mercredi 16 septembre 2009

Simone Weiss





Des photos de Weiss, que je viens de découvrir par l'intermédiaire de Bérangère, il y en a encore et encore... Comment voulez-vous choisir, quand elles sont toutes plus belles les unes que les autres, quand toutes racontent une histoire, quand chacune provoque l'émotion, pour reprendre les paroles mêmes de l'artiste:
« Quand je suis venue à Paris, j'ai pu travailler chez Maywald à qui un ami m'avait recommandée. J'y ai travaillé dans des conditions inimaginables aujourd'hui, mais avec lui j'ai compris l'importance de la lumière naturelle. La lumière naturelle comme source d'émotion ».
« Je n'aime pas les choses très éclatantes mais plutôt la sobriété… il ne s'agit pas d'aimer bien, il faut être ému. L'amour des gens, c'est beau. C'est grave, il y a une profondeur terrible. Il faut dépasser l'anecdote, dégager le calice, le recueillement. Je photographie pour conserver l'éphémère, fixer le hasard, garder en image ce qui va disparaître : gestes, attitudes, objets qui sont des témoignages de notre passage. L'appareil les ramasse, les fige au moment même où ils disparaissent ».

Merci pour cette découverte!

"Internet est chronophage" (réponse partielle à Célestine)

Je reprends l'expression laissée par Amaury sur le blog de Célestine et confirme: la toile est réellement chronophage quand on n'y prend garde, mais elle peut être un outil merveilleux, une source d'information exceptionnelle et permet même, à certaines occasions, la découverte de personnes avec lesquelles on partage de nombreuses affinités. Ses amitiés sont-elles purement virtuelles? Quand on partage les mêmes passions, on va nécessairement au coeur de celles-ci et on se rend compte que la virtualité est dépassée par la réalité des informations échangées.
Je posais récemment la question suivante à mes amis blogueurs : Combien de temps passez-vous à bloguer? et les réponses étaient plus intéressantes les unes que les autres, mais en synthèse, la réponse unanime était: "Beaucoup trop de temps", sans pour autant qu'il y ait volonté de changement.
Maintenant, pour continuer au sujet de la frontière réel / virtuel, je peux vous raconter que je connais trois couples qui se sont rencontrés sur internet, et qui sont beaucoup plus unis que ne le sont nombre de couples "standards", sans doute parce que, comme dans le film culte "Vous avez un message" (ah, cette petite libraire qu'incarne Meg Ryan et qui se bat pour sauver sa charmante boutique pour enfants, "the shop around the corner"...) les barrières de la première impression n'existent pas et que d'emblée, on se livre -ou on triche, mais là on s'en rend rapidement compte... Et puis encore, on s'ouvre parce qu'on ne risque pas de croiser son interlocuteur et vient le (beau) jour où on a envie d'aller au-delà du clavier et de l'écran...
Enfin bref, pour reprendre ce que j'ai déjà dit dans un de mes commentaires, bloguer, c'est créer, se découvrir et découvrir, s'enrichir, échanger...et se construire aussi.

lundi 14 septembre 2009

Willy Ronis II

"Petit Parisien"
"Vincent endormi"
...Et je ne peux m'empêcher de partager avec vous encore ces deux chefs d'oeuvre de Ronis qui me bouleversent à chaque fois que je les contemple, comme on contemple, émerveillé, son propre enfant.
C'est l'émotion que dégage la photo qui fait la différence entre l'artiste et le commun des mortels, vous ne pensez pas? Alvaro parlait en se référant à l'architecte Peter Zumthor d'atmosphère. Personnellement je préfère parler de l'émotion que suscite cette atmosphère...
Quoi qu'il en soit, un grand Monsieur nous a quitté.

"Les amoureux de la Bastille" Willy Ronis


Je laisse la parole à Willy Ronis qui raconte ses retrouvailles avec le couple de cette très belle photo.

"Je suis allé les voir, ils s'appelaient Riton et Marinette, et j'ai vu qu'ils avaient le poster encadré dans le café, qui se trouvait à l'angle de la rue du Faubourg-Saint-Antoine et de la rue des Tournelles. Ils m'ont accueilli cordialement. Ils n'étaient montés qu'une seule fois sur la colonne, ils s'en souvenaient parfaitement. Ils venaient de l'Aveyron et, à l'époque, ils n'avaient pas encore le bistrot. Ils ne l'ont eu que deux ou trois ans plus tard, alors qu'ils étaient mariés. Et le plus étonnant, c'est que sur la photo, dans la direction où ils regardent, on voit le coin de l'immeuble où se trouve le bistrot !" Willy Ronis extrait de Virginie Chardin, "Paris et la photographie. Cent histoires extraordinaires, de 1839 à nos jours", Parigramme, 2003.