samedi 31 décembre 2011

Je me promène sur la lune... Peter Cincotti "On the moon"



Il y a deux jours, mon doigt était posé sur la touche delete, envie d'effacer ce blog et son histoire, de passer à autre chose... et puis je me suis rappelée de vous, de vos passages, de vos messages plus gentils et encourageants les uns que les autres.. et je me suis ravisée, momentanément.

Merci d'être là, dans l'ombre, merci de t'être rappelé demain, cher PB, merci Math pour ta discrète présence, merci vous tous, Cel, Colo, Edmée, Armelle, Coumarine, Jacques, Damien, Alain, Hutte, Ella, Tania, Marie-Mad, Flo et Florence, Dam, Man, FD, Myo, MS, Accent, Sara, zénondelle, Kabotine, Epi, Marie-Camille et tous ceux que je ne nomme pas mais qui contribuent à alimenter et enrichir ces pages. Merci de me faire rêver et rire et regarder et lire autrement.

Je suis un peu absente parfois, c'est sans doute que je me promène sur la lune...

Je vous souhaite à tous de douces journées, des moments paisibles et des éclats de rire, de belles découvertes, des rencontres enrichissantes, des parfums enivrants, des saveurs nouvelles, des regards chargés de tendresse... je vous souhaite de trouver le bonheur là où il est... en vous.

vendredi 23 décembre 2011

Noël des enfants



Ces "silhouettes" de nos trois sont réalisées par Emilie. N'hésitez pas à passer chez elle,
Elle fait des merveilles:

 Notre Grand, Pitchounette et Chenapan vous souhaitent une fête de Noël douce et emplie d'espérance avec une pensée toute particulière pour certains d'entre vous et de mes proches pour qui ce n'est pas une fête très heureuse...


Pour vous, cette crêche universelle dessinée par ma nièce Victoria (premier prix de l'école.)
Pour vous également ce "Noël des enfants du monde" chanté par notre fille et sa classe (cette version-ci n'est pas la leur mais elle est tout aussi belle.)

mercredi 14 décembre 2011

L'insoutenable folie de l'être



Comment partager de tendres moments avec vous quand on ne comprend plus rien? Comment rire lorsque le poids de la misère humaine devient insoutenable? Comment se réjouir alors que les familles pleurent leurs morts et leurs blessés, que les enfants écorchés, blessés à l'âme et au corps, ont vu de leurs yeux vu la folie en action? Que des ados fêtant la fin des examens ont été la cible d'un "sociopathe" ? Comment ce sociopathe court-il dans les rues illuminées, des armes pleins les mains et les poches? Pourquoi est-il si connu de nos services de police? Pourquoi Florence, et Utoeya et Colombine et toutes ces autres scènes de tragédies qu'on ne pourrait imaginer ni au théâtre, ni au cinéma, ni dans les livres tant elles sont innommables, mais qu'on retrouve chez soi? Pourquoi une folie si meurtrière? Parce que la personne est blessée, meurtrie, abîmée, humiliée? Je ne sais pas. J'ai connu une petite vieille à qui de temps à autre je rendais visite et qui revivait son mariage heure après heure. Elle m'entraînait alors dans une valse en chantonnant et en riant, les yeux tournés vers le ciel... La folie peut aussi être belle et heureuse, c'est peut-être elle qui nous sauvera.

mercredi 7 décembre 2011

Une famille formidable


La journée a vraiment mal démarré. Dès le saut du lit, dès les premières minutes. Pour commencer, j'oublie d'ôter l'alarme. On peut dire qu'on est réveillé après ça! Ensuite, je suis à peine sous la douche que les enfants défilent en tambourinant à la porte, l'un pour que je boutonne un pantalon rétif, l'autre pour que je lui fasse une coiffure particulière, le troisième pour demander s'il y a encore du dentifrice en stock. Je déteeeste qu'on me dérange pendant les cinq minutes où je suis sous la douche. Laissez-moi cinq minutes, juste cinq, le temps d'une douche, pas plus, c'est tout ce que je vous demande. Au moment d'entrer dans la voiture, dispute pour les deux places qui ont la cote: le siège passager et celui du coffre. Mon petit monde enfin casé, discussions et cris parce que ma Pitchounette a décidé d'agacer son frère en mettant la ventilation au maximum. Malgré les demandes gentilles puis de plus en plus énervées de mon Chenapan (comprenez ses hurlements) elle fait la sourde oreille. Mon sang ne fait qu'un tour: ça fait des semaines que ce cirque dure, je suis restée calme jusqu'ici, mais je ne sais pourquoi, sans doute parce que la journée a vraiment mal commencé, je me fâche. Enfin, je vous dis que je me fâche... pour être sincère, j'explose, usée par ces disputes constantes et ces cris perçants... Malgré tout, elle continue et ergote comme elle seule sait le faire. Ma fille se prend deux claques et tout en roulant tant bien que mal, je lui balance des mots durs qui traduisent mon trop-plein d'énervement. Malheureusement, je me suis coincé la nuque en me retournant. Mon grand largué devant son école, j'ai honte de m'être emportée de la sorte, je regrette mes vociférations, les mots blessants, les larmes qui coulent lentement sur les joues de ma fille. Je le lui raconte et me concentre sur son chagrin et sur mes limites de maman lorsque je vois un tram arriver droit sur moi! Je freine comme je peux, patine sur les rails opposés pour m'arrêter à... trois centimètres du monstre. Pfouit! C'était moins une! Arrivés à l'école, nous nous serrons dans les bras. Je lui propose de tout effacer et de recommencer la journée.
Nous nous quittons rassérénées.
File de gauche ou file de droite? Je choisis bien sûr celle qui n'avance pas! Et puis j'ai le soleil dans les yeux et je n'ai évidemment pas pris mes lunettes de soleil. Arrivée dans la grande surface, je suis totalement en manque d'imagination et ne remplit qu'un demi caddy...
Il y a des jours comme ça... Et si je recommençais ma journée moi aussi?

Je déclenche l'alarme par inadvertance mais j'arrive juste à temps pour l'arrêter. Alors que je suis sous la douche, les enfants se manifestent pour me dire bonjour! Je trouve immédiatement mes clés, mes trois arrivent à trouver un accord pour les places dans la voiture mais ne s'entendent pas sur la puissance de la ventilation. Je m'énerve trop mais cela me permet d'avoir une conversation profonde avec ma fille, de celles qui vont à l'essentiel. Distraite par notre discussion, j'ai failli m'emplafonner contre un tram mais ai eu une chance extraordinaire: les roues de la voiture se sont arrêtées à trois centimètres du monstre.
En route vers la grande surface, je m'aperçois qu'il y a du soleil, bonheur! Et j'en ressors avec une note bien moins élevée que d'habitude.
Décidément, les journées sont belles et les enfants des amours.

lundi 28 novembre 2011

Chenapan



Chenapan la semaine dernière,
faisant une blague au photographe
  Notre Chenapan est malade. Encore? Ben oui. Rien de grave, de la fièvre et encore de la fièvre, les yeux larmoyants, le front brûlant, les joues creusées, les amygdales de la grosseur d'un ballon de football selon l'intéressé, le sourire toujours délicieusement, tendrement présent. Rien de grave si ce n'est que ce samedi, il devait se transformer en dauphin pour guider tous les petits poissons vers la croisière qui conduit à Saint Nicolas, le vrai, celui qui n'est pas déguisé, celui de l'hôpital pour qui tous les enfants malades ainsi que le corps médical, professeurs compris, préparent un mégaspectacle qui amusera le vieux Saint. Malheureusement, la fièvre n'est pas admise à cet étage de l'hôpital: elle est dangereuse pour les enfants qui se promènent trop souvent avec des masques, des casquettes ou des foulards.
Effondré de chagrin, les petits bras de Chenapan m'enserrent la taille tandis que son visage plonge dans mon chemisier. Ses larmes une à une traversent le soyeux tissu pour se mêler à ma peau, celle de ce ventre qui l'a porté pendant de longs mois, qui s'est tendue à l'extrême pour ensuite le recevoir tel une offrande d'amour. Mon tout petit, mon grand, mon moi, j'aimerais tant prendre ton chagrin comme je t'ai porté jadis, effacer ta douleur alors que j'essuie tes larmes et que je passe mes doigts dans tes cheveux et sur tes joues inondées de tristesse.
Heureusement son père adoucira son chagrin, lui qui, absent l'année dernière, a refusé une activité pour son petit. Il partira seul,  filmera le spectacle et parlera à Saint Nicolas, lui racontant comme il est courageux et coquin, aimant et colérique, généreux, tellement généreux...

lundi 21 novembre 2011

Voix et Instrument "Vocalise" de Rachmaninoff interprété par Natalie Dessay et Joshua Bell

Pour Coumarine, qui est aussi descendue dans le métro.


La voix ou l'instrument,  votre coeur penche-t-il pour l'un ou pour l'autre?
Il faut savoir que ces "vocalise" de Rachmaninov ont été adaptées à de nombreuses reprises pour divers instruments: guitare, clarinette, saxo, trompette, accordéon...
J’ai délibérément choisi les deux versions qui me touchent le plus. Il y en a des dizaines d’autres. Cela me ferait plaisir que vous les écoutiez et me donniez votre avis.

Saviez-vous que Joshua Bell avait joué dans le métro avec un Stradivarius ? Savez-vous combien de personnes se sont arrêtées ? Sept ! Ah, c’était dans le métro new-yorkais ? Bien sûr ! Chez nous ça n’arriverait pas !



et bien, on a fait, par la suite, la même expérience dans le métro parisien, jugez par vous-même…




PS : entre la version de Joshua Bell et celle de Natalie Dessay, je ne me prononce pas. J’aime autant l’une que l’autre, celle qui me transporte aux frontières du ciel et l’autre qui me conduit au cœur de ma mélancolie…

mercredi 16 novembre 2011

voyage dans le temps


Petit Bonhomme, emprunté à voir ou regarder.
Un peu silencieuse ces temps-ci, il est vrai. Mais sur la pointe des pieds, je passe de l'un à l'autre, tantôt souriante, tantôt inquiète, parfois heureuse, d'autres fois soucieuse. Pardonnez ma discrétion pourtant très présente.
Je voyage beaucoup ces dernières semaines: ailleurs, passant de l'île du passé à l'oasis à venir, faisant escale au détroit d'Anian. Comprenez que le décalage intertemporel se fait sentir. J'y reviendrai certainement, en attendant, comment ne pas évoquer ces vers qui m'accompagnent depuis de longues années?

Time present and time past
Are both perhaps present in time future
And time future contained in time past.(...)
What might have been and what has been
Point to one end, which is always present. (...)
Go, said the bird, for the leaves were full of children,
Hidden excitedly, containing laughter.
Go, go, go, said the bird: human kind
Cannot bear very much reality.
Time past and time future
What might have been and what has been
Point to one end, which is always present.

(T.S. Eliot, four quartets, Burnt Norton, I)

dimanche 6 novembre 2011

Berlin, U2 "one"











Berlin? Ah oui, vous me demandez comment j'ai trouvé Berlin? Ce voyage était indirectement patronné par U2 qui fêtait le vingtième anniversaire de son album "Achtung Baby". L'hôtel correspondait à l'image qu'on s'en était faite, totalement déjanté, fréquenté par des artistes et par...nous, artistes en herbe.
Berlin Est est malheureusement encore lugubre, les anciennes façades repeintes sont... plates, les nouvelles sont.. modernes, les bâtiments historiques sont.. prussiens, lourds et imposants, la porte de Brandebourg est ... petite, les bobos sont... âgés, et le mur est omniprésent.
Mais nous sommes tombés sous le charme des Ampelmann, ces petits bonshommes de l'Est qui règlent la circulation et dont la singularité s'est imposée à l'Ouest, de cet aigle aux cadenas d'amour, surplombant certainement un nouveau pont des soupirs, et enfin, nous avons été impressionnés par cette manif plus vraie que nature et saisie au hasard d'une balade organisée.

lundi 17 octobre 2011

Under control



Berlin, ville grise et froide, ville reconstruite, illuminée, monuments, hôtel déjanté, mur à vélo, encore des visites, studio d'enregistrement et team building (je sais, Alain, tu n'y crois pas, il faudrait qu'on en parle un jour de vive-voix) et chanson in the pocket. Voici en très résumé le programme de cette année. Une collègue et moi parlions de notre organisation pratique: elle hésitait à rentrer chez elle avant d'aller à l'aéroport. Pour faire sa valise? "Tu plaisantes?" me lance-t-elle indignée. "Au plus tard la veille! Je suis hypeeer-organisée. Le frigo sera rempli, les filles et mon mari briefés, rien ne sera laissé au hasard, bref, j'aime que tout soit sous contrôle." Blanc. Je lui ai répondu que je faisais confiance à mon mari et à mes enfants. "En fait, c'est peut-être pour ça que j'ai eu mon burn-out", ajoute-t-elle songeuse.
J'ai repensé à cet échange. J'ai dû apprendre à accepter le risque de savoir mes poussins à table à 14H00 voire plus tard, à trouver la maison dans un ordre différent du mien, à découvrir les plats qui "trempent", à lâcher prise, tout simplement. Et je m'en porte plutôt très bien. Lâcher prise? Mais oui, à chaque instant, accepter que je ne maîtrise pas tout et que je ne sois pas l'unique référent, faire tout ce qui est en mon pouvoir pour arriver aux objectifs que nous nous sommes fixés et puis... et surtout... faire confiance. Il y a toujours des éléments indépendants de notre volonté qui échapperont à notre contrôle, la maladie, l'économie, les dictats de nos politiciens, l'amour, la mort, l'injustice, l'intervention de tiers, les accidents mécaniques, la différence... Alors, à un moment donné, lorsqu'on s'est indigné, lorsqu'on a tout donné, il faut savoir lâcher prise. Faire confiance? En qui? En quoi? N'est-ce-pas la grande question? Celle qui nous occupera toute notre vie et vers laquelle chacun de nos gestes se dirige? Croire qu'il existe une Harmonie Suprême, une Lumière qui nous éblouira un jour, si nous tendons vers Elle malgré les malgrés, c'est une chance, c'est un cadeau qui apporte dès aujourd'hui paix et sérénité et surtout, un sens à toutes nos souffrances et incompréhensions.

mardi 4 octobre 2011

le petit (chat) hamster est mort




Le petit chat hamster est mort. Le hamster de notre Pitchounette.

Je fais réciter les leçons de l'un et l'autre grand tout en m'occupant de Chenapan malade. La cage de Spi semble bien silencieuse, encore davantage que ces derniers temps. C'est que Spi se traîne et trimballe plusieurs tumeurs. Ses apparitions se font plus brèves, son appétit se réduit comme peau de chagrin, ses pirouettes font partie d'un passé qui semble déjà lointain. Nous l'avons emmené chez le vétérinaire bien sûr,  davantage par amour pour notre fille que pour cette souris pourtant bien attachante. Nous pensions la faire piquer mais la vétérinaire a refusé, arguant que la petite bête pouvait encore vivre plusieurs semaines ou plusieurs mois. Elle a proposé de l'opérer, mais cela n'aurait servi qu'à prolonger ses souffrances. Nous sommes donc rentrés penauds et pas très avancés. Impuissants, nous avons alors assisté à sa longue agonie jusqu'à aujourd'hui où, inquiète, j'ai encouragé Pitchounette à s'en occuper et à changer son eau. Ce silence est différent des autres jours. Il dort souvent dans sa maison... Aujourd'hui, c'est autre chose. J'éprouve une réelle inquiétude et un grand malaise. Est-ce que ça se pressent, la mort?
La voilà en larmes dans mes bras. Il gît dans sa maison, roulé en boule. Il est dur. Il est froid. "Au moins, il est mort d'une belle mort, dans son sommeil et sans souffrir" la console notre Grand, philosophe en herbe. Chenapan lui donne son poisson rouge pour la réconforter. Elle refuse bien sûr. Il lui propose de choisir un oiseau qui meurt et renaît toujours. "Ca n'existe que dans Harry Potter, c'est un phénix", lui rétorque-t-elle... Alors il la console autrement, lui disant que quand elle sera morte, elle le reverra...
 Demain nous allons l'enterrer dans le jardin. C'est moche. On s'attache toujours. ces petits êtres insignifiants peuplent et colorent nos journées sans que nous nous en rendions compte et finissent par en faire partie intégrante. Leur départ génère un grand vide. Vous vous moquez?
Pitchounette le remplacera sans doute par un de ses cousins ou qui sait, par une bête à plume...

mercredi 28 septembre 2011

Commentaires, Louis, Adèle "Someone like you"

Titre "Commentaires" catalogué dans la rubrique insolite. Surprenant, c'est le moins qu'on puisse dire. Je ne sais si vous êtes dans la même galère que moi, mais il m'est impossible de laisser un commentaire en bas de page de vos messages (les pop-up semblent fonctionner, par contre), encore moins chez moi, c'est un comble! Vous m'en voyez désolée. Espérons seulement que la toile acceptera de libérer ce billet insignifiant afin qu'il s'envole jusqu'à vous.
Alors, afin de prendre notre mal en patience, je vous propose quelques trésors disparates, une rencontre surprenante en bas de chez nous, et puis, bien sûr, un peu de musique, como no!


en passant, dans notre belle avenue....


lundi 26 septembre 2011

Envol



Laissons-nous donc emporter par cette confiante envolée qui révèle que l'homme est capable du pire, mais du meilleur aussi...

lundi 19 septembre 2011

Cercles concentriques

photo empruntée à Michel Corboz
Epuisante rentrée harassante et ce rhume et cette toux qui n'en finissent pas. Mais ça y est, les livres et cahiers sont recouverts, les enfants bien intégrés, les activités recommencées et les vitamines achetées. On aborde sereinement les semaines à venir tout en se préoccupant des inscriptions de l'année prochaine. C'est que depuis quelques années, on a tout compliqué et qu'on n'est jamais certain d'avoir l'école de son choix. Mixité sociale oblige. Mais bon, on ne va pas polémiquer là-dessus, quand on refuse de faire de la politique, on n'a qu'à s'en prendre à soi-même...
Pourquoi tous ces gens perdent-ils leur énergie à doubler, faire des queues de poisson, claxonner, invectiver, injurier, faire des gestes obscènes? Pourquoi ces appels de phares? Leur agressivité est contagieuse et se propage en anneaux concentriques. Mais elle ne m'atteindra pas. J'ai pris la ferme résolution de ne pas me prendre la tête et de profiter de ces moments de lente progression pour faire le plein d'énergie et démarrer positivement la journée. A la différence de certains internautes qui faisaient part de leur besoin de vide, moi, j'ai besoin de me remplir. Me remplir de sourires, de je t'aime, de lumière, de tendresse, de courage pour aborder les moments difficiles de la journée, pour supporter la fatigue et les mauvaises nuits sans en faire subir les conséquences à mon entourage, et puis envoyer une pensée, une prière pour telle personne aimée, confier une préoccupation, déposer un fardeau trop lourd, me délester pour me remplir autrement. Dans la voiture voisine de la mienne, une jeune femme observe coquettement son image dans le rétro et rit, le rose aux joues, en croisant mon sourire amusé. On me fait des appels de phares pour me laisser passer: regard reconnaissant, geste de remerciement, deux coeurs un peu plus légers, deux personnes un peu plus humaines, des enfants saluent les automobilistes, comptant sans doute le nombre de conducteurs qui leur répondent, un homme chantonne au rythme de la chanson que j'écoute, nous rions en même temps, sans doute écoutons-nous la même fréquence, ça crée des liens, des cercles concentriques qui se répandront bien plus loin, bien plus généreusement que les autres.

samedi 10 septembre 2011

These days et "you belong to the city" Glenn Frey



Hier, Bruxelles sentait l'huile d'olive frelatée. J'ai d'abord cru que c'était la proximité de ce restaurant que je longeais, puis j'ai fait un saut chez le médecin et le pharmacien pour l'un des miens, rien de grave rassurez-vous, l'ai reconduit à l'école et où que j'allais, l'odeur d'huile d'olive frelatée persistait. On se serait cru dans un souk marocain, ce que m'ont confirmé des amis très chers chez qui nous avons dîné le soir. Je n'aime pas trop ça. Je ne puis croire que les embouteillages inhabituels joints à la pluie persistante en soient seuls la cause.
Aujourd'hui, nous sommes repassés de l'automne à l'été, avons troqué gabardine et boots contre top et jupette, il fait 29°. Il fait très chaud, très moite, fameusement lourd. Mais je ne me plains pas. J'aime la chaleur, qu'elle caresse ma peau ou s'y colle peu importe, quand elle est là, je me sens vivante.
Cet été, j'avoue cependant que j'ai dû abdiquer. Tous les espagnols se plaignaient de la vague de chaleur qui nous assaillait. Les 40° étaient devenus habituels. Les éventails heurtaient en rythme le large poitrail de ces dames, les chapeaux s'agitaient devant ces messieurs tandis que je riais, heureuse. Cependant, à aucun moment de ces canicules, je ne suis arrivée à faire plus de quelques centaines de mètres sans souffler comme un cachalot (c'est bien l'expression?).
L'orage est en train de péter alors que je tapote en vitesse ces lignes insignifiantes. Il fait 29° et nous avons ramassé une brouette entière de noix plus mûres les unes que les autres, vous trouvez ça normal? Chenapan, qui ne fait rien à moitié, les cheveux collés aux tempes, ressemblait à une écrevisse trop cuite. Fier comme Artaban, il brandissant la deuxième dent arrachée par sa soeur et s'amusait à attraper les araignées, même pas peur.
Il fait nuit, les enfants dorment paisiblement, le chien quémande une caresse, son maître tarde à rentrer, l'orage semble contourner la maison mais les éclairs cèdent la place au tonnerre, il fait toujours aussi lourd, la musique rythme ces mots fatigués, je pense à tous mes proches, parents, frères et soeurs, amis réels et virtuels, tous si présents, si chers, certains très particulièrement ces jours-ci, je crois bien que je vais vous dire bonsoir, à bientôt, à demain peut-être, à plus tard sans doute.

PS et non, j'espère bien ne pas belong to the city à vie; d'ailleurs, nous cherchons à quitter l'air nauséabond d'huile d'olive frelatée, si vous avez une maison à proposer dans un environnement fleuri et odorant, you never know...

mercredi 7 septembre 2011

Ces presque rien


Les journées sont faites de presque rien qui mis bout à bout forment une chaîne étincelante où se reflète un je ne sais quoi de merveilleux.
La rentrée a été attendue avec des bonds d'impatience, les cahiers sont recouverts d'enthousiasme, la petite souris a fait un saut jusqu'à l'oreiller de notre grand petit chenapan, ma messagerie regorge d'heureuses nouvelles et la boîte aux lettres s'ouvre sur les colis commandés tant espérés. Le soleil lui-même fait de moins brèves apparitions pour réchauffer nos maisons et nos jardins suffisamment maltraités. Nous profitons encore des produits de notre petit potager, comblés de croquer salades, tomates et carottes maison.  Les activités des enfants ont été mûrement réfléchies et doucement prennent la forme d'une heureuse continuité. Une sereine effervescence règne entre nos murs, bercée de douces mélodies mais ponctuée de quelques crises au retour de l'école, notre grand petit dernier s'étant tellement dépensé qu'il nous revient épuisé... Et puis, de nouveaux projets se dessinent qui emplissent d'espérance, que ce soient des projets professionnels pour lui, extra-professionnels pour moi ou pour la famille. Des presque rien, un sourire, un regard qui brille, une note d'espoir, une phrase que l'on chantonne, ce je ne sais quoi qui appelle la reconnaissance.

lundi 22 août 2011

escapade et expérience




photos prises par delphine, delphine et delphine. Sans doute de piètre qualité, mais j'aime ce qu'elles dégagent...
 Nous avons fait une escapade avec les enfants le week-end du 15 août. Le romantisme des photos ne vous guide-t-il pas sur notre destination? Vraiment?
Si je vous dis Byron... Ah, ça y est! Vous avez saisi. Nous sommes partis en Ferry, histoire de faire rêver les plus jeunes. Balades pas trop loin de Douvres, afin de ne pas perdre un temps précieux en voiture. Sandwich, Canterbury, Leeds, Hastings et Rye ont été de belles découvertes. Si vous demandez aux enfants ce qu'ils ont retenu de leur escapade, ils vous répondront: le bateau, les pirates (tunnels des contrebandiers d'Hastings) et le porridge. Et enfin Colin, le charmant maître d'hôtel qui les a de suite adopté.
J'ai fait une petite expérience sur le chemin de retour de Leeds; je n'en ai pas encore tiré de conclusion définitive.
Nous avons eu la bonne idée de visiter ce château de rêve le matin. Bien nous en a pris: au moment de partir, nous avons croisé des bus entiers qui déversaient des centaines de passagers marqués du logo de Cambridge (sans doute l'université d'été). Le long sentier reliant les parkings au château devait bien faire 3 m de large. Nous avancions, trois de face entrant dans la propriété, un de front se dirigeant vers la sortie. Nous étions de front. Les trois de face occupaient respectivement 2,80m du sentier, les enfants et moi-même avancions en file indienne sur les 20 cm restants. Chaque fois que nous croisions une brochette d'arrivants, nous descendions du sentier pour faire quelques pas dans l'herbe.
Je me suis demandé ce qu'il se passerait si je restais sur mes 20 cm de sentier sans m'écarter. J'ai essayé. J'ai commencé à heurter épaule après épaule, sans discontinuer. Personne ne bougeait ni ne se retournait pour s'excuser. Je marchais, le regard baissé, le pas décidé et bing et bang que je te heurte et te cogne. Pour finir, comme je ne voyais aucun changement dans le comportement de mes vis-à-vis, j'ai recommencé à descendre du sentier dont j'occupais 20 malheureux centimètres pour céder ma place aux autres. Je ressentais de l'amertume envers la condition humaine entière, si symptomatiquement animale. 
Leur comportement s'explique-t-il par le fait qu'ils se sentent plus forts, à trois de front? Ou est-ce le signe que l'indifférence suprême liée à l'individualisme dont notre époque est stigmatisée? Je n'ai pas encore la réponse... Si vous pouviez m'aider, je vous en serais reconnaissante, j'avoue être un peu perdue par rapport à une attitude qui me semble si peu humaine...

vendredi 19 août 2011

Confidences... (variante 2)


Confidences surprises sur mon chemin..
 Mon enfant, mon cher enfant, ce que j'ai à te dire n'est pas facile à exprimer, mais mon rôle de mère m'oblige à tenir ces propos. Si tu savais comme je t'aime! Mon amour pour toi m'a toujours encouragée à prendre ta défense, quelles que soient tes faiblesses et tes agissements. J'ai affronté le courroux de ton père, j'ai essuyé le venin des harpies du village, j'ai vendu des bijoux que je tenais de ma propre mère afin de payer tes dettes de jeu. Mais il y a une chose que je ne puis tolérer, c'est que tu entaches la réputation d'une jeune fille. Alors, agis en conséquences, ou tu ne pourras plus compter sur mon soutien.

Confidences... (variante)

Confidences surprises sur mon chemin...
Pardonnez ma tenue, Madame. C'est miracle si j'ai pu échapper aux rebelles. Voyez, il ne me reste qu'un drap pour me vêtir. Si je viens vers vous sans même prendre le temps d'endosser une tenue décente, c'est, Madame, afin de vous dire que votre fils bien-aimé, mon ami, est un héros. Sans lui, je ne serais pas à vos côtés. Je serais sans doute allongé dans une quelconque rigole charriant eau souillée, larmes salées et sang versé.
Madame, ce que j'ai à vous dire... ce que je dois vous transmettre...
Tremblez! pleurez! Les mots ne peuvent franchir le seuil de mes lèvres raidies par la souffrance.  Mais vous savez, n'est-ce-pas? Alors unissons nos peines et portons sa mémoire avec dignité.

Confidences

Confidences surprises en chemin...

Séchez donc vos larmes, ma Mie, ma Douce, mon Ame. Nous n'avons rien à nous reprocher. Rien ne sert de battre sa coulpe; calmez-vous, ma Vie, votre pouls, cheval affolé, s'emballe. Rentrez donc ces soupirs, rangez cette mèche folle qui éteint votre regard. Votre main tremble, permettez que j'y pose mes lèvres, que je vous réchauffe encore une fois. Allons-nous-en, quittons la ville, les devoirs corsetés, les rumeurs et les humeurs de votre père. Le monde nous tend les bras, courons vers la lumière.

mardi 16 août 2011

A quoi bon...

A quoi bon raconter les souvenirs qui me hantent, l'émotion qui m'étreint avec tant de force que j'étouffe parfois, les joies qui me font pleurer et les peines qui me dessèchent, les parfums qui tournoient et les couleurs qui chantent -les entendez-vous ?
Avant, les billets se bousculaient dans ma tête, n'attendant que le bon vouloir de mes dix doigts pour prendre forme. Leurs sujets étaient souvent insignifiants, émanant du quotidien, le mien. Mais ils étaient un lien, sans doute ténu, entre vous et moi. Ils nous ont permis de nous apprivoiser, de nous découvrir sous différentes facettes, pour finir par nous connaître mieux que nous ne connaissons certains de nos proches.
J'ai eu la chance de rencontrer quelques amis blogueurs, toutes d'agréables surprises.
"Tu devais avoir cette voix-là", me dit Célestine en franchissant le pas de notre porte. Cela m'a fait sourire. Les mots seraient-ils les messagers de notre voix?
Alors, pour ça, pour maintenir le fil et le consolider, pour lire votre voix et entendre battre votre coeur, j'ai décidé de continuer à publier quelques petits riens, encore et encore...

mercredi 3 août 2011

Lectures: "Murambi, le livre des ossements" Boubacar Boris Diop et "Une enfance africaine" de Stéphanie Zweig

photo trouvée quelque part sur la toile

Les vacances sont synonymes de repos, de découvertes, de parfums inédits, de saveurs nouvelles, de lectures. Comme je m'en voulais de n'avoir pas pris le temps de préparer celles-ci! Je fis donc confiance au présentoir de la bibliothèque. Ce furent de bonnes surprises.
Le roman d'Antonio Munoz Molina me tomba cependant assez rapidement des mains, tant je ressentais de frustration à le lire dans sa traduction.
Siri Hustvedt, avec "tout ce que j'aimais" est resté en attente.

J'ouvris "Murambi, le livre des ossements" de Boubacar Boris Diop pour ne plus le refermer. J'ai cependant été tentée de le laisser à plusieurs reprises, tant certains passages en étaient éprouvants. Ils l'étaient davantage par l'évocation que par la description. Évocations chantées, criées, marmonnées par ces victimes du génocide rwandais, toutes blessées dans leur chair, dans leur coeur, dans leur intelligence ou dans leur âme. Mais en filigrane on décèle une étincelle d'espoir, résumée par un sage du livre des ossements:

"C'est bien de se rappeler certaines choses. Cela aide parfois à trouver son chemin dans la vie. (...) On sait quelles épreuves il a fallu surmonter pour mériter de vivre. On sait d'où on vient."
Et l'auteur dans sa post-face:

"Le devoir de mémoire est avant tout une façon d'opposer un projet de vie au projet d'anéantissement des génocidaires et le romancier y a son mot à dire."
J'ai continué à parcourir les chaudes terres africaines en compagnie de Regina Redlich. Regina est une enfant juive allemande, contrainte de fuir cet autre génocide. refugiée au Kenya avec ses parents, elle évoque son attachement à cette terre d'accueil qu'elle aura immédiatement dans la peau. De la première page à la dernière, l'auteure de cette autobiographie nous entraîne dans une ronde d'images et de métaphores plus savoureuses les unes que les autres, nous plongeant au coeur de l'âme africaine. ce livre est un chant, un chant d'amour où la vie est magie et sagesse tout ensemble.

"Une enfance africaine" de Stépahie Zweig

"-Tu me donnes ton manteau, Bwana?
-Ce n'est pas un manteau, c'est une robe. Un homme comme toi doit porter une robe.
Owuor essaya aussitôt de prononcer le mot nouveau. Comme il ne venait pas de la langue des Jaluo et que ce n'était pas non plus un mot swahili, sa bouche et sa gorge éprouvèrent de grosses difficultés. La memsahib et l'enfant se mirent à rire. Rummler ouvrit lui aussi une large gueule, mais le bwana qui avait envoyé ses yeux en safari était comme un arbre trop petit encore pour abreuver sa cime à la fraîcheur de vent.
-Robe, dit le bwana, il faut répéter le mot souvent et tu sauras le prononcer aussi bien que moi.
(...)-Owuor, c'était ma ma robe avant que je devienne un bwana. Je portais la robe à mon travail.
-Robe, répéta Owuor, heureux que le bwana ait enfin compris qu'il fallait dire deux fois les mots agréables."

"Quand le bwana parlait de la guerre, il parlait aussi toujours de son père. Alors, il ne regardait jamais Kimani; il tournait ses yeux vers la haute montagne, mais il ne voyait ni le sommet, ni la neige. Il parlait avec la voix d'un enfant impatient qui veut avoir la lune le jour et le soleil la nuit, et il disait:
-Mon père meurt.
Ces paroles étaient aussi familières à Kimani que son propre nom et, même s'il se donnait beaucoup de temps avant d'ouvrir la bouche, il savait ce qu'il avait à dire. Il demandait:
-Ton père veut mourir?
-Non, il ne veut pas mourir.
-Un homme ne peut pas mourir s'il ne le veut pas, répondait Kimani à chaque fois.
Au début, il avait montré ses dents en parlant, comme il le faisait toujours quand il était heureux; pourtant, avec le temps, il avait pris l'habitude de faire sortir un soupir de sa poitrine. Ça le tracassait que son bwana, un homme qui savait tant de choses, ne soit pas assez intelligent pour comprendre que la vie et la mort n'étaient pas l'affaire des humains, mais seulement celle du puissant dieu Mungo.
Plus encore que les journaux, avec leurs images de maisons détruites et d'hommes morts, il voulait que son bwana lui montre des lettres. A l'arrivée du bwana à la ferme, il croyait qu'une lettre était semblable à une autre lettre. Maintenant, il n'était plus aussi bête. Elles n'étaient pas comme deux frères sortant ensemble du ventre de leur mère. Les lettres étaient comme des hommes, jamais pareilles.
Ça dépendait des timbres. Une lettre qui n'en avait pas n'était qu'un morceau de papier et ne pouvait pas partir en safari, même un tout petit. Un timbre seul, avec l'image d'un homme aux cheveux clairs et au visage de femme, parlait d'un voyage que l'on pouvait faire avec ses pieds. C'était le genre de lettres que Kimani rapportait souvent de la duka de Patel. Elles venaient de Gilgil et c'étaient les lettres du bwana qui faisait danser son gros ventre quand il riait et qui avait une memsahib qui chantait mieux qu'un oiseau. (...)
Kimani savait qui avait écrit la lettre avant que le bwana le lui dise. Les yeux de son bwana brillaient comme de jeunes fleurs de lin quand les lettres étaient de la petite memsahib et sa peau ne sentait jamais la peur. (...) Et il y avait un timbre qui, à lui seul, était capable, plus que tous les autres ensemble, de mettre le bwana en feu. (...) Kimani aimait regarder longuement ce dernier timbre. L'homme paraissait vouloir parler et avoir une voix capable de rebondir avec force contre la montagne. Dès que le bwana apercevait ce timbre, ses yeux devenaient des trous profonds et il devenait aussi raide qu'un homme qui a oublié comment on se défend et qui se retrouve en face d'un voleur fou de colère qui le menace d'une panga fraîchement effilée."

dimanche 24 juillet 2011

images



photo prise par Amaury

photo prise par Amaury

photo prise par Amaury


photo prise par Amaury

Comment mettre en mots toutes ces merveilles que nous retrouvons année après année? Chaque passage apporte son lot de surprises et de découvertes, nous laissant toujours plus amoureux de cette terre aride et exigeante. Cette fois-ci, les olives et les cascades ont bondi jusqu'à nous, nous interpellant avec insistance. La nature, plus encore que l'architecture pourtant époustouflante, nous ensorcelle. Lorsque le temps le permet -c'est-à-dire au lendemain d'un orage qui contribue à rafraîchir la température- et maintenant que nous ne sommes plus tributaires des siestes et des poussettes, nous flânons, escaladons, sautons de rocher en rocher, mettons notre vertige de côté pour admirer ce que l'homme ne peut créer et nous laisse muets d'admiration. Les aigles et les vautours tournoient au-dessus de nos têtes alors que nous tentons d'immortaliser ces images sur nos rétines et à l'aide d'un petit appareil photo rose (afin qu'Amaury ne me l'emprunte pas, ce qui est complètement loupé). En voici quelques unes, qui nous permettrons de tenir le coup sous le ciel trop souvent gris et pluvieux de notre pays (Célestine en a fait les frais).

mardi 19 juillet 2011

Saxo, essences, "Red sky at night" de David Gilmour



Je vais vous confier quelque chose.
J'aime la musique, cela ne surprendra personne. J'aime le violon, le piano, la clarinette et la voix, mais le saxo, ah, le saxo...
Griffure de l'âme, douce mélancolie, caresse des sentiments, bienveillante langueur au parfum de liberté, obscure lumière qui creuse les côtes de notes ensorcelées, ciel rouge déchiré, saxo, si intensément humain.

J'ai proposé à tous les miens d'en faire. Mon Grand préfère le sport, lire et faire des maquettes, Pitchounette a choisi le piano et l'équitation alors que Chenapan réclame un tambour que nous tardons à lui offrir...
Reste moi. Ben oui, pourquoi pas? Vous me voyez avec un saxo? Ce serait bien non? J'espère pouvoir être un peu plus performante qu'avec le cor de chasse qui n'a émis qu'un profond soupir lorsque je me suis essoufflée dessus. Comme la tondeuse que je n'ai jamais réussi à faire démarrer, malgré mes muscles bandés. D'accord, c'est une excuse pour ne pas tondre, mais quand même. Le tracteur de mes parents, il suffisait de tourner la clé et voilà, on était parti pour des heures de tonte au rythme de nos écouteurs et du chant des oiseaux.
Jouer du saxo, ce serait également un excellent dérivatif à toute velléité de fumer.

Savez-vous pourquoi je n'étais pas trop triste de quitter l'Espagne cette année? En faisant notre lessive quotidiennement, j'enfermais dans nos valises le soleil , le chant des grillons, le souffle du vent langoureux, l'odeur des olives et de la terre assoiffée, l'empreinte des étoiles et de la pleine lune, un peu de terre et de chlore, quelques cailloux, des amandes oubliées et des batons de sucette.
A notre retour, j'étais impatiente d'en soulever le couvercle, afin d'en  réceptionner les essences.
Malgré la pluie, elles ne se sont pas enfuies. Elles étaient bien là, au rendez-vous!

mercredi 15 juin 2011

Muda


photo empruntée à mon ami talentueux  Dam
 Il arrive qu'on ait tant de choses à dire qu'on préfère les taire. Il arrive qu'on ait tant de choses à faire qu'on agit en se taisant. Il arrive qu'on ait envie de dire mais que ce ne soit pas le lieu, pas le moment non plus.
c'est ce qui m'arrive aujourd'hui.
Merci pour votre présence, vous m'êtes tous très chers et je ne vous abandonne pas, même si je me fais plus discrète...

lundi 30 mai 2011

I just love...

....this song and this video. Enjoy!



Kitty Daisy & Lewis "(Baby) Hold Me Tight"

dimanche 15 mai 2011

Burn-out et développement personnel

photo empruntée à voir ou regarder
Prendre le temps de se reposer pour mieux s'envoler...
-"As-tu lu le livre de mon fils?", me demande mon voisin de table en me fixant de ses yeux irradiant de bonté.
-"Ahem, en fait, je comptais le faire, mais n'en ai pas encore eu le temps", suis-je obligée de répondre afin d'éviter le mensonge.
Au fond, ce n'est pas si faux, car le sujet du livre m'intéresse aujourd'hui, alors qu'hier, lorsqu'on m'en parlait, je n'avais qu'une envie, celle de sourire. ("encore un de ces pseudo-philosophes qui se prennent au sérieux", me disais-je, à tort bien entendu).
"Tomber plus haut" de Guibert del Marmol traite de burn-out. De son burn-out à lui et de la tumeur au cerveau qui en a résulté. Chef d'entreprise, sa carrière a été mise entre parenthèse involontairement, puis volontairement. Car Guibert a voulu approfondir les causes du burn-out et surtout trouver des solutions à ce mal contemporain. Trouver des solutions en soi mais aussi dans notre contexte professionnel.
Je m'arrêterai là, car si je me suis empressée de commander le livre, j'avoue ne pas encore l'avoir lu bien que, tous les jours, il me fasse de l'oeil sur la table basse du salon. Mais je peux déjà transmettre que Guibert est devenu "consultant en gestion du changement" et qu'il connaît un franc succès, ce qui me réjouit pour les conséquences professionnelles que ce succès peut engendrer.
Je disais que c'était un sujet qui m'interpellait particulièrement ces temps-ci. Une de mes amies proches est atteinte de burn-out depuis quelques mois. Directrice du Marketing dans un secteur spécifique, elle a toujours porté job et famille à bras-le-corps. L'âge venant, de jeunes loups aux dents longues se font leur place en croquant tout ce qui est sur le chemin, ils coûtent moins cher, ils apportent des idées et du sang neuf, mais qu'en est-il de l'expérience et de la sagesse? "On n'a pas le temps", "il faut un rendement immédiat", lui répond-on, alors qu'on lui offre une promotion qui la met sur une voie de garage. Ces changements et le harcèlement qui s'ensuit, additionnés de remises en question familiales essentielles ont eu raison d'elle. Aujourd'hui, elle a l'humilité et la force de chercher une raison d'être dans des choses sans doute plus essentielles. "Arrête de vouloir exister par tes actions", lui conseille la personne qui l'accompagne dans cette remise en question. J'ai aimé ces paroles et me les suis appliquées également: par quoi est-ce que j'existe? Et pourquoi? Je ne vous répondrai pas en ce qui me concerne mais vous encourage à vous poser cette question à votre tour.
Last but not least, comme disaient systématiquement mes anciens collègues irlandais, j'ai lu les deux livres de Laurent Gounelle: "L'homme qui voulait être heureux" et "Dieu voyage toujours incognito". J'ai dévoré le premier dont j'ai aimé les préceptes si évidents qu'on les oublie trop souvent. Amusant, il se lit facilement tout en vous enrichissant à chaque page. L'enrichissement qui vient de la simplification, justement. A conseiller sans modération. Le second m'a semblé plus poussif, sans doute parce que je l'ai lu à la suite du premier. J'ai cependant aimé l'analyse du métier de recrutement qu'il semble connaître de l'intérieur -comme moi. Excellent malgré tout.
En discutant avec mon ami et cousin Igor, nous nous sommes rendus compte que nous attendait le même livre, pourtant assez peu commun. "L'art de vivre en harmonie" d'Anselm Grün, dont le titre tout autant que son appréhension du sujet nous ont séduits.
Tous traitent de bonheur, d'harmonie, de sérénité, là où nous sommes sollicités par le rendement et la réussite. J'ai déjà abordé la question du burn-out il y a quelques mois, cependant, ne vous en faites pas. Si ce sujet m'interpelle, c'est sans doute l'âge, l'entourage et le métier qui veulent ça. Personnellement, depuis que je travaille à mi-temps, je suis comme un poisson dans l'eau, épanouie dans ma vie de famille, ma vie de femme d'intérieur et ma vie professionnelle. Si j'ai été si silencieuse ces derniers jours, c'est justement parce que mes journées sont trop pleines...

mercredi 20 avril 2011

Identité


"Critiquée pour son manque d'efficacité, la Coopération au développement n'a jamais été aussi populaire auprès des jeunes occidentaux ." sous-titrait le journal de ce week-end.
Pourquoi tant de jeunes s'investissent-ils dans des projets de coopération? Et quelle en est l'utilité?
Moi-même, je suis partie à plusieurs reprises travailler dans un dispensaire avec une poignée d'étudiants belges et autochtones. Qu'en ont retiré les gens que nous avons côtoyé? Rien. Ou presque rien. Les vaccins, les consultations, les désinfections, les enseignements n'ont sans doute pas laissé beaucoup de traces. Une goutte d'eau bien vite évaporée. Une goutte d'eau? Mais oui! Maintenant qu'on en parle, je me souviens.
Il était une fois une jeune femme un peu simplette vivant dans le bidonville d'Asunción.Cette jeune femme, m'expliqua sa voisine, recevait de nombreuses visites; de ces visites furtives, où les hommes déboutonnent et reboutonnent leur pantalon. Les hommes étaient de plus en plus nombreux à passer le pas de ce qui lui servait de porte. La jeune femme un peu simplette n'aimait pas ces visites. Malgré le gourdin de la voisine et son oeil vigilant, on ne pouvait les empêcher: la jeune femme un peu simplette n'avait pas été baptisée. Elle n'avait pas été déclarée non plus. Elle n'existait pas. Elle n'était personne. Comme elle n'était personne, les hommes abusaient de la situation et d'elle par la même occasion. C'était évident: elle ne pouvait porter plainte puisqu'elle n'existait pas, disait la voisine. Nous étions suivies d'une nuée d'enfants qui sautaient en piaillaient, tandis que j'essayais de saisir les nuances d'une situation au fond très simple. Je finis par m'en ouvrir à une jeune étudiante en droit de là-bas. En un tour de main, l'étudiante régla la situation: elle accompagna la jeune femme un peu simplette dans les arcanes et les couloirs de l'administration, distribuant papiers et formulaires pour finalement obtenir gain de cause. La jeune femme était devenue quelqu'un. Elle pourrait par la même occasion déclarer son enfant qui serait aussi quelqu'un et ne subirait sans doute pas le même sort, puisqu'il aurait un nom. Un nom dans un registre ou sur un disque dur. C'était aussi simple que cela. Mais il fallait le faire. Se rendre disponible, trouver les solutions, les bonnes personnes et surtout s'intéresser à personne.
Suite à cette aventure, le dispensaire proposa des consultations juridiques deux fois par semaine.
Alors, l'utilité de tous ces projets? On ne la reconnaît pas toujours. Mais j'ai l'intime conviction que les regards échangés, les sourires, les oreilles et les mains tendues, les cadeaux acceptés de part et d'autre seront toujours vecteurs de plus d'humanité.

mercredi 13 avril 2011

Demain


Mains empruntées à un blog où j'ai bien aimé me balader
Quand nous serons demain mes mains, ces mains posées indéfiniment sur la jupe de gros drap, craquelées tavelées ridées bleutées usées par le travail et l’amour, tremblantes de fatigue d’incertitude de caresses rentrées de torsions angoissées de larmes camouflées, ces mains reconnaîtront le moment, son souffle suspend le temps. Attends, retiens cet instant où elles encadreront ton regard chantant suivront le tracé de ton sourire dansant et de ton front lumineux cueilleront les étoiles pour oindre tes paroles d'une tendre harmonie. Ces mains alors ces mains se détendront se poseront s’uniront sur mon cœur éteint demain.

samedi 9 avril 2011

Education sentimentale

Le baiser de Brancusi
Il y a quelques semaines, mon grand, onze ans depuis peu, me demande tout de go: "Mommy, c'est quoi, une relation s*xuelle?"
Glourps, failli avaler mon chewing-gum (pas très élégant, je vous l'accorde, mais cette mastication intempestive me reste encore de l'arrêt de la cigarette). Bref, je rattrape le chewing-gum à temps et lui réponds que c'est une question tout à fait légitime mais que je préfère en parler à tête reposée plutôt qu'en cinq minutes, dans la voiture.
Le soir, j'en parle à son père. N'est-ce pas une conversation à avoir entre hommes? refus catégorique de sa part.
-On va lui donner des idées...
-S'il pose la question, c'est qu'il est prêt à recevoir une réponse.
Bref, on tourne en rond.
On me suggère de lui donner à lire Titeuf "le manuel du zizi sexuel" de Zep. J'en connais plusieurs qui l'ont offert à leurs fils. Je refuse. Pour plusieurs raisons. Dans une phase cruciale de l'éducation, n'est-ce pas démissionner de son rôle de parent que de balancer une BD entre les mains de son fils en lui disant qu'il y trouvera les réponses à toutes ses questions? Et puis, c'est une BD vulgaire, "trop crue" comme le rapportent certaines mères, qui chosifie l'amour à l'aide de dessins franchement repoussants. Mais c'est vrai, on parle de s*xe, pas d'amour! Pourquoi vouloir dissocier les deux? Il ne s'agit pas de parler de choux et de petites abeilles, bien sûr, mais on peut aborder la question avec des mots simples, sans fioritures, en essayant de transmettre ce que l'amour a de beau et de sacré. Vous rigolez? Je suis ringarde? Ça veut dire que l'amour, c'est ringard!? Tant pis. Moi, je reste persuadée qu'un enfant à qui on parle d'amour (le s*xe en fait partie sans le remplacer) sera un bon amant, parce qu'il sera à l'écoute de l'autre et saura répondre à ses attentes, sans pudibonderie, mais sans violence non plus...

mardi 5 avril 2011

"Brother Sparrow" Agnès Obel - déviations



Qui a dit que le Belge était un empêcheur de tourner en rond? Notre Avenue envoie de nombreux signaux pour prouver le contraire. Ou serait-ce notre jeune amoureux (à qui sa dulcinée a dit oui) qui en aurait encore la tête chamboulée? Ou plutôt les vaches en mdf qui broutaient dans le rond-point voisin? (elles n'ont pas eu l'heur de plaire à quelques habitants du quartier dépourvus de rêve et d'humour. Dommage, tous les matins, elles nous mettaient en joie!)


photos de mauvaise qualité mais tellement explicites...


lundi 28 mars 2011

Malte, "Le passage se crée" d'Alain Rohand, "le livre des brèves amours éternelles" de Makine, "le prix à payer" de Fadelle, "Le chant de Malabata" d'Armelle Hauteloire.


Semaines intenses à Malte, au boulot et chez nous. Nombreuses lectures enrichissantes, sentiment de plénitude, et puis ce printemps qui caresse l'idée de s'installer doucettement...

Malte, ses villes en pierre calcaire, en pierre lumière; Malte, son carnaval exubérant et bon-enfant (on ne nous avait pas dit qu'il durait trois jours et trois nuits et que tous les îliens se rendaient à la capitale à cette occasion. Fameuse (dés-)organisation...). Malte, ses innombrables églises aux coupoles généreuses; ses bus jaunes amenés à être supprimés -UE oblige!; son flegme rigide et so British conjugué à l'insouciance méditerranéenne, ses fortifications, ses vestiges néolithiques, ses abris creusés de main et de peur d'homme, sa mer tour à tour rugissante et murmurante, léchant et creusant la roche, créant d'innombrables caches irisées où viennent se recueillir les coraux et les amoureux, Malte la jolie, la convoitée, la fortifiée, à la croisée des chemins et des civilisations, malgré un froid et un vent extrêmes, nous avons aimé te découvrir!
De merveilleuses lectures ont accompagné ces quelques jours de repos et les semaines qui leur ont succédé.
Le passage se crée d'Alain Rohand (AlainX) m'a ému. Les lettres qu'il adresse à ceux qui, volontairement ou involontairement, ont accompagné sa maladie ne laissent pas indifférent. J'en ai eu le coeur et le corps serrés, mais c'est en lisant les lettres adressées à sa mère que les larmes se sont libérées. Sans m'en rendre compte, j'ai traversé son expérience avec mon regard et ma sensibilité de mère, une mère qui a aussi connu des angoisses et des souffrances rentrées pour les siens. Je l'admire d'avoir écrit ce témoignage, comme je l'admire d'avoir choisi la porte du courage, celle de la normalité, alors qu'il aurait aussi bien pu choisir de franchir à jamais la porte de la différence et de l'handicap. Merci Alain pour cet écrit qui remet en question et permet de relativiser nos propres expériences.
Il fut suivi par le Livre des brèves amours éternelles d'Andrei Makine, dont le titre me séduisait autant que l'enthousiasme de Mathéo. Je n'ai pas été déçue. Par petites touches, l'auteur dépeint avec une exquise délicatesse les ombres mais surtout les quelques rais lumineux qui ont enrichi sa jeunesse d'orphelin communiste parfaitement endoctriné mais finalement pas tant que ça parce que toujours humain, parce que sensible au tremblement d'une lèvre, au battement d'une paupière, aux vibrations de l'attente, à l'éternel qui se révèle non pas dans l'étreinte mais dans sa signification. Cette subtile révélation en fait l'humain qu'il est devenu, une découverte pour moi.
Ma tournante de livres m'a attribué Le prix à payer de Fadelle dont on a déjà beaucoup parlé. Je ne l'aurais pas choisi: encore une conversion un peu gnangnan... mais comme je l'avais sous la main, c'était le moment de l'ouvrir. Je ne l'ai plus refermé. Ce témoignage actuel et sans fioritures est d'une force et d'une humanité difficiles à concevoir. Il vous met face à vos engagements, quels qu'ils soient; il vous met face à la vérité, celle qui habite tout homme et qu'il a le devoir de chercher ; il vous confronte au courage et à l'amour, il vous rappelle aussi que vous êtes peu de choses et unique à la fois. Après avoir combattu contre tous, y compris ses frères, il a encore un combat à livrer, cette fois contre lui-même. Le pardon serait-il le prix de la paix?
"Le Chant de Malabata" (couronné par l’académie française) d'Armelle Hauteloire berce mes soirées de son air mélodieux. Est-ce la proximité des mots ou leur musicalité qui génèrent un sens nouveau et m’entraînent dans cette chanson de geste d'un autre âge mais de tous les âges. C’est l’histoire mille fois vécue d’un homme et d’une femme. Armelle réussit le prodige de la transfigurer et toutes ces vies, toutes ces histoires deviennent l’Histoire de l’Homme et de la Femme. Les mots me manquent pour dire mon admiration. Heureusement, d’autres l’ont fait avant moi qui ont reconnu les qualités de ce chant exceptionnel et comparable au « cantique des cantiques » « avec des accents neufs, plus intime encore » (Jean Guitton)

mardi 1 mars 2011

Tribulations et petites réflexions d'une (jeune) femme (un peu moins) pressée...

"C'est encore loin?" emprunté à Voir ou regarder.
Pour ceux qui ne le savent pas encore, la (jeune) femme qui écrit ces lignes a la chance d'être passée à mi-temps début janvier. Beau cadeau d'anniversaire n'est-ce-pas?
"Mais que vas-tu faire de tout ce temps?" lui demandent certains amis paniqués. Et ils lui trouvent déjà de nouvelles occupations. "Tu pourrais être indépendante complémentaire et travailler dans telle boîte, ils en ont bien besoin, chez nous il y a tel et tel chantier en cours qui attend un profil comme le tien..." Mais non, non non, merci, qu'ils se rassurent. Maintenant qu'elle en a, du temps, il lui file entre les doigts. Les ourlets défaits, les plats mijotés, la maison à retaper, les devoirs, les enfants à consoler et à guider, ça prend du temps! Et puis, remplacer la lecture, le rêve et la méditation par de la consultance, la lumière, les sourires, la main tendue par du bizness, franchement, qui accepterait ce deal?
Courir pour retrouver le temps perdu, c'est un peu ça pour le moment... Hyper speedée par un job aux horaires compressés, elle grimpe dans la voiture en balançant clés, badge et sac à main sur le siège passager. Démarrage en trombe, surtout être à l'école avant le début de la garderie!
Elle repense à l'article sur le slow management qu'elle a parcouru, la fourchette entre les dents. Ah si seulement. Pas sûr qu'on y arrive dans les décennies qui viennent. L'innovation et la rapidité sont devenus les facteurs essentiels de la réussite. Pourtant on a assez prouvé que les décisions prises dans la précipitation et à court terme sont néfastes. Encore faut-il prendre le temps de la réflexion. On ne le trouvera jamais ce temps, il faut l'attraper. Bien, elle cherche son grand, puis passe par l'école des deux autres et file à la pompe à essence. Mais qu'est-ce qu'elle raconte la journaliste? Facebook a remplacé les blogs? Avant, tout le monde avait un blog mais c'est dépassé? Comment, mais comment peut-elle comparer les deux? Elle n'a franchement rien compris! Bien sûr, il y a blog et blog, c'est ce que rappelait Coumarine à un débat à la Foire du Livre. La voiture ralentit curieusement. Un peu déçue par la fin du "Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates", pourtant qu'est-ce qu'elle s'est délectée tout au long de sa lecture! A prêter à Bonne-maman, absolument. Qu'est-ce qu'elle a pensé des "Hommes et des dieux"? L'interroger à ce propos. Trop longtemps sans la voir, d'ailleurs. Lui téléphoner cette semaine. Quelques crachotements, deux éternuements, le véhicule repart pour s'arrêter définitivement quelques mètres plus loin. Elle enclenche le démarreur. Quelques toussotements puis... rien. Elle fait signe à la police montée qui croise la voiture -en travers de la route- qu'elle est totalement impuissante. Ca commence à claxonner derrière. Les chevaux s'énervent. Elle réessaie de démarrer. Rheuheuheuheuh. Toujours rien. Les chevaux s'agitent de plus belle. Rheuheuheu. Ils se cabrent, n'ont pas l'air du tout d'apprécier les caprices du moteur. Bon, ça va, elle a compris, elle s'arrête. Surtout éviter la casse. Et puis, pas trop envie de noyer le moteur. Trois "baas" s'avancent. "On va vous pousser, Madame". Pas très rassurée, elle vire son sac de la banquette tout en acceptant avec reconnaissance. Derrière leurs muscles et leur mine patibulaire se cache certainement un bon fond. Oui, mais leurs muscles ne sont pas très efficaces, dis donc. Elle s'accroche au volant, ça n'a pas l'air d'aider. Normal, le frein à main électronique (notez l'antilogie) est enclenché. Pas moyen de l'ôter. Tant pis, on restera au milieu de la route, attendant le bidon porté par son sauveur à la mine renfrognée -doux euphémisme...

vendredi 18 février 2011

Quel cirque cette foire (du livre)!

Aujourd'hui, foire du livre! Le vendredi, on évite la foule des soirs et des weekend... En plus j'ai appris que Coumarine dédicaçait ses livres de une à deux, plus aucune hésitation possible. En métro, c'est plus simple, sans doute plus rapide et puis un peu de marche ne me fera pas de mal.
Me voilà assise à la seule place encore disponible dans la rame. Hé, ils ont rétréci les places, qu'est-ce qu'on est serré! Je sens la fesse de ma voisine déborder sur ma cuisse, j'aime pas trop. Puis je me rends compte qu'elle est énorme et occupe son siège et la moitié du mien. Sa graisse déborde un peu plus sur moi, punaise, ça ne me plaît absolument pas, je n'arrive même pas à lire le journal tellement elle m'étouffe. J'essaie de relativiser. La pauvre, elle n'y peut rien, elle doit se sentir encore plus mal que moi... Enfin j'imagine. Ses copines -des marocaines- hurlent des histoires de mecs; elle écoute et intervient rarement. Les hurleuses ne regardent pas trop cette voisine pourtant bien visible. Mes pensées vagabondent et mon regard se pose sur un homme qui éternue bruyamment. La morve jaillit de son nez tel un volcan en éruption. Beurk, mais qu'est-ce que je fous là? J'en suis à me demander si je suis une extra-terrestre, quand un homme, un Congolais je crois bien, me réconcilie avec l'humanité: il cède sa place à un couple de personnes âgées. Tout simplement. Mais dans cette cohue et ce manque de respect, c'est beau. C'est nécessaire.
Dix minutes de marche. Je suis perdue, mon sens de l'orientation renommé (hum!) ne me dit pas si je dois remonter le boulevard ou le descendre. Je ne me sens pas très à l'aise dans ce quartier. Heureusement Paris m'a appris comment éviter les dingues, les dangereux, les sales types qui te plantent leur truc dégueulasse dans le dos, les pickpockets et tous les autres aussi. Tu ne regardes personne dans les yeux, tu te colles à la paroi du métro, tu es très affairée, tu sais où tu vas et tu te déplaces rapidement. Si t'as l'air d'une touriste ou si tu joues les midinettes, c'est foutu. Ouais, mais là, je ne sais pas dans quelle direction aller et j'ai franchement pas envie de me paumer... Bon, je finis par demander mon chemin dans une boutique et je fonce sans accroc jusqu'à la foire.
Vendredi, foire tranquille? tu paaarles! Et les écoles alors? J'arpente, je regarde, je feuillète, y a trop de trop. L'agencement des stands me semble totalement illogique, les baffles hurlent les discours des intervenants, trop de bruit, des caméras et des journalistes à éviter partout, baisser la tête, se détourner, éviter des gamins qui galopent à la recherche de cadeaux gratuits, se faire haranguer comme au marché, c'est trop. Je regrette d'être venue. Cette commercialisation du livre me déplaît. Profondément.
Je me fais aborder par un homme d'un certain âge au regard très bleu, il agite un bouquin, "Un sac de billes". Je regarde les livres éparpillés devant lui: Joseph Joffo encore et encore. Et si? mais oui, c'est bien lui, le héros de ma jeunesse. J'ai dû lire le "sac de billes" pas moins de cinq fois, d'autres de ses romans ont enchanté mes jeunes années. Nous entamons une discussion sympa, je crois bien que je le regarde avec les yeux émerveillés de l'enfance. Il me complimente, un peu trop, nous rions, je finis par lui acheter des bouquins qu'il me dédicace de sa plume nerveuse.
Un peu plus loin, je me fais apostropher par un gars qui essaie de me vendre sa BD. Lorsqu'il lit les titres que je tiens à la main, son expression passe de joviale à désagréable: "si vous lisez ce type, vous ne pourrez apprécier ma BD", me lance-t-il. "Et pourquoi ne pourrais-je apprécier les deux?". "Ce bandit? Jamais!". Interloquée, je quitte le stand, la reconnaissance que j'éprouvais pour ces belles retrouvailles avec mon enfance faisant place à un sentiment plus lourd... Rentrée à la maison, je fais une recherche sur la toile: je devais bien être la dernière à ignorer que Joffo n'a pas écrit seul ses livres... Quelle déception! En même temps, je ne peux oublier qu'il a enchanté mes jours et mes nuits et ça, ce n'est pas rien!
Mais Coumarine m'attend, j'abandonne une BD en pleine dédicace pour courir au stand que j'avais pris la peine de repérer, elle est bien là! Comme dans mon souvenir, comme dans ses écrits, simple et généreuse, disponible, spontanée, intelligente et sensible. Un très beau moment pour lequel je la remercie, beaucoup.
Elle a réussi à éclairer cette journée teintée de gris et à lui donner son sens. Et moi je me suis sentie enrichie, grandie.
Pour ça, tout ce cirque vaut la peine!

mercredi 16 février 2011

"Monsieur Han" de Hwang Sok-Yong

photo empruntée à Voir ou regarder
C’est un goût de sang dans la bouche que j’ai tourné la dernière page de Monsieur Han, de Hwang Sok-Yong. Le sang de ses lèvres éclatées, refusant d’avouer ce qui n’est pas et n’a jamais été, fidèle à lui-même, étrange pantin disloqué, séparé des siens par le 38ème parallèle idéologique et géographique, accusé à tort de corruption, de trahison, désavoué par ses amis alors qu’il n’a qu’une chose en tête et dans le cœur : exercer son métier de médecin au mieux, pour sauver l’homme de la souffrance et de la mort, gagner honnêtement sa vie afin de subvenir aux besoins des sien. « Quand on part, c’est pour vivre ensemble, pas pour mourir ensemble », affirme-t-il à sa femme avant de s'en aller, seul. Tout cela lui sera refusé. Exilé dans son propre pays comme tant d’autres, sa droiture entêtée et proche de la naïveté ne cessera de se heurter aux dimensions les plus viles de l’être humain, sans jamais être entachées par celles-ci. Cette confrontation octroie une dimension tragique à une situation dramatique en soi. La bonté et l’honnêteté ne semblent apporter aucune rédemption, Han sombre peu à peu dans la déchéance, noyant sa solitude et son désenchantement dans l’alcool et les larmes en attendant que la mort vienne le cueillir dans sa misère.
Mais la rédemption, si elle n’est venue de son vivant, n’a-t-elle pas été insufflée à tout un peuple qui s’est maintenu grâce à la force d’âme d’hommes tels que Han ? Le style dépouillé de Hwang Sok-Yong, sa retenue même plongent le lecteur dans l’essentiel de l’homme et de ses sentiments, les pires comme les meilleurs.

« Lorsqu’elle reçut le télégramme annonçant sa mort, elle ne pleura pas. Ce qu’elle avait sous les yeux, c’était moins la mort de son père que la fin d’une époque ».

Etre artiste aujourd'hui...

Le Petit Liseur Auguste Baud-Bovy, 1885
"Etre artiste aujourd'hui, c'est de l'autoproclamation", disait je ne sais plus qui sur les ondes. De l'autoproclamation!
Vous, mes amis qui écrivez, qui lisez, qui vous servez de vos mains, vos yeux ou vos mots, vous autoproclamez-vous des artistes? Plutôt artiste ou artisan, créateur ou bidouilleur, amateur, contemplateur, penseur? Dites-moi?
Et tant qu'on y est, quels livres exhumeriez-vous de votre pile à lire pour les enfouir dans vos bagages? Votre avis m'intéresse...
Je vous souhaite une souriante journée printanière.

mardi 1 février 2011

Dans de beaux draps


Rêve devenu réalité, Elle a dit Oui! Le voilà dans de beaux draps et pour longtemps encore, ce cher voisin que quelques pâtés de maisons et d'appartements séparent de notre chaumière.
Peut-être nous croisons-nous le matin, sans doute me doublez-vous dans la file du supermarché du coin, impatient d'embrasser votre promise, ou essayez-vous chancelant de recouvrer l'équilibre après le passage de ma tornade hurlante...
Cette bannière triomphante criant votre bonheur nous met en joie et illumine nos matins gris.
Merci cher inconnu et bon voyage au pays des rêves devenus réalités...

lundi 24 janvier 2011

"La lecture agrandit l'âme"


La lecture de la fable de Jean-Pierre Saint-Ours

Prendre le temps de déchiffrer ma bibliothèque vivante et chacun des livres qu'elle contient (cf billet écrit précédemment), lire les émotions, les peines et les joies, traduire chaque geste, souligner les efforts et les progrès, contempler la mise en page et ses images, épousseter les mots inutiles ou blessants, relier larmes, rires et sourires, ordonner les humeurs inégales, humer les parfums d'encre, de jeunesse et de liesse, de tristesse parfois, imaginer une suite, réécrire une fin qui sera plus heureuse, prendre le temps de lire ceux que j'aime, c'est tout ce que je souhaite aujourd'hui et demain sans doute.

Tel un roman d'amour, tel le fruit mûr, la peau craquant sous la pression ensoleillée de la chair savoureuse, ils m'appellent et m'invitent à mieux leur offrir mes baisers.

Envie de tenir la main des miens, les aider à tracer les lignes droites et courbes, écrire les miennes et d'autres encore qui se donneront à lire un jour, si c'est pour un mieux, si Dieu le veut.
La lecture agrandit l'âme et un ami éclairé la console, disait un sage.