à moi qui ai été bouleversée entre ses murs...).
Il s'agit bien entendu de la librairie Lello, la plus belle du monde!

photo empruntée à notre talentueux Piet, avec mon admiration.

lundi 6 décembre 2010

Où sommes-nous partis?

Mais oui, où avons-nous bien pu partir? Vos suggestions étaient toutes meilleures les unes que les autres, il a bien fallu faire un choix tenant compte de différents paramètres: budget, après-crise, cultures et intérêts, public de 25 à 64 ans, condition physiques et j'en passe.
Voici quelques photos qui vous serviront d'indice pour reconnaître notre destination. Si vraiment vous n'y arrivez pas (j'en doute), je publierai d'autres photos qui vous apporteront les éléments manquants.




Sachez que nous avons tous été conquis par ce lieu et que l'ambiance était excellente, un bonheur que j'emporte avec moi sous la couette qui recueille mon grand corps malade et secoué de fièvre depuis hier...

samedi 27 novembre 2010

Saint Nicolas

Étrange semaine, émouvante journée, que nous terminons calmement derrière les tentures tirées, nous protégeant du froid et des regards de la rue. Partis le matin sur les chapeau de roue pour le spectacle préparé à l'hôpital en l'honneur de Saint Nicolas. Arrivés pile à l'heure, à peine le temps d'enfiler un petit pyjama à notre Chenapan, de lui mettre le bonnet de nuit préparé avec amour et arthrose par la mère d'une infirmière du service et le voilà sur scène avec tous ses copains. Installée avec les deux plus grands, l'appareil prêt à immortaliser l'instant pour Amaury qui n'est pas là aujourd'hui, je ne peux empêcher, une fois de plus, mes larmes de couler. Moi qui pendant des années pensais être insensible ou avoir une sensibilité déplacée, ne ressentant que bien peu de choses au décès de mes grands-parents mais écrasant des larmes d'émotion à l'enterrement d'une inconnue, je ne peux les empêcher de forcer les barrages, de dérégler les écluses, ouvrant grande la porte à l'émotion qui me secoue et et me fait trembler, de manière inaperçue j'espère. C'est que ces enfants plus souriants les uns et les autres, ces enfants au courage exemplaire, sautant, gambadant, se bousculant, impatients de chanter pour le grand Saint, me parlent en toute simplicité de leur port a cath et demandent à Chenapan s'il en porte un; lui n'y comprend rien, il ne pense qu'au pestacle et à ses tuttes qu'il va donner à saint Nicolas aujourd'hui... Et les larmes coulent. Ces crânes chauves et ces parents qui crânent ou même pas, qui sont tout simplement heureux avec et pour leurs enfants, ces danses, ces chants, ces paroles me font toucher du doigt, une fois de plus l'essentiel: "Et toujours le temps qui court change les plaisirs et que le manque d'amour nous fait vieillir", ces professeurs, docteurs et infirmières, ces parents bénévoles et les membres de Salus sanguinis, tous autant qu'ils sont, participent activement au spectacle et y vont de leur numéro de théâtre et de gym tonic sur la musique de Vanina et je ne sais plus qui, vous savez, celles qui mettaient des jambières le dimanche matin et toutouyoutoutaient avec toute ma génération, ils sont là, à faire les marioles et à s'essouffler pour les enfants, pour mon fils! C'est sa première Saint Nicolas à l'hôpital, elle a été magique, mais j'ose espérer que ce sera la dernière. Bientôt un an qu'il est malade, mais l'ombre de la maladie semble s'éloigner de nous, de lui. Comment dès lors ne pas pleurer de reconnaissance pour ceux qui l'ont soigné et Celui qui l'épargne aujourd'hui?  Pas envie de parler du reste, du WE passé avec les collègues quelque part (je vous laisserai deviner plus tard, photos à l'appui), ni de la découverte du Music Village, endroit Jazzy dans le centre de Bruxelles, offrant concerts de qualité et ambiance assurée, plus tard, peut-être, mais là, ça sonnerait faux.
Le thème du spectacle était "prendre le temps"...

mardi 16 novembre 2010

Blog et stats, stats et blog


Il y a quelques mois, nous avons eu la joie d'accueillir chaleureusement Coumarine chez Blogspot: elle avait décidé d'opter pour un hébergeur répondant davantage à ses besoins. Mais une fois installée, elle a réalisé qu'une chose lui manquait cruellement : les stats ! Mais notre Coum a plus d'un tour dans son sac: à peine sa plainte émise, nous étions tous dotés d'un nouvel onglet "statistiques". Je ne sais de quels sortilèges elle a usé, mais je peux vous assurer qu'ils sont puissants... J'ai mis du temps à apercevoir cet onglet. Je l'ai ensuite fréquenté avec un certain plaisir. Il m'apprend des choses amusantes. Imaginez-vous que les billets les plus visités (mis à part les dernières publications) sont mon Icare de Matisse (sans doute la seule reproduction offerte par la toile, je l'adore), la Mélodie du Bonheur à la gare d'Anvers, la Pieta de Michel-Ange photographiée par Hupka, la fôte d'ortografffe, amitié virtuelle et les articles concernant mon cher Jean-François Gambino. D'autres doivent être très déçus de passer chez moi: ils utilisent les mots clés "grandes poubelles" et débarquent sur un article tiré du quotidien d'une mère de famille qui essaie d'être ordonnée malgré un mari bricoleur, ou encore "punition d'ado" (vous ne vous imaginez pas les parents qui ont des problèmes avec leurs ados et recherchent des punitions adaptées à leur âge et leur comportement) et ils tombent sur une photo de mon chenapan dans le coin. Une fois, un internaute, le plus frustré de la blogosphère à mon avis, a enregistré les mots suivants: "homme + femme coquine" et a atterri chez moi parce que ma cousine se surnomme Coquine! Si elle savait... Enfin voilà, les stats ça sert à ça et à beaucoup d'autres choses aussi, mais ces choses-là me sont plus indifférentes. Finalement, ce qui importe, ce sont vos visites qui me font très plaisir, le fait de pouvoir partager avec vous beaucoup de choses -que j'aime ou qui m'attristent ou me mettent en colère, de grandir dans cette expérience qui pousse à la réflexion de ce qui nous plaît ou de ce qui nous plaît moins, mais aussi de qui nous sommes. Alors, je profite de cet article un peu prosaïque pour vous remercier pour tout ce que vous m'apportez, vraiment, et ce n'est pas rien.

photo de Dam, il est bon de croire en la lumière.

mardi 2 novembre 2010

"L'Echappée belle" Anna Gavalda, famille, fratrie et compagnie

Et voilà, je me retrouve une fois de plus et un peu malgré moi (j'avais oublié de me manifester en temps et en heure...) dans une tournante de livres. C'est amusant, vous avez entre les mains des livres choisis par d'autres, que vous n'auriez peut-être pas pensé ou voulu lire et qui vous accompagnent pendant un mois. J'avoue n'avoir pas ouvert le premier, le deuxième, "L'Echappée belle" a été reniflé, retourné et feuilleté puis avalé en une petite heure un soir sans coupure de courant. Anna Gavalda dont mon aînée me disait qu'elle adorait mais que bon, je n'apprécierais peut-être pas ses récits "grands publics", idem pour Musso. Mon aînée qui a l'humilité de dire qu'elle n'y connaît rien alors qu'elle dévore des livres et s'est découvert une passion pour Zweig, qu'elle va à une expo entraînée par une amie et admire, un peu honteuse, ce qu'en fait il y a vraiment lieu d'apprécier, à savoir l'architecture et la lumière du Pompidou de Metz, passant outre quelques toiles qui peuvent lui sembler obscures... Mon aînée à qui j'ai envie de dédier ce billet écrit il y a quelques mois mais qui est plus que jamais d'actualité. Mon aînée et mes quatre autres frère (singulier) et soeurs (grand pluriel -cinq filles, un garçon qui s'est très vite entouré d'une super bonne bande de copains pour survivre dans ce poulailler) à qui j'ai pensé tout au long de ma lecture. Ces codes qui nous caractérisent, ces souvenirs, ces blagues et demi-mots qui font glousser, ces regards qui font comprendre qu'on est blessé par un coup de bec, une griffe trop acérée ou la vie, ces pardons qui s'échangent tout aussi vite, ces appels et sms qui chauffent les GSM et les oreilles et les coeurs, ce parfum d'anti-conformisme familial qui nous rend conformes et si différents en son sein, ce manque de confiance qui nous caractérise alors que nous sommes géniaux, toutes et tous tant que nous sommes, ce besoin de se retrouver et d'être bien tout simplement, sans complication aucune, sans attitude, naturels, abandonnés, tels quels. C'est tout ça que j'ai retrouvé dans "L'Echappée belle", jusqu'à cette pointe de nostalgie qui perce parce qu'on se rend compte que les murailles s'effritent un peu, que les autres vies peuvent rattraper notre cohésion, que nos parents sont fatigués et ne seront plus toujours là...
"L'Echappée belle", c'est un peu notre histoire. Et ne venez pas me dire que les personnages sont des stéréotypes, que le sujet, c'est du réchauffé... Vous avez peut-être raison mais ça m'est égal, j'ai passé un très bon moment et le sourire m'est revenu.

vendredi 22 octobre 2010

Un sourire, un seul et tout prend son sens... "Cause I love your smile" :-) Charlie Winston



Et puis si nous savons sourire nous n'arriverons pas à ces...

Quelques paradoxes de notre temps
"Nous dépensons trop, rions très peu, conduisons trop vite ; nous nous fâchons trop vite, veillons très tard et nous nous levons trop fatigués.
Nous lisons trop rarement, regardons trop la télé et prions trop rarement.
Nous avons augmenté nos richesses, mais nous avons rabaissé nos vertus.
Nous parlons trop, aimons trop rarement et mentons trop souvent.
Nous avons appris comment gagner notre vie mais n’avons pas appris comment vivre notre vie. Nous avons ajouté des années à notre vie mais pas de vie à nos années.
Nous sommes allés sur la lune, mais nous avons du mal à traverser la rue pour rencontrer le nouveau voisin. Nous avons conquis l’espace mais pas notre fort intérieur. Nous avons fait de grandes choses mais pas de meilleures choses.
Nous avons purifié l’air environnant, mais avons pollué notre âme.
Nous avons maîtrisé l’atome mais asservi notre jugement.
Nous écrivons de plus en plus mais apprenons de moins en moins, planifions de plus en plus mais accomplissons de moins en moins."
C’est l’époque des 2 salaires au foyer, mais de plus en plus de divorce ; de maisons de plus en plus sophistiquées, mais de plus en plus de foyers brisés.
C’est l’époque de la paix mondiale, mais c’est aussi la guerre dans les familles.
C’est le temps des grandes technologies.
Ce message vous est parvenu à la vitesse de l’éclair...
Vous pouvez cliquer "supprimer" rapidement
ou le méditer doucement et changer peu à peu...
À vous de décider, etc.

Extrait de Jack Mandon emprunté au blog d'Armelle

Un sourire, un seul...et tout prend son sens...

mercredi 20 octobre 2010

Sois toi-même


Alors qu'elle est dénigrée, bafouée, vilipendée par la presse et la société, Ingrid Betancourt a une révélation : ce n'est pas le regard d'autrui qui la façonne et elle n'est pas celle qu'ils voient. Ils ont sans doute en partie raison et en partie tort, mais là n'est pas la question. Détachée du regard de l'autre, elle peut se redécouvrir, dans son intégrité, telle qu'elle est pour et par elle-même. Cette découverte lui a permis de se redresser avec dignité et d'être elle-même envers et contre tout (tous).
Je n'ai approfondi ni sa vie ni son expérience, mais ses propos me laissent rêveuse. Ne sommes-nous pas tous amenés à adapter notre comportement, nos faits et gestes en fonction d'une éventuelle reconnaissance ou pour éviter un blâme, le ridicule ou la différence tout simplement? Quels dictats nous poussent à agir de telle ou telle manière, quels est le sens de chacun de nos gestes et de chacune de nos paroles? Qui suis-je et vous, qui êtes-vous réellement? Dépouillés de tous nos artifices, que reste-t-il de nous?

Matisse, "portrait de femme"

lundi 18 octobre 2010

Belgique - politik

Je ne fais pas de politique. Je n'aime pas la politique. J'ai refusé d'être sur les listes, c'est pour vous dire... Mais les enjeux peuvent se révéler primordiaux.
Je ne ferai pas de politique ici non plus (enfin, j'ai un peu dérogé pour la bonne cause il y a quelques mois au profit de la manifestation pour une nouvelle Belgique, plus unie et plus harmonieuse).
Je pose simplement des questions:

un manipulateur, oups, pardon, un clarificateur rédigeant une note qui soude les francophones dans l'opposition et renforce les flamands dans leur bon droit bafoué, un clarificateur donc qui clôture le débat houleux en citant l'empereur Auguste: "fabula acta est", drapé dans (le rideau) re-oups la dignité de la scène qu'il a créée, ça vous fait penser à quoi?

Une armée nationale qui déménage en Flandre, ça signifie quoi?

Je vous laisse réfléchir, moi-même je m'en vais méditer...

jeudi 14 octobre 2010

La Scala belge au cinéma



Je ne peux m'empêcher de pavoiser.
Malgré les informateurs, formateurs, éclaireurs, démineurs, facilitateurs et autres enquiquineurs nommés par le Roi et sensés présenter des solutions à nos problèmes communautaires et nationaux, malgré l'enlisement que nous connaissons, la grisaille et la morosité quotidiennes, malgré eux et tout le reste, Scala & Kolacny Brothers, chorale féminine belge dont j'ai déjà parlé ici et ici , interprète la chanson de la bande annonce du très discuté film américain Social network, qui retrace l'histoire de Marc Zuckerberg, le fondateur de Facebook. La chanson de la bande annonce est une reprise du hit de Radiohead Creep.
Je ne suis ni fan de Facebook, encore moins de Marc Zuckerberg, je ne pense donc pas aller perdre une soirée à visionner le film. Je ne me priverai pas, par contre, de passer Creep en boucle, fière de ces voix qui sont peut-être un peu, rien qu'un peu, les porte-étendards des richesses belges trop peu connues au-delà de nos frontières si ténues.

dimanche 10 octobre 2010

Noir - "Les dessous de table" de Nicole Versailles I



Les enfants sont au lit, nous vaquons tous deux à nos occupations, je pianote en vitesse, le journal masque son visage concentré. Brutalement, c'est le noir intégral, accentué par un silence absolu; les machines se taisent, seul brille l'écran de mon ordinateur qui semble ramener à lui toute la froide lumière électrique. Après quelques secondes, je me lève, me heurte à une chaise qui a oublié de rejoindre sa place sous la table, tâtonne pour trouver des allumettes (maintenant que nous ne fumons plus, elles se font plus rares) pendant qu'Amaury rejoint les voisins qui sortent en pyjama (si si, c'est véridique) ou soulèvent peu discrètement les voiles sensés protéger leur intimité. Panne de secteur. Les uns après les autres font des tentatives d'appel chez E*****bel (le helpdesk ne travaille pas en-dehors des heures de bureaux) pour se rabattre en désespoir de cause sur le bureau de police le plus proche, aussi outré que ses voisins dans le noir mais tout aussi impuissant.
L'ambiance silencieuse doucement illuminée par les flammèches dansantes des bougies me semble propice pour pénétrer dans l'univers de Nicole Versailles. Ses nouvelles me sont parvenues le matin même, je me pourlèche les babines à l'idée de découvrir le menu surprise. Je ne suis pas déçue par mon étape gastronomique. Quelques pages suffisent pour vous emmener d'une situation à l'autre, situation qui est banale, très, elle pourrait vous arriver, ou m'arriver à moi aussi , elle s'est peut-être déjà présentée ou me pend sous le nez ou celui d'un des miens, bref, du réalisme de chez vous ou de chez moi, mais terrible, prenant, douloureux, dramatique, vivant, bien vivants, cet homme et cette femme qui sont mari et femme pour un jour grâce aux effets magiques d'une simple fève, l'autre dont on prépare les quatre-vingt ans de bien différentes manières, la petite vieille dont les pertes de mémoire trahissent gestes et secrets, les jeunes dans un café qui construisent le monde et sont détruits par celui-ci, ce gamin dont la mère ne répond pas, cette femme dont les paroles fortes sont prononcées en silence, l'amant transi et jaloux, fou de jalousie, fou de rage, fou d'amour, fou toujours... et tellement normal.... si banal et si dramatiquement humain! Voilà ce qu'offre Nicole dans l'intimité de mon salon obscur et feutré, ces premiers chapitres qui m'entraînent d'une vie à l'autre avec brio: je suis tour à tour chacun de ses personnages, j'ai mal avec eux, je m'emballe comme eux, mais la lumière est revenue et il est temps que je remise ces chapitres de vies jusqu'à demain.

Sans titre de Rothko noir, rouge sur noir sur rouge,1964

dimanche 3 octobre 2010

Histoires de style



A tous ceux et celles qui écrivent des romans... et à tous les autres aussi.

"Plus les rapports de deux réalités rapprochées seront lointains et justes, plus l'image sera forte -plus elle aura de puissance émotive dans la réalité poétique" Pierre Reverdy

Conversation sur le style des nouveaux romans publiés. Il semble que le style "plat", court, direct, proche du langage parlé, rapide comme le rythme de notre vie haletante et les courriels et textos qui la parsèment soit très prisé par les éditeurs d'aujourd'hui. Il semble qu'un nombre croissant d'auteurs très jeunes soit publiés, offrant une écriture fraîche et surtout un vécu croustillant, émouvant, révoltant. Exit Proust, bonjour le "slam romanesque" (pas sûre que l'expression existe)!
Oui mais, parmi les auteurs cités, il y en a qui ont un style simple où foisonnent des images (ou métaphores peu importe) d'une puissance émotive ou suggestive telle qu'elles ébranlent le lecteur et le rendent acteur à part entière d'un pan du roman. Le voilà riant, pleurant ou implorant avec les personnages de papier, ceux qui se tenaient jusque là à distance raisonnable et se cantonnaient aux caractères imprimés avec plus ou moins de bonheur sur le papier bible, papier broché ou papier recyclé. Oui mais, ces phrases simples se déroulent suivant un rythme inconnu jusqu'alors et engagent le lecteur à rejoindre la danse des sons s'alignant les uns après les autres, chenille qui recrée des réalités vécues avec une énergie renouvelée.

Je disais qu'un livre était publié pour survivre aux générations. Je suis persuadée que la mode passe, le style demeure. D'ailleurs, c'est tellement vrai que je ne l'ai pas inventé... Egalement persuadée que les styles courts, longs ou moyens, tant qu'ils provoquent des émotions, seront tôt ou tard reconnus par l'éditeur qui les méritera.

Et oui... me revoilà! Célestine m'a convaincue de ne pas laisser le mot "rien" à côté de mon prénom. Merci pour tous vos commentaires plus gentils les uns que les autres. Je me fais sans doute moins présente, mais je suis bien là.

Photo empruntée à "Voirouregarder".

vendredi 24 septembre 2010

Rien


Plus de dix jours qu'aucun billet n'a été publié. Envie de raconter, de partager, communiquer, échanger et... rien! C'est le vide total, la désertion, blanc, éparpillement, nuage opaque, reflet diffus d'une idée absente. La vie continue, riche en rencontres et mésaventures, en joies et en peines, bobos, médecins et câlins, plaintes et demandes du personnel, fatigues, lectures, amis, confidences. Mais pour ce blog, rien. Nada. Je riais quand on me parlait de la page blanche, jamais je ne manquais d'inspiration, trop à transmettre depuis une éternité mais ici, besoin de me recentrer, rejoindre le silence et la solitude afin de mieux savourer la vie, la cueillir l'espace de quelques heures ou de quelques jours, trouver une communion avec l'essentiel pour mieux revenir... ou pas.

photo empruntée à Voir ou regarder

lundi 13 septembre 2010

Amitié virtuelle


Go
amorce un sujet que je comptais aborder ces jours-ci, enhardie par des discussions concernant le virtuel avec Savina et une rencontre IRL (in real life) avec Myosotis.
Vaste débat, sujet inépuisable, bateau pour certains, inutile pour d'autres.
Il y a en effet échange et partage, site et blog, rencontre et connaissance, pseudo et prénom, blog et forum, et toutes ces nuances font que ce billet est voué à l'échec sauf si je me cantonne à ma propre expérience, ce que je m'empresse de faire. Dès lors, je vous demande de me pardonner si la première personne du singulier est très présente.
J'ai démarré ce blog il y a bientôt deux ans dans le but certain d'écrire et de partager émotions, toiles, lectures, impressions... J'avais un peu de temps à moi... Je me suis lancée et l'ai lancé à la mer. Un court instant, je l'ai mis en lien sur Facebook (que je ne fréquente pratiquement pas) mais l'ai très vite retiré, intimidée à l'idée que des connaissances (mes liens sur Facebook ne sont que des personnes que je connais réellement) me "découvrent". Au quotidien je me confie peu et à des personnes très ciblées et généralement en-dehors du cercle familial ou amical. Un cousin est cependant tombé par hasard sur le blog en recherchant une critique du film "Fauteuil d'orchestre" et ça a été très sympa de discuter ouvertement de cette aventure avec lui. Son épouse, Coquine, passe de temps à autre me faire un coucou et je mentirais si je disais que ça ne me fait pas plaisir. Vraie photo, vrai prénom : je ne me cache pas mais n'en dis pas trop et beaucoup tout à la fois. J'ai eu la chance d'avoir des lecteurs qui, je pense, partagent la même vision. J'avoue échanger une correspondance mail annexe et sporadique avec la plupart de mes lecteurs. La barrière physique a été franchie avec plaisir avec trois d'entre eux, Petit Belge, Coumarine et Myosotis. C'est pour moi le prolongement de partages qui nous permettent de nous connaître peu à peu et de plus en plus jusqu'à nous sentir familiers alors que nous ne nous sommes jamais vus. Pas ou peu de surprises sinon des bonnes. Sans doute parce que les personnes et les blogs fréquentés virtuellement sont "triés" au préalable. Comme je le disais à Savina, certains sentent l'arnaque ou une aventure qui n'est pas la mienne. Je m'empresse donc de m'en éloigner. Donc oui, on peut se faire des amis sur la toile si l'honnêteté est présente. Et oui, il faut rester sans cesse sur le qui-vive, car nos écrits, frêles esquifs,  sont des proies faciles pour tous les requins de la toile, les fishers, hackers et autres usurpateurs. Oui encore, je suis persuadée que ces correspondances peuvent générer de véritables amitiés tant que celles-ci se situent dans la vérité; pas nécessairement toute la vérité mais du moins une franchise de bon aloi. Et d'autant plus vraie qu'elle n'est pas freinée par des jugements de prime abord. Et l'imagination dans tout ça? C'est évident qu'elle remplit tous les trous laissés par les non-dits ou les pas-encore-dits, est-ce un mal? Mais je m'emballe, je parle, je parle, alors que Nicole Versailles rappelle avec raison dans "Tout d'un blog" que le secret du bon bloggeur consiste à rédiger des billets qui ne soient pas trop longs: le cyberlecteur a peu de temps, il zappe, passe d'un blog à l'autre, a ses visites quotidiennes à honorer, ses billets à rédiger, ses commentaires à traiter... Je ferais mieux de vous céder la parole.

l'attente, empruntée à Voir ou regarder.

vendredi 3 septembre 2010

Où partir?


J'abuse de vous, je sais. Mais je sais aussi que vous êtes plein de ressources et que vos conseils sont avisés, ce dont je vous remercie.
Je me permets donc une fois de plus de faire appel à vos connaissances et à votre imagination, certaine que vous pourrez m'aider.
J'avoue en toute simplicité que je suis à court de créativité, nulle parole, nul vers, nulle image plaisante ne me vient à l'esprit, serait-ce la rentrée, la grisaille de notre climat saisonnier et politique? Ou simplement une fatigue latente? Le spleen dont parle Kabotine? Peu vous importe au fond.
Réunion de mercredi dernier:
-Delphine, nous (j'ai quatre patrons, il ne s'agit pas du nous de majesté, heureusement) avons décidé de marquer le coup et d'organiser un week-end pour remercier le personnel de son investissement. (j'avais mis ce point à l'ordre du jour).
-Excellente initiative, je proposerais de le faire à la place du dîner de Noël que je programmais à telle date.
-Nous pensons éventuellement à Vittel avec le Club Med. Deux jours, une nuit.
-Ah, bien, je vais me renseigner.
Vittel est fermé en hiver. (Je ne ferai aucun commentaire). J'ai donc le champ libre pour faire d'autres propositions.
Je contacte le club Med puisqu'on en parle en haut lieu pour voir quelles sont les autres destinations ouvertes en hiver et proposant des Incentives. Rien à distance raisonnable et sans avion.
Je les en informe en leur promettant différentes idées de destinations pour le mercredi suivant. Questions qui suivent: sport, team building (berk, je sais, AlainX que tu me rejoins), culture, voiture ou avion, chambres single ou doubles ou triples, étoiles, avion?
Réponse: à voir en fonction des offres. Bref j'ai quartier libre.
J'ai donc contacté une agence. Message: vous nous programmez une visite de Londres suivie d'un Christmas shopping à la mi-décembre ou un super week-end deux nuitées dans une ville culturelle et ensoleillée à distance raisonnable c'est-à-dire en Europe. Alors, Londres, sports d'hiver et balade en montagne, Séville, Florence, le Sud marocain?
Qu'en pensez-vous? Ils ont déjà fait Barcelone, Euro Disney, Paris, Rome. Age moyen: 35 ans mais des plus jeunes et des plus âgés, 80% de femmes (ça me change du secteur informatique, je vous jure. Je me sens souvent asexuée!). Vos suggestions sont bienvenues, c'est toujours difficile de contenter tout le monde (impossible en fait).
Le prochain billet sera certainement plus intéressant, je vous le promets.

Photo empruntée (sans faute!) à la toile.

vendredi 27 août 2010

Fôte d'ortografffe et autres


Je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne, je laisse une nuée de fôtes d'ortografffe sur la toile et j'avoue que cela ne me fait pas plaisir. Non seulement pour la langue française que je maltraite trop souvent, mais aussi un peu quand même -avouons-le- pour mon ego qui souffre de constater toutes ces lamentables omissions -ou additions c'est selon. A peine envoyé un message ou un billet, mes yeux se posent sur une faute grosse comme une maison. Je relis mes écrits avec trop de hâte sans doute, mais comment se fait-il qu'à chaque fois, je découvre mes erreurs une fois le doigt sur la touche "enter", pourquoi? J'ai décidé de ne pas faire systématiquement une demande de correction dans un nouveau commentaire, tout d'abord parce que je passerais ma vie à repasser derrière mes écrits et à m'excuser et deuxièmement, parce que j'ai décidé de m'excuser ici publiquement une fois pour toutes.

Tant qu'on y est et profitant de la mauvaise expérience de Célestine, pouvez-vous me dire comment on peut sauver le contenu de son blog? Je n'ai pas la prétention de lui accorder une quelconque valeur littéraire, mais j'avoue m'y être attachée et apprécier par-dessus tout, mes chers lecteurs, les échanges et les discussions dont il est l'objet et le support.

Autre demande à vous soumettre: depuis que mon blog a changé de look, je n'arrive pas à discipliner le cadrage des vidéos importées; elles donnent l'impression de vouloir prendre la page d'assaut. Un tuyau peut-être?

Une dernière question et puis je vous laisse: mon petit Acer ramant un peu trop l'autre jour, j'ai d'autorité emprunté l'ordinateur professionnel de mon architecte de mari pour me rendre compte que, comble de l'horreur, les couleurs de mon blog étaient passées au vert/jaune fluo, turquoise et autres couleurs que je ne reconnaissais absolument pas. Dites-moi, à vos yeux, le titre est-il vert tendre, vert printemps ou bien vert néon auquel il ne manque que le clignotement?
L'illustration est un calligramme de Françoise  pour lequel elle a gagné un prix.

dimanche 22 août 2010

"Le lièvre de Delphine" Jean-François Gambino

Dressé sur les pattes arrière, tous les sens en alerte, les yeux rivés, les muscles bandés, le lièvre s'apprête à bondir. Il dévalera la côte en zigzaguant de gauche à droite, déboulera au-dessus du ruisseau qu'il franchira d'un saut alerte pour enfin se retrouver dans les fourrés. Là il se tapira, le temps du danger...
C'est tout cela et tellement plus que l'on perçoit dans "le lièvre de Delphine". Jean-François Gambino a réussi -comme à son habitude- le pari d'immortaliser le mouvement spontané de l'animal, tout en tension et en force. Son art –unique- consiste à jouer avec la matière et l'espace, le vide qui devient matière, l'équilibre improbable mais réussi de celle-ci, l'esquisse des traits qui les marque mille fois mieux que ne le feraient une centaine de coups de pouce ou de couteau.
Depuis que le lièvre est là (vous vous rappelez, le cadeau de mes quarante ans?), il a pris possession de notre salon. Grandeur nature, il n’a pas encore rejoint sa place définitive. Mais du haut de la plaque de marbre où il repose, à l’abri des jeux et mouvements brusques des enfants, il défie quiconque de l’attraper. Depuis qu’il est là, le salon sent la mousse et les sous-bois, le grincement du parquet s’identifie aisément au craquement des feuilles mortes, le courant d’air qui agite les rideaux et fouette nos joues annonce l’orage. En le contemplant, on retrouve la solitude du promeneur qui communie avec la nature, vous savez, cette solitude bénie qui vous remplit de promesse et vous purifie et vous laisse grandi, pas celle qui vous serre le cœur et vous perce d’un profond, très profond sentiment d’abandon et d’isolement. La solitude n’est pas isolement, elle est recueillement.
Nos amis sont unanimes pour souligner la justesse et la qualité de l’art de Gambino. Du grand art. Merci!

mardi 17 août 2010

"The meaning of live" Luc Galoppin

Chose promise... mais le temps est court, un ami passe ce soir, besoin de réconfort, gueuleton à préparer... C'est bien connu, les esprits -masculins- s'apaisent autour d'une bonne table!
Faute de temps donc, je m'empresse de vous reproduire (sans les traduire, mes excuses) les propos de Luc Galoppin (très sympa d'ailleurs), extraits d'un article intitulé "Love and work - the meaning of live". je vous le recommande vivement en espérant que nous arriverons tous un jour à cet équilibre parfait... Un jour peut-être, je le traduirai et le commenterai...
Recent research suggests that most people approach their work in one of three ways: as a job, a career or a calling.
If you see your work as a job, you do it only for the money and you tend to look at the clock frequently while dreaming about the weekend ahead.
If you see your work as a career you have larger goals of advancement and promotion. The pursuit of these goals often energizes you and you sometimes take work home because you want to get the job done properly. Yet at times you wonder why you work so hard.
If you see your work as a calling however, you find your work intrinsically fulfilling. You see your work as contributing to a greater good. You have frequent experiences of flow during the workday and you don’t have the desire to shout ‘Thank God It’s Friday’.
The search for purpose within life turns out to be a matter of aligning love and work in your life. Getting the right relationship between you and your work is not easy. However, if you think that blue-collar workers have jobs, managers have careers and the more respected professionals (doctors, scientists and clergy) have callings, you are wrong. In his book Haidt cites research that suggests that ‘occupational self-direction‘ is the determining factor.
In earlier posts I have described this occupational self-direction as ‘job control’ and ‘job autonomy’ and came to the same conclusions. Nevertheless, I would like to quote the inspiring example he used to state this fact. In a study of hospital workers, Amy Wrzesniewski, a psychologist at Yale University, found that the employees who cleaned bedpans and mopped up vomit, sometimes saw themselves as part of a team whose goal was to heal people. They went beyond the minimum requirements of their job description, for example by trying to brighten up the rooms of very sick patients, or by anticipating the needs of the doctors and nurses. They viewed their work as a calling, and enjoyed it far more than those who saw it as a job.
Work done with love is the meaning within life. Love and work are crucial for human happiness because they can draw us out of ourselves and into connection with people and projects beyond ourselves.

dimanche 8 août 2010

Colores


Etrange semaine, sentiment étrange!

Journées colorées qui évoluent vers des souvenirs sépia.

Rouge de colère, verte de rage, jaune de dépit, broyant du noir, Mondrian (mis à part le vert qu'il détestait) aurait été inspiré ces jours-ci.
Difficile d'éloigner ce sentiment de profonde indignation.
Il a fallu trois jours pour assimiler cette évidence: les absents ont toujours tort! Il est bien aisé de les charger. Mais à leur retour, ils ne se privent pas pour se défendre et remettre les pendules à l'heure, non mais! Je n'aime ni la colère, ni la rancœur -j'en suis heureusement délivrée- mais face à l'injustice, je me cabre. Je suis la première à reconnaître mes torts et à tenter d'y remédier, j'accepte les remarques -constructives- même si elles chatouillent toujours un Ego difficile à conforter, mais m'imputer des choses dont je ne suis pas responsable, je n'accepterai jamais!

Ce soir...

A la recherche de certains écrits publiés il y a quelques années, j'ai entre les mains des textes et poèmes d'amis de différentes nationalités, des copies de diplômes, un dossier médical complet, des courriers de mes professeurs et d'éditeurs "avec mon meilleur souvenir", le montant de l'indemnité reçue lors de mon accident (j'avais oublié; ironie du sort, je n'étais pas en tort mais suis sortie indemne de l'accident mis à part une commotion et la langue en deux morceaux, l'autre conductrice très mal en point, mais coupable... Sa dextérité lui ayant fait défaut, cette pauvre religieuse cassée à senestre devait encore me dédommager...), différentes versions de mon mémoire, des invitations, des documents déjà jaunis et ce monde académique enfoui au plus profond de ma mémoire refait surface, il sent la pollution de la rue des Ecoles la pisse du métro les crottes de pigeon le grincement cynique des strapontins et leur claquement lorsqu'un quidam quitte bruyamment l'amphi, les volutes de fumées qui bercent nos discussions autour d'un café serré : le monde nous appartient! Viennent les montagnes, le parler rude et rocailleux des Ibériques, leur force et leur douce intransigeance, les couleurs franches faisant de l'ombre à la grisaille parisienne, le climat franc, clair et lumineux, qu'il neige ou qu'il fasse soleil... Des débats encore et toujours, des amitiés indéfectibles mais que le temps et la distance effilochent, c'est inévitable. L'émotion affleure, les larmes perlent, j'avais oublié, enfermé dans des fardes et des porte-documents, tout un pan de ma vie réveillé ce soir telle la Belle qui a dormi si longtemps...

Photo pêchée sur la toile

vendredi 30 juillet 2010

Miscellaneous II



Il semble que le Québec soit une mine d'artistes qui percent les uns après les autres, crevant les charts de leur talent. Bonne chance, Bobby Bazini! Je lui souhaite surtout de continuer à faire de la bonne musique, en espérant que le succès à venir l'influence positivement! Superbe découverte en tout cas.
Les dernières perles de Chenapan :
  • Mamy, ze peux manzer des casse-noisettes (notez son érudition :-) ?
  • Mamy, tu veux bien me santer "Cacahuète, ze te plumerai" (là, mon coeur de mère se dit qu'il pourrait y avoir confusion).
  • Mamy, ze vais pispotter (certainement un belgicisme, car un "pispot'" est un pot de chambre en néerlandais, et "pispotten" signifie chez les enfants "désigner celui qui y est"). Alors on y va: "Pispotte, cacahuète (décidément); ça sara pas toi, ça sara moi, moi et moi!". Si c'est pas objectif, ça!

    Photo prise hier par mon grand, qui a l'oeil!

lundi 26 juillet 2010

Souffrance - "Une canne à pêche pour mon grand-père" de Gao Xingjian


« L’eau de la rivière était limpide. J’ai pris à la main les chaussures à talon de Fangfang et mes sandales de cuir. Je lui donnais l’autre main. Elle tenait sa jupe relevée. Nous avancions à tâtons, pieds nus dans l’eau. Cela faisait longtemps que je n’avais pas marché ainsi. Même les pierres glissantes de la rivière me piquaient les pieds.
-Tu as mal ? demandai-je à Fangfang.
-J’aime ça, as-tu répondu à voix basse. Au cours de notre lune de miel, même avoir mal aux pieds était une sensation de bonheur. Et tous les malheurs du monde semblaient filer entre nos orteils. »
Gao Xingjian, « Une canne à pêche pour mon grand-père », éd. De l’Aube, 1997, p. 15-16.

"Même avoir mal aux pieds était une sensation de bonheur"...
Combien de fois ne nous sommes-nous pas interrogés sur le pourquoi de la souffrance?
Gao Xingjian nous souffle la réponse, si simple, si élémentaire, si facile et si difficile qu'elle nous échappe souvent:

quand on aime, la souffrance prend tout son sens.

Photo empruntée à Voirouregarder, Laos, avec mon admiration et ma reconnaissance.

mercredi 21 juillet 2010

Recordare


Ola de calor. Vague de chaleur. Vague? Mer de chaleur, oui! Une mer de bleu, de vert et d'ocre, vibrante torpeur où chaque pas se heurte à la masse de la pierre omniprésente. La montagne protège jalousement son trésor: l'eau exubérante, jaillissant d'une cache invisible, bondit sur la roche pour soulager toutes nos soifs. Aussi pure que les rires de nos enfants, leurs regards où se mêlent joie de vivre et ce mélange un peu complexe de naïveté et d'intériorité qui révèlent les adultes qu'ils seront demain. Ces journées de découvertes, de lectures, d'intense activité physique et de délicieuse oisiveté dorent les peaux, étirent les muscles et apaisent les esprits tourmentés après une année lourde et difficile. Le sommeil, seulement troublé par l'immobilité de la nuit trop chaude, est serein.
Le regard se détache de la montagne travaillée au burin de la nature et de l'homme pour contempler...

samedi 3 juillet 2010

Vacances



Mes amis, je vous remercie pour vos gentils messages. Je ne pars pas pour des lustres et je ne serai pas éloignée d'un clavier et d'une connexion pendant plusieurs mois... Mais les va-et-viens, les éloignements et les enfants ne me permettront pas toujours de profiter de votre présence, même si je suis de tout coeur avec vous. Je vous souhaite plein de bonnes choses et vous dis à très bientôt!

Merci à Sophie pour ces photos plus belles les unes que les autres!

lundi 28 juin 2010

Summertime - "Summertime" Ella Fitzgerald





Ça sent la fin de l'année. Les cadeaux des fêtes des mères et des pères sont derrière le dos (la bouteille que vous voyez ci-dessus m'a fait gagner le gros lot chez Kabotine, merciii Kabo et merci mon grand!), les voyages scolaires laissent d'impérissables souvenirs ainsi qu'un pot de moutarde faite main (sale?), les fêtes de fin d'année sont visualisées sur l'écran de l'ordi en attendant d'être imprimées pour la postérité, les bulletins rentrent au compte-goutte et j'espère que ces gouttes ne sont pas synonyme de larmes salées, les salades du fond du jardin poussent tant et si bien que lorsque quelqu'un a le malheur de me demander ce qu'on mange, je l'envoie faire un tour au fond dudit jardin pour m'en couper une. Moi qui adore les crudités, je n'ai plus droit aux soupirs de mon jardinier, il les a cultivées avec tant de soin qu'il ne pourrait imaginer les laisser pourrir.
Ça sent la fin de l'année et le début de l'été. L'été. Ces trois toutes petites lettres, petites mais fortes et qui claquent à l'oreille telle la gifle de chaleur qu'on reçoit à la descente de l'avion quand on quitte 18° pour débarquer dans 40° et plus. L'été et ses promesses de réjouissances, de lectures, de moments forts en famille, d'eau pure et de ressourcement, de bricolage et de jardinage, d'apéros sans fin et de discussions animées autour d'un barbecue improvisé, l'été, on le savoure parce qu'il est trop court, mais s'il était plus long on s'en lasserait, non? Vraiment non?
Ces deux mois de congé scolaire annoncent aussi quelques départs, des va-et-vient, des moments privilégiés avec les enfants, des instants où profiter des caresses languides d'un soleil sensuel sans avoir mauvaise conscience, en un mot, d'une disponibilité blogovillageoise écornée pour l'été!

Deux bons mots à emporter dans vos bagages:
Mon chenapan, qui est très bricoleur ces jours-ci:
"Mam, comment tu m'as fabriqué dans ton ventre? Tu as pris un marteau et tu as fait toc toc?"
"Mam, quand le soleil doit se coucher, comment on fait pour le décrocher?"
Il ne décroche pas la lune lui, c'est carrément le soleil!
Mes chers amis, vous serez dans mes pensées bien que mes passages chez vous et chez moi seront moins nombreux. Je vous souhaite des journées merveilleuses. Vous me manquerez.

mercredi 23 juin 2010

Aventurière



Grâce à Damien et sans doute bien malgré lui, -oups, une larme écrasée- de merveilleux souvenirs ont réveillé une enfance somnolente, enfouie dans la pénombre poussiéreuse de l'armoire du grenier de bonne-maman,cachette idéale pour une partie géante de cache-cache entre cousins et recelant des trésors insoupçonnés: cintres aux formes de sabres de croisés, robes en moire grenat, souvenirs d'un grand-oncle évêque, capes amidonnées d'un blanc immaculé servant accessoirement de nappes pour les grandes occasions, boules de naphtaline enfouies dans un fouillis de tissus oubliés  au destin inavoué de munition pour sarbacanes-maison, pièges à souris, pistolet délaissé par un cousin réputé distrait, paire d'échasse (celle qui a troué le tableau sur le palier, vous savez?) et patins à glace (ceux qui ont connus les grandes gelées de l'étang), capeline au bouton de rose dont la fragile beauté a échappé à la barbarie des cousins grâce à une âme romantique. Elle trônera longtemps sur la cheminée de sa chambre, pâle reflet de ses rêves de jeunesse...
Or donc, sortie de notre armoire à cachette et à rêveries, je me redirige vers les réminiscences évoquées par les îles lointaines. C'est que, l'aventure, ça me connaît! Mon enfance a été bercée par des aventuriers, que ce soient mes cousins, les héros de l'Ouest, la clope au bec et la femme enjuponnée aux pieds du cheval, ceux de cape et d'épée qui meurent et ressuscitent au gré des films tout en jambes et en sabres ou encore et surtout mes Robinsons suisses que par mégarde j'ai appelé hier la famille robinson, Dieu, que je me fais vieille...
Les Robinsons suisses, leur naufrage, la cabane dans les arbres, les cannibales peinturlurés, les feux de l'espoir, j'étais de leur famille. J'étais aussi la famille Tant Mieux, qui vivait son bonheur et sa liberté en roulotte, une soeur Ingalls (des livres, pas de la série télévisée qui a trahi leur mémoire),  qui défrichait la terre et le coeur de l'Amérique avec sa sueur et son sang, je me sentais et je me sens aventurière ce soir. Comme eux, je suis partie, j'ai découvert, j'ai choisi, mais si petit, si peu, si rien et pourtant si plein de ce qui fait notre bonheur aujourd'hui. Je le dis peu, mais merci à Amaury et aux enfants pour les rêves qu'ils m'apportent tous les jours, même si je ne les vois pas toujours.

lundi 21 juin 2010

Destinées



Il est question, sur le blog littéraire de Panthère, du dernier Jean-Louis Fournier et de toutes les interrogations existentielles que le sujet a pu provoquer. Le mot destin a été lâché, je m'y suis arrêtée l'espace d'un instant.
Tôt ou tard, nous sommes confrontés à des choix. Des choix petits ou grands, simples, cornéliens, raciniens ou pascaliens, qui dessinent un tracé courbe ou rectiligne, au sol de sable ou de granit, sur lequel nous poserons quotidiennement nos pas jusqu'à là-bas. Certains redoutent tant de faire le mauvais choix que, sautant pied sur l'autre, ils passent leur temps à tergiverser et ne voient pas les jours et les années filer. A rechercher ce qu'il y a de mieux ils se retrouvent les mains et le coeur vides, esseulés, amers et desséchés telles des figues trop longtemps exposées. D'autres font des choix pour de multiples raisons, toutes argumentées avec moult détails et exemples à l'appui, mais à y regarder de plus près, on se rend compte que ces raisons en masquent d'autres bien moins glorieuses. Alors leur voie se remplit de chemins de traverses, de chemins de croix à la croisée des chemins, ceux du destin tracé et de l'autre qui n'est déjà plus. Regrets ou remords les saisissent alors, las, un peu tard. Enfin, les personnes qui prennent le temps de s'ouvrir à l'expérience de leurs aînés, de savourer les idées et de les choisir pour leur individualité ou leur universalité pour ensuite progresser sans rebrousser, la tête droite, les coudes au corps,  la démarche souple et rythmée, le souffle mesuré.
On est tous un peu des trois: couards, enthousiastes et réfléchis, à certains moments de nos vie et respectant un certain équilibre, formant la personne que nous sommes aujourd'hui.
Je sais, ce billet fait un peu penser à une parabole, mais tant pis, j'en vois trop autour de moi, des personnes qui souffrent des conséquences de leurs choix mais aussi de l'absence de choix.

Photo empruntée à Dam

vendredi 18 juin 2010

Il est des personnes...


Il est des personnes qui ont une sensibilité intense.
Il est des personnes qui ont une sensibilité intense et qui, telles les roses, s'ouvrent délicatement aux autres.
Il est des personnes dont le parfum et l'arôme subtils séduisent la terre entière. Elles séduisent la terre entière et ne le savent pas; elles ne le voient pas: pas de résultats concrets, pas de chiffres, pas d'augmentation, pas de déclaration.
Elles possèdent une richesse incommensurable qui est une souffrance insondable : chaque émotion, chaque changement, chaque douleur physique ou morale est ressentie à fleur de peau, profondeur métaphysique des nervures irrationnelles de l'être trop humain.
Merci Florence.

dimanche 13 juin 2010

Ego

Levant les yeux de mon livre, je me prends à songer au Moi. L'auteur des pages qui gisent sur mes genoux tente de définir son rôle, sans réellement y parvenir. Il est difficile de parler de ce qui nous concerne directement, imaginez la difficulté de se dire.
Je me souviens. En avril, le portraitiste envoyé par mes frères et soeurs pour mes quarante ans est venu faire ma connaissance. Il cherche le bon angle, la lumière qui convient, le pli qui souligne le visage. Son regard pénétrant se pose sur moi lorsqu'il me demande tout de go:"Qui êtes-vous?"
-Qui je suis?
-Oui, qui êtes-vous? Racontez-moi.
-Oh, bien, je suis..., moi, je suis.., euh..., je euh..., ben c'est difficile de répondre à cette question.
D'habitude, j'écoute et les autres parlent: les enfants, mon mari, mes soeurs, mes collègues, les candidats, mes amis me racontent leur journée, leurs projets, leurs angoisses, leurs attentes et leur insatisfaction, leurs expériences. On me raconte ce que fait ou subit le Moi, mais on parle peu du Moi. A une exception près: lorsque la souffrance se présente, que ce soit sous forme de maladie, de séparation, de licenciement. Généralement, les personnes licenciées, le premier choc passé, ont une conversation très franche où on arrive au coeur des choses. C'est leur choix, je ne les pousse pas. Une expérience aussi douloureuse recentre la personne et l'amène à des réflexions essentielles.
Et moi, qui suis-je? Moi aussi, je raconte mes journées, je vends mon expérience, je conseille, j'oriente, je lis, je parle, je souris, j'aime, je travaille, mais qui suis-je? Qu'est-ce-qui fait mon identité? Et comment me dire? Je suis là à bafouiller, à me trémousser sur ma chaise, à essayer de fixer ce regard qui attend posément une réponse.
-Je suis celle qui écoute, je suis celle qui pose les questions, qui conseille, qui rassure mais je suis aussi très impatiente.
-Vous?
-Demandez à Amaury.
C'est donc ainsi que je me suis qualifiée: une oreille, des yeux, une bouche et des mains qui n'aiment pas mesurer. En fin de compte, rien de bien original.

Photo empruntée à Dam, sur mon chemin.

mercredi 9 juin 2010

Paroles électorales - "Paroles, paroles" Dalida & Alain Delon



On ne se sent jamais autant aimé qu'en période électorale.
Ce midi, en dépouillant le courrier, je constatais qu'on recevait les mêmes lettres et tracs directement glissés dans la boîte aux lettres, ou bien dans une enveloppe à mon nom, une autre au nom d'Amaury, une troisième adressée à Monsieur et Madame. Je n'ose imaginer ce que cet amour soudain peut engendrer comme tonnes de papier directement froissé, sur lequel pas même un regard ne se sera posé et qui gît au fond d'un carton de tri pour le papier.
Tous ces sourires à notre égard, ces regards francs, droits, bleus, marrons, verts ou noirs, cajoleurs, enjôleurs, enrôleurs, ces paroles et ces slogans, rassurants, engageants ou assénant quelques promesses attendues, paroles, paroles, paroles, comme on aimerait y croire.

samedi 5 juin 2010

de l'avant


Journée gagnante hier. Tout le mérite en revient au soleil qui a béni cette journée. Evénement pour toute l'équipe: pique-nique à la Hulpe, visite de l'expo Folon, communications de nos patrons, balade dans le domaine avec des guides-nature pour finir en beauté par un barbecue bien de chez nous. Le pique-nique malgré sa frugalité (je retiens comme une règle d'or qu'hors contexte professionnel, les personnes mangent deux fois plus: jamais plus je ne veux entendre mes collègues masculins me dire "j'ai faim". Je commanderai donc systématiquement les quantités du bureau plus un tiers) a fait l'unanimité: il faisait tout simplement bon se retrouver et se détendre sous les rayons du soleil, sans téléphone, sans client, sans dossier, mais en compagnie des collègues blagueurs et en forme. Folon a séduit la majorité. Comment en serait-il autrement? Les communications ont été assimilées très positivement: les mois passent et les esprits se tranquillisent... On atteindra bientôt l'ère du renouveau, où la nostalgie de ce qui n'est plus aura cédé la place à la construction, par tous, de la nouvelle structure. Le barbecue a rassemblé les personnes autour d'un grand rire. Mes patrons et moi-mêmes sommes rentrés sereins et confiants, malgré tout à la recherche de cet équilibre entre humanité et rentabilité qu'il est si difficile de trouver. En attendant, merci frère soleil, sans vous, je crains que la journée ne se soit déroulée un peu différemment.

Ce soir, je crois avoir fait de la peine à une personne que j'apprécie beaucoup. Est-il toujours nécessaire de dire la vérité? Malgré le fait qu'on le fasse avec toute le tact possible, on sait qu'on va blesser. Oh, comme je n'aime pas ça! Me pardonnera-t-elle d'avoir été sincère? Je ne suis pas sûre de détenir la vérité, qui serai-je pour cela? C'est d'autant plus délicat de dire ce qu'on pense... J'ai envie d'ouvrir mon parapluie et de laisser l'eau ruisseler sans réagir! En même temps, je m'en voudrais d'avoir été lâche et de n'avoir rien dit... C'est pourquoi j'ai transmis le fond de ma pensée avec toutes les conséquences que je redoute. Ojalá cette personne ne m'en voudra pas! Ojalá!

Photos prises hier avec mon portable (j'ai malheureusement oublié mon appareil photo).

mercredi 2 juin 2010

Lumière - "Le bonheur" Lokua Kanza



Je ne sais quelle mauvaise manip a supprimé le billet que j'ai écrit, mais voilà, plus le courage de recommencer ce soir, simplement un message de lumière: "Des fois le bonheur, il suffit d'une phrase, d'un mot, oui le bonheur, juste un sourire, un regard".

vendredi 28 mai 2010

Dis-moi


Dis-moi, où étais-tu? Je t'ai cherché. Tu m'emmènes avec toi? Prends-moi, loin, très loin. Emporte-moi. Marchons, courons. Main dans la main, hâtons-nous, passons la porte mystérieuse, celle qui est enluminée, tu sais? Sautons à pieds joints et passons de l'autre côté pour mieux nous envoler. Apprends-moi ce que je découvre pour la première fois, ce que je ne comprends pas. Dis-moi les choses. Les vraies. Dis-moi les choses. Les belles. J'ai soif. J'étouffe là-bas, parfois. Souvent. Montre-moi la lumière.
Mais rentrons, il est tard maintenant. Emplis de notre escapade, nous contemplerons la porte enluminée et nous nous rappellerons. Nous savons.

Photo prise par Dam, quarante ans et bourré de talent

mercredi 26 mai 2010

Dans la joie et la bonne humeur

J'ai décroché mon premier job par hasard. Rentrée de vacances, je téléphone à une amie, vous savez, une de celles que je vois ou entends une fois tous les deux ans et nous nous retrouvons comme toujours, sans masques ni barrières, une de ces rares amies qui sait les choses sans explications superflues. Elle me demande ce que je fais.
-Ben je commence à chercher du travail.
-Mais Delphine, je quitte le mien et ils souhaitent me remplacer. Si tu veux, envoie ton CV!
Quelques jours plus tard, me voilà un peu intimidée dans la salle d'attente, serrée dans un petit tailleur "professionnel", riche des conseils de papa et une vague idée de salaire en tête.
-Vous avez fait des études de Lettres, vous apprenez à rédiger des courriers, c'est ça? Me demande PC encore plus intimidé que moi (il faut dire que mon amie n'avait pas lésiné sur les compliments).
-Euh, non pas vraiment... dis-je en masquant un sourire. N'oublions pas qu'en Belgique on parle de philologie et non de Lettres, ce qui peut expliquer la méprise de mon futur Boss.
-Pourquoi vouloir travailler ici? Vous n'allez pas vous ennuyer?
-Oooh non, je vous assure, j'ai tout à apprendre.
Tu parles Charles, je suis restée 11 mois.
-Et vos connaissances en informatique?
-J'ai une bonne maîtrise des logiciels de bureau (j'utilisais l'ordinateur comme une machine à écrire et encore fallait-il m'ouvrir le programme -ne vous moquez pas, début des années nonante (souriez amis Français, c'est du belge), c'était la préhistoire des programmes grand public.)
Oui mais quand on est responsable de la communication et qu'on gère le site internet ainsi que la Newsletter et toutes les brochures commerciales et techniques, c'est un peu limite! Mettant mon orgueil en poche, je commence donc par suivre une formation d'un logiciel de PAO, généreusement offerte par mon nouvel employeur.
PC, mon patron, est le Directeur du Marketing. Sans diplôme, il a démarré comme magasinier et a très vite évolué dans cette petite structure ouverte aux suggestions. Nous partageons le même bureau. C'est l'occasion pour lui de m'enseigner le métier, de me dévoiler le marché, la concurrence, la politique des prix, la gestion des partenariats, les budgets, les enquêtes, la présence stratégique à de grandes foires, le choix d'un stand qui cadre avec notre image etc. Il aime répéter que le Marketing c'est du "gezond boereverstand" (du bon sens paysan). Il me pose beaucoup de questions concernant l'art, la musique, la philo, la religion. On collabore bien, nos discussions sont ponctuées d'éclats de rire, ce qui provoque quelques grimaces chez certains collègues très sérieux qui confondent bonne humeur et manque d'efficacité. Très vite, on nous appelle le Club Med, ce que nous avons fini par revendiquer sans honte, les résultats étant bien là! Filiale d'une boîte française leader sur le marché, on ne regarde pas trop à la dépense; il faut être des pionniers, des précurseurs inventifs, tant pis pour le prix à payer. Je me rappelle ces milliers de brochures que nous avons jetées parce que j'y ai laissé une faute d'orthographe (elle avait échappé à l'oeil vigilant du comité de lecture que nous avions eu la prudence de mettre en place), ces gadgets que je commande quand je suis fatiguée de travailler au catalogue en ligne, les cadeaux qui pleuvent et que je redistribue à mes frères et soeurs... Je me rappelle le comptable si réticent à me prêter sa voiture de société pour que je puisse me rendre chez l'imprimeur.
-Je t'assure que je vais faire super attention, malgré mon permis provisoire, je suis très prudente.
Et ma honte lorsqu'une demi-heure plus tard, tremblante, j'ai dû appeler TDL pour qu'il vienne remorquer la voiture que j'ai explosée contre un 4X4.
Onze mois plus tard, un professeur Espagnol rencontré par hasard m'a proposé de faire un travail de recherche dans son équipe. J'ai tout planté là : PC, l'ordinateur, le catalogue, le site, les brochures et les gadgets et suis partie à l'aventure, sans regrets, si ce n'est celui de quitter de manière aussi ingrate une société qui m'a tout appris.
Quelques années plus tard, apprenant que j'étais de retour au pays, ils m'ont recontactée pour un autre job. Émue, j'ai refusé. La boîte a changé, PC l'a quittée pour travailler dans un secteur différent, TDL y est revenu après avoir été infidèle pendant quelques années, des couples se sont faits et défaits dans son ombre, les vétérans y sont toujours...

Photo: Chenapan croquant la vie à pleine dent mai 2010